Région Rive-Sud-Suroît
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  • 21-05-2015 Le Réseau FADOQ réitère son appui envers les aînés locataires

    Source : Réseau FADOQ

    Le Réseau FADOQ réitère son appui à la motion déposée aujourd’hui à l’Assemblée nationale par Québec solidaire (QS) qui vise à protéger les droits des aînés locataires. Devant les transformations rapides du marché locatif, il ne fait aucun doute qu’une loi doit venir en aide aux aînés les plus vulnérables. Le Réseau FADOQ se réjouit par ailleurs que la motion semble faire consensus auprès des parlementaires, comme l’avaient promis les formations politiques lors de la dernière campagne électorale.

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  • 20-05-2015 Les aînés sont-ils considérés dans le projet de consigne du ministre Heurtel?

    Source : Réseau FADOQ

    Le Réseau FADOQ se questionne sur le projet proposé par le ministre Heurtel concernant la consigne des bouteilles de vin de la Société des alcools du Québec (SAQ). Quels seront les impacts pour les aînés et les personnes à mobilité réduite ?

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  • 08-05-2015 Hausse des tarifs dans les CHSLD : Couillard se défend de renier une promesse

    Tommy Chouinard - La Presse

    Le premier ministre Philippe Couillard a dû se défendre, hier, de rompre une promesse en augmentant au-delà de l'inflation le tarif des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). « On n'a jamais dit qu'il n'y aurait pas de hausse de tarifs. On a dit qu'on les maintiendra le plus près possible de l'inflation», a-t-il affirmé. Or ce n'est pas l'engagement qu'il a pris le 5 décembre dernier. Il promettait ceci en conférence de presse: « Les autres tarifs, on a toujours dit qu'on s'en limitait à l'indexation, au coût de la vie, et on n'ira pas plus loin. » Il faisait référence à l'ensemble des tarifs à l'exception de ceux des services de garde. Il soulignait que les contribuables avaient déjà assez donné. « L'effort est fait », et c'est maintenant au tour du gouvernement de se serrer la ceinture, disait-il.

    Malgré tout, Philippe Couillard a justifié une hausse en rappelant que le Vérificateur général notait en 2012 un écart important entre le tarif des CHSLD et le coût réel du gîte et du couvert. Il a également rappelé que le tarif est le plus bas du Canada. Au- delà de l'inflation La Presse a révélé hier que Québec envisage une augmentation pouvant aller jusqu'à 4 % par année. Le ministre Gaétan Barrette a confirmé que la hausse sera au-delà de l'inflation, mais il a affirmé qu'« il n'y aura pas d'augmentation de 4% ». Il n'a pas exclu que cesoit 2,5 %, 3 % ou 3,5 %, par exemple. Pour seule précision, M. Barrette a affirmé que la hausse sera « légèrement supérieure à l'indexation » - qui est de 1,8 % cette année. Elle sera en vigueur pendant plusieurs années.

    Depuis 15 ans, le tarif des CHSLD est indexé annuellement en fonction de l'indice des prix à la consommation. Il s'élève actuellement à un maximum de 1789,80 S par mois pour une chambre individuelle. Plus de 60 % des 37 000 personnes hébergées paient le montant maximal. Inacceptable Le Regroupement provincial des comités des usagers demande au gouvernement de renoncer à augmenter le tarif au-delà de l'inflation. « Le gouvernement n'a pas réussi avec les étudiants au sujet des droits de scolarité, et là il s'essaie peut-être avec les personnes âgées... Mais eux autres ne descendent pas dans la rue avec des casseroles!», a lancé son directeur général, Pierre Blain.

    Le Réseau FADOQ, de son côté, soutient que le gouvernement devrait « faciliter l'accès aux CHSLD plutôt que d'annoncer une hausse des tarifs ». Près de 4000 personnes sont en attente d'une place. On assiste selon lui à un « désengagement de l'État ».

  • 07-05-2015 Multi-Prêts rejoint plus de 380 000 Québécois et leurs familles grâce à un partenariat exclusif avec le Réseau FADOQ

    Source :  Multi-Prêts Hypothèques 

    Avec cette nouvelle entente exclusive, Multi-Prêts offrira de précieux conseils à une clientèle qui souhaite obtenir le meilleur taux et les meilleures conditions sur le marché. Avec plus de vingt prêteurs, seule Multi-Prêts peut offrir un éventail complet des meilleurs produits, services hypothécaires et financiers au Québec.

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  • 07-05-2015 Hausse des tarifs en CHSLD : Le Réseau FADOQ dénonce le désengagement de l’État

    Source : Réseau FADOQ

    Le Québec compte un peu plus de 37 000 places en CHSLD et près de 4000 personnes sont en attente d’une place. Dans le contexte d’une demande criante et croissante, le gouvernement aurait dû s’engager à faciliter l’accès à ces ressources plutôt que d’annoncer une hausse des tarifs. Le Réseau FADOQ y voit un désengagement de l’État en ce qui concerne la gestion de la perte d’autonomie des individus, et ce, alors que le Québec connaît un vieillissement accéléré de sa population. En outre, l’omniprésence de ressources privées renforce l’idée d’un inquiétant glissement vers la privatisation des soins aux aînés en lourde perte d’autonomie.

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  • 01-05-2015 Les deux tiers des touristes à vélo ont entre 46 et 65 ans

    Chaire de tourisme Transat

    Presqu’autant de femmes (54 %) que d’hommes (46 %) figurent parmi les touristes à vélo au Québec. De plus, les deux tiers sont âgés de 46 à 65 ans; les touristes de l’extérieur de la province étant plus vieux que les Québécois. On note également que le segment des femmes est plus jeune que celui des hommes, ce qui laisse croire à une certaine féminisation de cette pratique touristique.

    Les touristes à vélo au Québec sont très éduqués, alors que plus des deux tiers ont complété des études universitaires. On peut ajouter qu’environ la moitié (54 %) travaillent à temps plein et que près de 30 % sont des retraités. Le segment hors Québec dispose d’un revenu familial annuel plus élevé que celui du Québec; 52 % gagnant 100 000 $ ou plus annuellement comparativement à 35 % des Québécois.

    De plus, 55 % de notre échantillon est en couple sans enfant à la maison, dont 70 % du segment hors Québec. La répartition régionale des segments Québécois est représentative de celle de la population du Québec; quatre touristes à vélo sur dix provenant de Montréal et de la Montérégie, 10 % de la région de Québec et 8 % des Laurentides.

    Pour leur part, les touristes hors Québec à vélo viennent principalement de l’Ontario (44 %) et du nord-est des États-Unis (19 %). Les touristes à vélo voyagent principalement en couple (46 %) ou entre amis (28 %), dans un groupe d’une taille moyenne de trois personnes. Les 18 à 45 ans sont plus nombreux à voyager en famille (26 %) alors que les plus de 65 ans se déplacent davantage avec un club cycliste (20 %). De plus, les hommes séjournent davantage seuls (19 %).

    Informations générales sur le séjour

    La durée moyenne des voyages a été de 4 nuitées pour les Québécois, comparativement à 7 nuitées pour le segment hors Québec. On constate également que les séjours des touristes à vélo qui ont parcouru la Route verte (4,6 nuitées en moyenne) sont généralement plus longs que ceux qui ne l’ont pas parcouru (3,2 nuitées en moyenne). Les touristes à vélo ont effectué une moyenne de 3,8 heures de vélo par jour, pour un total de plus de 21 heures de vélo durant tout le séjour. D’ailleurs, près de la moitié ont indiqué avoir parcouru 200 km ou plus à vélo lors de ce séjour au Québec, une proportion plus élevée chez le segment hors Québec (56 %) et les touristes à vélo qui ont parcouru la Route verte (54 %).

    La majorité de notre échantillon a utilisé le vélo comme principal moyen de transport à destination (76 %). D’ailleurs, 43 % d’entre eux transportaient leurs bagages sur le vélo, alors que le tiers revenait au point de départ. Quelque 21 % des cyclistes de ce segment ont également indiqué avoir utilisé les services de transport de bagages, principalement les plus de 45 ans.

    Les touristes à vélo ont surtout utilisé le vélo de route (48 %), le vélo de cyclotourisme (24 %) ainsi que le vélo hybride ou de ville (19 %). D’ailleurs, ceux qui transportaient leurs bagages sur leur vélo ont davantage utilisé le vélo de cyclotourisme (49 %). L’itinéraire vélo La majorité des touristes à vélo ont prévu leur itinéraire vélo avant leur départ (71 %), principalement les touristes qui ont parcouru 200 km ou plus à vélo (84 %). On constate également que les répondants âgés de 18 à 35 ans sont plus nombreux à prévoir leur itinéraire vélo sur place (27 %).

    Pour déterminer leur itinéraire vélo, près du tiers des répondants ont consulté Google Maps ou Google Earth, ainsi qu’une carte vélo du territoire en version papier. De plus, le site Web de la Route verte et celui de la région visitée ont été consultés par environ le quart des touristes à vélo, principalement par le segment hors Québec.

    Les touristes à vélo ont surtout utilisé les accotements de routes asphaltées ou les bandes cyclables (76 %), suivis des pistes cyclables séparées physiquement de la circulation routière (67 %) et des routes asphaltées ou en gravier sans accotement (43 %). Le segment hors Québec semble avoir une préférence pour les pistes cyclables séparées physiquement de la circulation routière (86 %). Connue par 95 % de l’échantillon, 65 % ont indiqué avoir parcouru la Route verte lors de leur dernier séjour.

  • 01-05-2015 Faire le deuil de sa caisse pop

    Jean-François Bégin - La Presse

    Un peu partout au Québec, des voix s'élèvent pour critiquer la Vague de fermetures de points de service et de guichets automatiques du Mouvement Desjardins. En cours depuis quelques années, le phénomène touche particulièrement les milieux ruraux et fie montre aucun signe d'essoufflement.

    De la Gaspésie à l'Abitibi en passant par l'Estrie et les Bois-Francs, chaque mois ou presque, des résidents de petites municipalités perdent l'un des derniers services de proximité encore offerts dans leur milieu : leur caisse populaire. « On entend fréquemment : "Est-ce que le gouvernement veut fermer les régions ?" Desjardins a l'air d'avoir une démarche similaire », dit Benoit Bourassa, maire du village de Saint-Camille, dans les Cantons-de-l'Est, dont le point de services de Desjardins a fermé il y a un mois.

    La tendance est lourde. Le nombre total de caisses et de points de service a diminué de 15 % depuis 2010, passant de 1375 à 1165. Depuis le début des années 2000, la baisse frôle les 30 %. Ce désengagement observé aux quatre coins du territoire québécois a beau être accompagné d'un essor fulgurant de l'utilisation des services en ligne de Desjardins, il ne se fait pas sans heurts. Récemment, les maires de Sainte-Marcelline-de- Kildare et de Sainte-Béatrix, dans le nord de Lanaudière, ont fait les manchettes en annonçant que leurs municipalités retireraient leurs avoirs chez Desjardins pour protester contre la fermeture prochaine des points de service locaux.

    « C'est faire mourir le village, dit le maire de Sainte- Marcelline, Gaétan Morin. Desjardins s'éloigne de ce qui était sa mission à l'origine. » Les gens âgés, qui représentent souvent une proportion importante des résidents des villages québécois, sont particulièrement touchés par les fermetures, note Danis Prud'homme, directeur général du Réseau FADOQ (anciennement Fédération de l'âge d'or du Québec). « Dans tout marché, il y a des loss leaders, des endroits qui font moins d'argent, mais pour lesquels il est nécessaire d'être là. Dans le cas de Desjardins, qui est une coopérative à la base, c'est nécessaire d'être près des gens. »

    DES EFFETS BIEN RÉELS
    Les annonces de fermeture de points de service surviennent avec la régularité d'un métronome. Six sont passés à la trappe en Abitibi le ter janvier. Trois autres ont fermé leurs portes dans la vallée de la Matapédia à la fin du mois de mars. En Estrie, le centre de services de Saint-Camille, guichet automatique inclus, a connu le même sort le 2 avril. La population de ce village de 525 habitants situé à 45 minutes au nord-est de Sherbrooke a organisé une procession funéraire symbolique pour protester contre la décision de la Caisse populaire de Dudswell—Saint-Camille.

    « On est pas mal consternés, et je comprends très bien la réaction forte des maires de Lanaudière qui ferment leurs comptes pour se tourner vers des banques », dit le maire Bourassa. « Le Mouvement Desjardins perd de la crédibilité. L'esprit coopératif ne semble plus aussi présent qu'il l'était il n'y a pas si longtemps. »

    Les effets de ces fermetures sont bien réels, assure-t-il. La plus proche succursale est désormais à 15 km de Saint-Camille, dans un secteur montagneux. « Ça occasionne des déplacements plus importants pour obtenir un service de base et pour aller chercher des liquidités, en plus de dépenses additionnelles de gestion pour les petits commerces », dit le maire. Il craint que la disparition de Desjardins ait un effet similaire à la perte d'une école primaire – un signe immanquable de dévitalisation d'une municipalité. « Si tu perds l'école, les petites familles sont moins enclines à venir s'établir, souligne-t-il. Desjardins, c'est la même chose. »

    POUDRE AUX YEUX ?
    Toutes les municipalités ne regimbent pas contre la fermeture de leur caisse. Dans la plupart des cas, la fermeture s'accompagne de la création d'un fonds de développement qui permet de soutenir des projets de la municipalité : rénovation de bâtiments, appui à des organismes communautaires, etc.

    À Sainte-Eulalie, près de Victoriaville, où le comptoir de services et le guichet ont disparu en 2013, la Caisse a donné une aide financière pour l'acquisition de terrains où la Ville souhaitait réaliser un nouveau lotissement résidentiel. « Pour une petite municipalité de 900 personnes comme la nôtre, attirer de nouvelles familles a un impact très important. On estime que c'est un succès », indique le directeur général de Sainte-Eulalie, Yvon Douville.

    Mais la réaction habituelle est plutôt la résistance. À 200 km à l'est de Sainte-Eulalie, le village de Buckland, dans Bellechasse, se bat pour la survie de son comptoir Desjardins. Sa fermeture est prévue pour février 2016, en même temps que celle du point de service de la municipalité voisine de Saint- Philémon. (Une troisième succursale de la Caisse populaire des Monts et Vallées, à Saint-Nazaire-de- Dorchester, fermera dès juillet.)

    Le comptoir de services de Buckland est actuellement ouvert seulement 11 heures par semaine. « Les dirigeants de la Caisse disent qu'il n'y a pas d'achalandage. C'est de la poudre aux yeux. Ils n'arrêtent pas de couper des heures », dit Laurette Carrier, porte-parole du comité d'action du club FADOQ-Bon accueil de Buckland. Buckland n'a plus de guichet automatique depuis 2009. Résultat, dit Mme Carrier : les gens ont pris l'habitude de faire leurs commissions et le plein de leur voiture dans le village voisin, en même temps qu'ils vont y retirer de l'argent. « On est en mode survie, dit-elle. S'ils enlèvent le comptoir, les gens vont aller encore plus à l'extérieur. »

  • 26-04-2015 Aux petits soins dans une maison d’accueil familial

    Anabelle Nicoud - La Presse

    LA ROCHE-RIGAULT, France — Assis à une large table, Raymond couve Marguerite du regard. Marié depuis 70 ans, le couple s'est installé il y a tout juste un an dans une maison d'accueil familial, à La Roche-Rigault, hameau de 600 âmes. Quel âge ont-ils ? « J'ai 85 ans », répond sans hésiter l'ancien agriculteur et employé municipal, avant de se reprendre. « Ah non, en fait, j'aurai bientôt 95 ans. » L'œil rieur, Raymond garde le sourire pendant que l'on boit le café autour de lui. Dans le jardin, que l'on voit de la fenêtre du salon, on aperçoit un large cerisier en fleur. À 95 ans, Raymond a un début de maladie d'Alzheimer. Tout comme sa femme, Marguerite, 91 ans. Le couple est resté le plus longtemps possible chez lui, avant de s'épuiser. Leurs enfants se sont décidés à placer leurs parents, mais ils ont opté pour maison d'accueil familial, une structure à taille humaine, qui limite à trois le nombre de ses locataires.

    « Oh, on est bien ici ! On est encore un peu chez soi. On fait des petites bricoles. On se trouve très bien », dit Raymond qui se laisse parfois aller, l'après-midi, à entonner quelques chansons populaires de Tino Rossi.

    Aménagée dans une ancienne école primaire, la maison d'accueil familial est une large bâtisse de pierres blanches percée de grandes fenêtres. Ici, chaque aîné a sa chambre, une pièce d'environ 20 m2, et sa salle de bain, au rez-de-chaussée. Raymond et Marguerite sont arrivés avec leurs photos et souvenirs, et quelques meubles. Ils ont installé leur salon dans l'une de leurs chambres et dorment dans des lits jumeaux dans l'autre. Une octogénaire discrète s'est installée il y a peu dans la troisième chambre. La maîtresse de maison, c'est Corinne Bruneau, 43 ans, une chaleureuse brune, qui vit dans un appartement à l'étage, avec son mari et son fils de 12 ans.

    Le quotidien se partage avec la famille de Corinne, et les trois aînés. Tous les repas sont préparés ici, et l'on mange en famille dans les espaces communs : une vaste cuisine tout équipée, un salon-salle à manger. « Tout le monde prend soin les uns des autres, il y a un véritable échange », estime Corinne Bruneau, qui a été aide-soignante et garde-malade avant de choisir de devenir « accueillante ».

    JARDINAGE ET ALZHEIMER
    Ici, les jours se passent au gré des envies des uns et des autres. Corinne veille au bien-être de ceux qu'on appelle ses « accueillis ». Elle aide les aînés à se lever et se coucher, à faire leur toilette, à accomplir des petits gestes du quotidien. Tous se joignent aux activités de la maison, selon leurs capacités et leurs envies.

    SOINS
    Le jardin – ensoleillé en ce matin de printemps – est ouvert à tous. « On a des poules, des cailles et des lapins », montre Corinne Bruneau, qui rêve d'installer un potager surélevé dans le jardin, afin que Raymond puisse jardiner. Marguerite va mieux depuis son arrivée, dit Corinne. « C'est étonnant, mais la maladie [d'Alzheimer] régresse », observe-t-elle.

    PATRIMOINE
    À l'instar de quatre villages voisins, La Roche- Rigault s'est lancé dans la création de maisons d'accueil familial. Ainsi, dans cette région rurale et vallonnée, située tout près du Val-de-Loire et de ses célèbres châteaux, sept maisons ont été ouvertes en deux ans.

    Certaines sont neuves, d'autres ont été aménagées dans une ancienne école ou dans un presbytère. Le patrimoine municipal trouve ainsi une nouvelle vocation. « Quand on nous a dit : "L'école ferme, vous pouvez la vendre ou valoriser le patrimoine", on n'a pas trop hésité, explique le maire de La Roche-Rigault, James Garault. Il y a une grande cour où les gens peuvent se déplacer, les gens peuvent faire du jardinage. Ça nous permet en plus de créer un emploi. Et dans nos régions, un emploi, c'est important. »

    HYBRIDE
    En France, les personnes âgées sont encouragées à rester chez elles, grâce à des aides à domicile fournies par l'État. Il existe aussi des maisons de retraite classiques, des établissements semblables aux CHSLD (appelés EHPAD, dans le jargon administratif français). L'accueil de personnes âgées à domicile, à l'image de ce qui se fait avec les enfants, est toutefois un mode d'hébergement de plus en plus prisé. Dans la Vienne, notamment, une centaine de personnes sont habilitées à héberger chez elles, au sein de leurs familles, trois aînés au maximum. Mais à l'image de La Roche-Rigault, des villages encouragés par le département ont choisi de mettre en place eux-mêmes des maisons d'accueil, gérées par les élus municipaux et une structure médicosociale indépendante, un groupement de coopération médico-sociale (GCMS). C'est une initiative assez unique en France.

    « Chez les particuliers, il y avait du bon et du moins bon. On est partis de cette idée, mais on a construit des locaux en bonne et due forme, où chaque chambre a son sanitaire complet. On a mis ça à la disposition de personnes qui voulaient se lancer dans l'accueil, explique Jacques Varennes, administrateur du GCMS. On réhabilite le patrimoine, on offre aux personnes âgées un accueil de proximité et on crée en plus des emplois. » Les maisons d'accueil familial sont ouvertes aux personnes âgées plus ou moins dépendantes, mais aussi aux adultes handicapés. L'idée est de vivre au maximum comme à la maison.

    Ainsi, les petits gestes du quotidien sont encouragés, mais on ne retrouve pas nécessairement d'activités de groupe.« Il se fait [dans les maisons de retraite] des choses très bien, mais un peu artificielles. Se dire que le nec plus ultra des animations », c'est la poterie, soupire M. Varennes... « Notre idée, c'est d'explorer ce que les personnes faisaient avant, dans la mesure du possible, et de les aider à conserver quelques activités en participant par exemple aux tâches. On se méfie vraiment de l'inactivité totale. » — Jacques Varennes, administrateur de GCMS

    ACCROCHAGES
    Bien entendu, tout n'est pas rose. Dans la Vienne, on ne dira pas que les Maisons d'accueil familial sont une solution sans défaut. Ainsi, des « accueillantes » ont eu du mal à tenir la cadence. Des aînés s'adaptent mal à la vie en commun. Des conflits peuvent survenir à tout moment. Jacques Varennes ne le cache pas : les accrochages existent, et il faut, dans chaque maison, cultiver un équilibre fragile et délicat.

    « On ne travaille pas avec des boîtes de conserve, mais avec de l'humain », illustre M. Varennes. Mais dans ce petit coin de la France rurale, on essaie ici de vieillir dans la dignité. Un aîné à la fois.

  • 23-04-2015 Le budget fédéral laisse de côté les aînés démunis

    Source : Réseau FADOQ

    Année électorale oblige, les aînés qui se prévalent de leur droit de vote ne sont pas à négliger par les partis politiques, semble-t-il. Le Réseau FADOQ se réjouit de voir que les mesures fiscales annoncées laisseront plus d’argent dans les poches des aînés qui sont et qui ont été en mesure d’épargner. Par contre, il aurait été souhaitable que des mesures de soutien aux plus démunis soient aussi annoncées. Pensons au Supplément de revenu garanti (SRG), revendication majeure du Réseau FADOQ, que le gouvernement aurait dû bonifier pour réellement démontrer son engagement à l’égard de tous les aînés.

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  • 23-04-2015 Des quotas pour les soins à domicile

    Jessica Nadeau - Le Devoir

    Les soins à domicile seront compromis si le projet de loi 20 est adopté tel quel, dénoncent des médecins oeuvrant dans le secteur. Non seulement ces soins ont mystérieusement disparu de la liste des activités prioritaires reconnues dans le dernier document de travail ministériel, mais en plus, on impose un quota aux médecins qui les donnent, ce qui fait craindre le pire à certains.

    « Ça fait 31 ans que je fais des soins à domicile. J’ai vu plusieurs réformes, mais c’est la première fois que je m’inquiète sérieusement pour mes patients », s’indigne Dre Hélène Daniel, médecin de famille qui travaille en soins à domicile au CLSC Dorval-Lachine.

    « La loi 20, telle que proposée, est une menace sérieuse pour l’accessibilité des soins pour les personnes suivies à domicile, dénonce-t-elle dans une lettre cosignée par une vingtaine de médecins oeuvrant dans différents CLSC, CHSLD et maisons de soins palliatifs de Montréal et des environs. « La dévalorisation de ce type de pratique aura des conséquences désastreuses pour nos patients, comme une réduction importante de suivis de patients à domicile. Des milliers de patients âgés et vulnérables seront obligés d’aller plus souvent à l’urgence. Il en découlera une augmentation d’hospitalisations et la détérioration de la santé de ces gens, déjà fragiles. »

    Équivalences

    Dans le document de travail, daté du 18 mars, les soins à domiciles ne sont plus reconnus comme des activités médicales particulières (AMP). Ces AMP, renommées activités d’établissement, sont des activités jugées prioritaires par Québec et pour lesquelles tous les médecins doivent faire un nombre d’heures minimal. Dre Hélène Daniel s’interroge sur les raisons de ce retrait, car un document préliminaire, qui date de novembre dernier, les reconnaissait toujours.

    Le document d’orientations réglementaires prévoit toutefois des équivalences favorables pour les médecins qui prendront ces patients à charge. Ainsi, un patient avec des besoins complexes et en perte d’autonomie sévère suivi à domicile équivaut à 12 patients ordinaires. Pour les soins palliatifs à domicile, on parle d’un ratio de 25 pour 1. Au cabinet du ministre Barrette, on se range derrière cet argument pour affirmer que les soins à domicile seront effectivement reconnus puisque c’est « l’activité la plus fortement pondérée ».Par courriel, l’attachée de presse du ministre, Joanne Beauvais, ajoute que le ministre « considère d’autres mesures pour valoriser cet aspect de la profession ».

    Mais cet argument est loin de rassurer Dre Hélène Daniel. « Certains pourront servir l’argument que les patients suivis à domicile “vaudront” plus dans le calcul du quota des patients à suivre. Mais le fait que les médecins seront obligés de diminuer leur présence de 12 heures par semaine pour la première ligne afin d’aller travailler dans les hôpitaux [pour répondre à leurs obligations d’activités médicales prioritaires] aura pour conséquence directe de diminuer leur disponibilité pour ce type de clientèle », écrit-elle.

    Maximum de 100 patients

    L’autre problème, estime Dre Hélène Daniel, c’est que l’on prévoit des quotas pour les médecins traitant des patients à domicile. Pour des personnes avec des besoins complexes et en perte d’autonomie sévère, on parle d’un maximum de 100 patients par médecin de famille. Pour ceux en soins palliatifs, ce sont 40 patients. « En soins palliatifs, nos patients sont constamment renouvelés en raison des nombreux décès. Ça va être ingérable, dénonce Dre Hélène Daniel, qui en voit elle-même au moins trois fois plus dans une année. Ça n’a pas de sens, la seule limite devrait être celle des besoins, pas celle de chiffres arbitraires. »

    Le cabinet défend son choix en affirmant s’être basé sur l’expertise de la docteure Geneviève Dechene, qui n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Devoir.

    Pour Dre Hélène Daniel, le projet de loi 20 dans son ensemble va compromettre le recrutement des jeunes médecins. Bien qu’il n’ait pas été appelé à signer la lettre, le directeur du Département de médecine de famille et d’urgence de l’Université de Montréal, Dr Jean Pelletier, abonde dans le même sens. « Il y a un problème de main-d’oeuvre médicale dans ce secteur, on l’avait identifié comme étant une priorité de formation dans la résidence en médecine de famille, on a un projet où les quatre départements de médecine de famille travaillent ensemble pour rehausser la formation et attirer plus de jeunes dans ce secteur, alors c’est certain que lorsqu’on voit sortir des choses comme ça, on est très inquiets de voir nos efforts contrecarrés. »

    À la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le président, Dr Louis Godin, est d’accord avec la prémisse de base des médecins signataires, affirmant que plus aucun médecin ne voudra offrir des soins à domicile s’ils ne sont plus reconnus comme des AMP. Mais il met toutefois un bémol, affirmant que cela pourrait faire l’objet de futures négociations. « Soyez assuré que si, par malheur, le projet de loi devait être adopté, on va en reparler, des équivalences. »

  • 21-04-2015 Les bâillons : des sacs à mauvaises surprises

    Source : Réseau FADOQ

    Que cache l’adoption sous le bâillon du projet de loi no 28 par le gouvernement ? Quel impact auront certaines mesures sur la qualité de vie des aînés ? Silence radio.

    Est-ce pour faire taire les critiques que le gouvernement sape le processus de consultations en ayant recours au bâillon à répétition ou pour passer des mesures en douce ?

    Notre expérience de la consultation entourant le projet de loi no 10 nous fait craindre la mouture définitive de cet autre projet de loi. En effet, même si nous avions pu exprimer nos inquiétudes quant au sort des aînés dans le cadre de la réforme administrative du système de santé, des mesures-surprises qui ne figuraient pas au projet initial ont été ajoutées. Exemple : le délai de reconduction des certificats de conformité dans les résidences pour aînés (RPA) est passé de trois à quatre ans.

    Pourquoi ce changement significatif ? Est-ce là la réponse de l’État aux mécanismes de surveillance de la réglementation en RPA, malgré le contexte encore chaud de la tragédie de L'Isle-Verte ? Déplorable !

    Quelles mauvaises surprises nous attendent encore ? Je m’en inquiète vraiment, au nom des 380 000 membres de 50 ans et plus que compte le Réseau FADOQ.

    Maurice Dupont
    Président du Réseau FADOQ

  • 20-04-2015 Près de 80 % des grands-parents québécois s’impliquent dans la vie de leurs petits-enfants

    La grande majorité des grands-parents québécois (78 %) ont au moins une chose en commun : ils sont impliqués dans la vie de leurs petits-enfants. Mais pour ceux-ci, cette implication peut se traduire de plusieurs façons. C’est ce que révèle un récent sondage CROP réalisé pour le compte d’Universitas, spécialiste en épargne-études, qui a voulu en savoir davantage sur la question. Disposant souvent de plus de temps libres et de moyens financiers à la retraite, les grands-parents s’investissent davantage dans leur vie familiale. Fait intéressant, parmi ceux qui se disent « beaucoup » impliqués, les grands-mères semblent l’être davantage que les grands-pères (45 % contre 29 %). De manière générale, le gardiennage (76 %), l’accompagnement lors d’activités scolaires (44 %) et lors des vacances annuelles (43 %), sont les formes les plus courantes d’implication dans la vie des petits-enfants.

    L’éducation en héritage

    L’implication des grands-parents dans l’éducation de leurs petits-enfants se résume surtout à la participation et à l’accompagnement aux diverses activités scolaires (42 %), suivi du soutien financier pour les études (25 %). Parmi ceux qui investissent pour les études, leur contribution moyenne annuelle pour l’ensemble de leurs petits-enfants se situe aux alentours de 2 000 $. Il semble d’ailleurs que plus les grands-parents « gagnent en sagesse », plus leur implication financière est significative. En effet, 8 % des répondants âgés de 55 à 64 ans ont affirmé offrir un soutien financier pour les études, alors que ce pourcentage augmente à 36 % chez les 65 ans et plus.

    Les grands-parents qui soutiennent financièrement les études post-secondaires de leurs petits-enfants semblent bien comprendre tous les avantages d’investir dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE). En effet, la majorité d’entre eux (79 %) a choisi de le faire via un REEE, suivi par le compte épargne (16 %) et le CELI (12 %). De plus, près des deux tiers des grands-parents québécois (64 %) savent qu’en investissant dans un REEE, les gouvernements du Québec et du Canada offrent des subventions visant à bonifier le montant disponible. « Nous sommes très heureux, voire même un peu surpris, de constater que les grands-parents sont si nombreux à investir dans un REEE plutôt qu’un autre type de placement pour les études de leurs petits-enfants », affirme Tina Fournier Ouellet, porte-parole chez Universitas. « Le REEE est le type de placement le plus avantageux pour planifier les études d’un enfant, principalement en raison des généreuses subventions. Ceci dit, le REEE reste un type de placement méconnu et les Québécois ont tendance à choisir des modes de placement plus traditionnels (selon un sondage que nous avons effectué à l’automne dernier). Constater que le REEE est privilégié par les grands-parents signifie que nos efforts visant à promouvoir les bénéfices du REEE vont bon train. C’est très
    positif ! »

    Le don posthume

    Le sondage indique cependant que moins du tiers des répondants savent qu’il est possible de faire ajouter une demande de don posthume dans le REEE d’un enfant sur leur testament. Deux options sont d’ailleurs possibles :

    1. Pour le donateur : il suffit d’indiquer dans son testament le nom du (ou des) bénéficiaire(s) et le montant du don à titre de legs particulier. Les démarches habituelles pour ouvrir le REEE suivront.
    2. Pour l’exécuteur testamentaire : si le donateur n’a pas spécifié de cause à soutenir lors du décès, il est possible pour l’exécuteur testamentaire de choisir Universitas comme fondation auprès de laquelle faire un don posthume, au nom d’un ou plusieurs enfants. Universitas ouvrira alors un REEE au nom des légataires ou fera un dépôt forfaitaire dans leur REEE existant, s’il y a lieu.

    « Dans ce contexte, comme prévu au testament, le capital reviendra à 100 % aux enfants, en plus des subventions et des intérêts sur le capital et sur les subventions. L’éducation est un héritage qui durera toute une vie, pourquoi donc ne pas léguer l’accès au savoir ? », ajoute Mme Fournier-Ouellet.

    Autres données intéressantes tirées du sondage :

    • La majorité des grands-parents québécois (80 %) offrent des cadeaux en argent à leurs petits-enfants à Noël.
    • Les grands-mères offrent leur soutien davantage en gardiennage (82 % contre 69 % pour les grands-pères), alors que ces derniers semblent plus enclins à s’impliquer dans l’éducation personnelle (discipline, savoir-vivre, comportement, etc.) de leurs petits-enfants (39 % c. 25 %).
    • En terme d’implication dans l’éducation, les grands-pères optent davantage pour un soutien financier (35 % c. 16 % chez les grands-mères) alors que celles-ci accompagnement davantage leurs petits-enfants lors d’activités scolaires (53 % contre 30 %);
    • Quand vient le temps de faire plaisir à leurs petits-enfants, les grands-parents vont surtout leur acheter des petits cadeaux (70 %), préparer leurs mets préférés (59 %) et participer, avec eux, à une activité qu’ils aiment (57 %).

    Le sondage a été réalisé par CROP en ligne du 11 au 15 mars 2015 auprès de 207 Québécois âgés de 55 ans et plus ayant un ou plusieurs petits-enfants.

  • 20-04-2015 Pourquoi sommes-nous si fatigués?

    Laboratoire d’étude de la santé cognitive des aînés (LESCA)

    Le sommeil

    Le sommeil occupe le tiers de notre vie. En dormant, nous passons par cinq stades de sommeil; le premier est un stade de sommeil léger où l’on s’endort, mais l’on peut être réveillé facilement. Le deuxième stade est une phase plus profonde, où les muscles relaxent et les battements de coeur diminuent. Suivent les troisième et quatrième stades, respectivement, les stades de sommeil profond et réparateur. Finalement, il y a le sommeil REM qui est un sommeil “actif” caractérisé par le mouvement rapide des yeux derrière les paupières. C’est lors de ce stade que nous rêvons (Garcia, 2008). Notons que, lors d’une nuit de sommeil, nous passons plusieurs fois de stade de sommeil, typiquement de façon pseudocyclique.

    Sommeil et vieillissement

    Le vieillissement normal est accompagné de difficultés de sommeil et beaucoup de personnes âgées, même en bonne santé, se plaignent d'une diminution de la qualité de leur sommeil (Cochen et al, 2009). Il est fréquemment observé que les personnes âgées ont plus de difficulté à initier le sommeil, se réveillent plus souvent durant la nuit, et se réveille plus tôt le matin. Ils passent, en moyenne, moins de temps total endormi que les jeunes adultes (temps optimal : 7 heures), et moins de temps dans les stades de sommeil profond et REM (Rapid-Eye Movement) (Espiritu, 2008). On remarque aussi que les personnes âgées prennent plus de siestes durant la journée, ce qui peut nuire au sommeil la nuit.

    En vieillissant, on devient plus vulnérables aux troubles du sommeil. Les problèmes de sommeil sont divisés en deux groupes : les troubles primaires et les troubles secondaires. Les troubles de sommeil primaires sont causés par des changements physiologiques associés au vieillissement tel que des problèmes cardiopulmonaires ou des troubles de modulations circadiennes (changement des cycles éveil-sommeil) (Espiritu, 2008). Des exemples de troubles primaires souvent observés chez les ainés sont l’insomnie (incapacité d’initier/maintenir le sommeil et qui affecte la qualité de vie), le syndrome des jambes sans repos, des problèmes respiratoires (apnée du sommeil), des mouvements excessifs lors du sommeil et une diminution du temps passé en sommeil profond et REM (Crowley, 2011). Les troubles secondaires sont des troubles du sommeil liés à des maladies neurologiques (surtout suite à des démences telles que l’Alzheimer ou le Parkinson), à la prise de médicaments (effets secondaires) ou à des facteurs environnementaux (par ex. : inactivité physique, malnutrition, stress) (Crowley, 2011).

    Sommeil et cognition

    Le sommeil est essentiel au corps humain. Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut avoir divers effets, dont une moins bonne qualité de vie, une augmentation de l’anxiété, des risques de dépression, une diminution de l’équilibre entrainant un plus grand risque de tomber, des problèmes cardiovasculaires, et une augmentation de la mortalité en général (Misra & Marlow, 2008). Mais le sommeil est aussi essentiel au cerveau et au bon fonctionnement cognitif (c-à-d. les habiletés mentales). Par exemple, le sommeil affecte l’attention et la vitesse de traitement, mais on retient que l’encodage et le stockage en mémoire sont tous particulièrement liés à la qualité de notre sommeil.

    Encodage

    L’encodage en mémoire permet l’enregistrement de nouvelles informations (d’objets, d’images, etc.). L’encodage est affecté par le manque de sommeil. En effet, on observe que les régions du cerveau responsables de l’apprentissage de nouvelles informations s’activent significativement lors du sommeil. Le manque de sommeil affecte cette partie du cerveau qui devient alors moins efficace lorsque l’on essaie d’encoder une information à l’éveil. Par conséquent, lorsqu’on est en privation de sommeil, un effort supplémentaire est requis des autres régions du cerveau pour accomplir des tâches de mémoire simple (Malhotra & Desai, 2010).

    Consolidation

    La consolidation en mémoire, aussi appelée stockage, permet de conserver un souvenir, ayant été encodé en mémoire, sur une longue période de temps. La consolidation est également étroitement liée au sommeil. En effet, on observe, tout particulièrement lors du sommeil profond et du sommeil REM, une activation des séquences neuronales (ou circuits) impliquées lors d’un apprentissage vécu dans la journée. De plus, le sommeil aide la consolidation en favorisant le développement de synapses (connexions entre/dedans différentes structures, formées après l’apprentissage) (Malhotra & Desai, 2010). Finalement, le sommeil soutient également la consolidation puisqu’il permet l’intégration entre de nouvelles expériences et des expériences passées qui partagent des éléments communs. Les apprentissages inconscients qui se font durant le sommeil améliorent la performance des gens aux tests de mémoire. En effet, les participants performent mieux aux épreuves de mémoire s’ils ont pu dormir entre la phase d’encodage et le rappel (Malhotra & Desai, 2010).

    Sommeil et cognition en vieillissant

    De toute évidence, le sommeil est important pour plusieurs aspects de la cognition, tant pour les ainés que pour les jeunes. Toutefois, on remarque que les impacts négatifs du manque de sommeil sur la cognition tendent à s’intensifier en vieillissant.

    Une explication possible est que le vieillissement normal est accompagné d’un déclin cognitif normal. Par conséquent, ce déclin normal ajouté aux difficultés cognitives engendrées par le manque de sommeil résulterait à davantage de déficits chez les ainés. Aussi, la privation de sommeil pourrait avoir moins d’impact chez les jeunes puisque ceux-ci passent une plus grande portion de leur sommeil dans les stades de sommeil profond et REM, soit les deux stades qui semblent les plus associés au bon fonctionnement cognitif. Les effets du manque de sommeil sur la cognition seraient donc plus remarquables.

    Découvertes récentes

    De façon intéressante, il a été démontré que l’entrainement cognitif chez les personnes âgées souffrant d’insomnie pouvait, non seulement amélioré la fonction cognitive, mais aussi la qualité de sommeil. Inversement, les personnes âgées ayant une bonne qualité de sommeil (c-à-d ceux qui prenaient moins de temps pour initier le sommeil, qui maintenaient plus longtemps le sommeil, et qui passaient plus de temps aux stades de sommeil profond et REM) s’amélioraient davantage suite à leur entrainement cognitif. (Haimov & Shatil, 2013).

    À retirer de cet article : le sommeil est important pour la santé physique et mentale! Bien dormir veut dire ne pas trop ou trop peu dormir (7 heures optimales), et atteindre le sommeil profond et réparateur. Il est important de traiter les difficultés de sommeil et ne pas les minimiser.

  • 15-04-2015 Les jeunes ont raison de se plaindre

    Éric Desrosiers - Le Devoir

    La fameuse érosion de la classe moyenne est surtout l’affaire des jeunes au Canada, conclut une étude.

    Ce sont principalement les moins de 45 ans qui ont vu leurs revenus baisser, leur endettement s’alourdir, les gouvernements leur accorder moins d’attention et leurs perspectives s’assombrir au cours des quatre dernières décennies au Canada, rapporte-t-on dans une étude de l’Université de Colombie-Britannique dévoilée mardi. L’ensemble de la classe moyenne canadienne n’est ni victime d’une érosion ni en pleine ascension, note son auteur, le professeur Paul Kershaw, qui est aussi le fondateur d’une organisation pour l’équité intergénérationnelle appelée Generation Squeeze. « L’érosion est bien réelle. Mais elle frappe principalement les Canadiens de moins de 45 ans alors que le Canadien moyen de 55 ans et plus profite d’un meilleur niveau de vie que les précédentes générations de retraités. »

    Le chercheur en veut pour preuve, entre autres, l’évolution du revenu individuel total médian (salaire, transferts des gouvernements, rendements de placements, etc.) depuis 40 ans. Une fois prise en compte l’inflation, ce revenu a reculé de 12 % pour les Canadiens de 25 à 34 ans en dépit d’une multiplication par deux de leur taux de diplomation postsecondaire, alors que les individus âgés de 35 à 44 ans ont accusé une baisse de revenus de 7 %. Les 45-54 ans (- 2 %) et 55-64 ans (+2 %) ont quant à eux fait du surplace, pendant que les 65 ans et plus ont amélioré leur sort de 74 %.

    Ces données cachent encore une fois une différence, explique-t-on, mais cette fois entre les hommes et les femmes. La baisse de revenu a surtout été le fait des jeunes hommes alors que les plus vieux ont peu bougé. Les femmes, par contre, ont réalisé un important — bien qu’incomplet — rattrapage avec un gain, pour celles qui travaillent à temps plein, de 6 % chez les 25-34 ans, de 25 % chez les 35-44 ans, de 35 % chez les 45-54 ans et de 17 % pour les 55 ans et plus.

    Ce rattrapage des femmes a permis d’améliorer le revenu des ménages de l’ensemble des groupes d’âge, mais encore une fois principalement au profit des plus âgés. Ainsi, les revenus totaux des ménages de 25-34 ans étaient 9 % plus élevés entre 2007 à 2011 que les revenus des ménages du même groupe d’âge entre 1976 et 1980. La progression a toutefois été de 12 % pour les ménages de 35-44 ans, de 21 % pour ceux de 55-64 ans et même de 51 % pour les 65 ans et plus.

    Neuf fois plus riches

    Ces modestes gains pour les ménages les plus jeunes sont loin d’avoir été de même ampleur que l’explosion de certains prix, notamment celui des maisons. En dollar de 2013, le prix moyen d’une maison au Canada est passé de 203 000 $ en 1976 à 383 000 $ en 2013. Il fallait cinq ans pour économiser les 20 % de mise de fonds nécessaire à l’achat d’une première maison, il en faut maintenant le double. Il n’est pas étonnant dans ce contexte que la proportion de ménages propriétaires de leur logement ait reculé de 42 % à 37 % chez les plus jeunes alors qu’il a augmenté de 63 % à 71 % pour les plus vieux.

    Les ménages qui ont eu la chance d’acheter leurs maisons avant que ne s’envolent les prix immobiliers se retrouvent aujourd’hui avec un bel actif financier, alors que les autres doivent aussi composer avec une hypothèque plus lourde. Au final, l’écart de richesse s’est creusé entre les plus jeunes et les plus vieux au pays, note Paul Kershaw. Une récente étude de la Banque de Montréal a estimé qu’au début des années 80, le patrimoine du Canadien moyen de 55 ans et plus était quatre fois plus élevé que celui de son compatriote de 25 à 34 ans. Cet écart serait aujourd’hui de neuf contre un.

    On pourrait ajouter à cela toutes sortes d’autres considérations qui réduisent la future marge de manoeuvre des générations montantes, fait valoir l’auteur de l’étude. Le poids de la dette par rapport à la taille de l’économie a par exemple plus que doublé en 40 ans. On sait aussi désormais qu’un nouveau modèle de développement devra être trouvé si l’on veut qu’il nous reste encore une planète où vivre.

    En faire une priorité des gouvernements

    Toutes ces tendances ne sont pas atténuées, mais renforcées par les gouvernements, déplore Paul Kershaw. Aux prises avec un vieillissement de la population, ils augmentent sans cesse leurs efforts financiers en matière de soins de santé et de retraite sans pour autant accroître leurs dépenses totales en proportion de la taille de l’économie. Cela s’est traduit notamment par une baisse relative des budgets alloués à l’aide financière aux familles et aux écoles primaires et secondaires, une stagnation de ceux allant aux études supérieures et une hausse de l’aide aux garderies insuffisante compte tenu de l’explosion du nombre de ménages où les deux parents travaillent.

    « Il ne s’agit pas de négliger les soins médicaux ni les pensions de retraite d’une population vieillissante,affirme le professeur de la Colombie-Britannique. Mais aucune grand-mère ne voudra qu’on finance ses soins de santé au détriment des services de garderie dont a besoin sa fille. »

  • 15-04-2015 OÙ IRONT LES AÎNÉS ?

    ARIANE KROL - LA PRESSE

    Les normes de qualité et de sécurité accrues dans les résidences privées pour aînés (RPA) n’ont pas que des effets heureux. Beaucoup de petites résidences se retirent du marché, au risque de pousser les prix à la hausse et de forcer des aînés à s’éloigner de leur milieu.

    Les exigences de certification adoptées par Québec au milieu des années 2000 semblent avoir réellement contribué à la sécurité et la qualité des services, montre une étude publiée l’an dernier dans l’International Journal for Quality in Health Care. Gina Bravo, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, et ses collègues ont évalué des résidences privées durant deux périodes, de 1995 à 2000 puis de 2010 à 2012. Résultat ? Les six aspects mesurés se sont améliorés, et la proportion de résidants recevant des soins non adéquats a diminué de plus de moitié (de 20,3 % à 7,9 %). De plus, la proportion des locataires qui recommanderaient leur établissement à d’autres est passée de 88 % à près de 99 %.

    Beaucoup de petites résidences (neuf lits ou moins) ont cependant disparu dans la foulée. Lors de la première évaluation, près des trois quarts du parc des RPA étaient constitués de petites résidences. À la seconde, elles ne représentaient plus que le tiers de l’offre. « Bien que l’élimination des résidences sous-performantes soit souhaitable, la moins grande disponibilité de petites installations a des conséquences », soulignent les auteurs. Les aînés qui préfèrent un environnement de type plus familial et ceux qui habitent une région rurale où il n’est pas rentable d’ouvrir une grosse RPA sont particulièrement touchés par ces fermetures.

    Depuis, la liste des obligations, justifiées mais coûteuses (mitigeurs à eau chaude, vérification des antécédents judiciaires du personnel, gicleurs, etc.), a continué de s’allonger. Et la concentration de s’intensifier. Même si le Québec compte 73 RPA de moins qu’il y a un an, le nombre total d’unités a encore augmenté, indiquent les chiffres du ministère de la Santé. Bref, la taille moyenne des RPA grossit.

    Le problème, c’est qu’une chambre dans une grande RPA (90 unités ou plus) est généralement plus chère que dans une plus petite (10 à 49 unités) : 284 $ par mois en moyenne, signale le Réseau FADOQ. Une femme (environ 80 % de la clientèle) dont le revenu disponible et le loyer correspondent à la moyenne engloutira près de 90 % de ses revenus dans sa résidence, souligne l’organisme dans un rapport à paraître. Elle a beau être nourrie et blanchie, ça ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour les autres besoins.

    Le Réseau FADOQ, qui défend la capacité de faire des choix des aînés, propose notamment d’augmenter l’offre de soins à domicile et de logements communautaires. C’est un début de réflexion. Chose certaine, avec le vieillissement et le peu d’épargne de la population, il va devenir urgent de trouver des solutions.