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  • 20-08-2015 On gère chichement des fins de vie

    JEAN-MARC BEAUDOIN,Le Nouvelliste

    Au-delà de certaines pratiques qui peuvent être reconsidérées et de toutes les normes ou barèmes que l'on peut établir, la vraie question qui se pose à propos des résidences de longue durée comme à Cooke, c'est quel sort notre société veut réserver aux personnes âgées qui y sont hébergées.

    En conclusion et dans leurs commentaires généraux, les deux enquêtrices désignées par le ministre Gaétan Barrette pour faire la lumière sur les incidents survenus à la résidence Cooke le 14 juillet la posent justement.

    Passé l'émoi suscité par l'étalage médiatique d'une vidéo montrant deux personnes gisant sur le plancher de leur chambre sans qu'on puisse intervenir auprès d'eux promptement, il faut reconnaître l'importance d'une telle réflexion collective.

    On peut bien apporter toutes sortes de correctifs techniques et pratiques, moduler les horaires des employés, contraindre ceux-ci à manger sur leur lieu de travail, il restera toujours qu'il faudrait plus de personnel.

    Le ministre Barrette peut se réjouir que selon lui les deux rapports, celui du CIUSSS MCQ déposé en début de semaine et celui qu'il a lui-même commandé, indiquent que les ratios intervenants-patients étaient appropriés. Une simple réorganisation du travail ajoutée à quelques correctifs devraient suffire à faire des CHSLD du Québec le milieu de vie sécurisant et feutré qu'on nous promet pour ces gens qui sont en fin de vie.

    La nécessité pour y arriver d'ajouter plus de personnel, elle était déjà inscrite en filigrane partout dans le rapport du CIUSSS, même si on ne voulait surtout pas ouvrir une telle avenue, contre-indiquée dans le contexte descompressions généralisées qu'impose le ministre à son réseau de la santé et des services sociaux. Elle devient criantedans le rapport des enquêtrices Johanne Gauthier et Reine Martin.

    «Que ce soit des infirmières, des infirmières auxiliaires ou des préposés aux bénéficiaires, tous tiennent le même discours sur la charge de travail énorme et sur le fait qu'ils ne peuvent dévier de leur plan de travail pour réussir à remplir toutes leurs tâches. La clientèle est de plus en plus lourde et demande une surveillance constante», peut-on lire dans le rapport. Les cadences de travail sont devenues insoutenables.

    Les CHSLD ne sont plus ce qu'ils étaient. Leur clientèle a changé. À part quelques exceptions qui y sont depuis longtemps, les résidents d'aujourd'hui n'y sont plus hébergés qu'en moyenne de huit à dix mois. Ce sont maintenant des CHS de courte durée. Ce sont des résidents en fin de vie et, pour la majorité, en très mauvais état. Leur profil a changé.

    Plus de la moitié de la clientèle de Cooke éprouve des problèmes cognitifs, 15 % ont des comportements perturbateurs, parfois avec des diagnostics de santé mentale et de violence, et 30 % présentent une perte d'autonomie, mais sans problèmes cognitifs.

    C'est globalement une clientèle lourdement handicapée, physiquement et mentalement. Il y en a qui erre dans les corridors, d'autres qui sont agressifs, et c'est le concert presque continue des clochettes d'appel et des alarmes des systèmes d'aide déclenchées à tout propos. Comme on ne contentionne plus, physiquement ou médicalement, contre le gré des occupants ou de leurs proches, ça tombe en bas du lit sur grande échelle. Depuis le début de l'année, on y recense déjà231 chutes déclarées. On s'entend que ce n'est pas tout le monde qui tombe. On en serait à 16 % de la clientèle hébergée. Mais il y en a plusieurs qui fréquentent le plancher vraiment plus souvent que d'autres. C'est le cas de la dame étendue au sol sur la vidéo, qui en est rendue à 52 chutes, soit 18 % de toutes les chutes du centre.

    Voilà l'environnement trouble dans lequel le personnel doit évoluer et auquel on demande d'être toujours gentil et souriant, compréhensif et respectueux, empressé et efficace, tout cela au pas de course. Qu'on s'attende en plus que ces employés débordés et stressés par la lourdeur de la tâche mangent leur lunch sur place, au cas où, ça n'a presque plus de sens.

    Le ministre devrait lire ce que ses enquêtrices lui suggèrent au haut de la page 7 du rapport: augmenter la surveillance et l'assistance offerte aux usagers à risque de chutes par la présence d'intervenants de proximité ainsi que par l'amélioration des délais de réponses aux cloches d'appel. Est-on prêt, comme société, à assumer des coûts additionnels pour rendre dignes et confortables les derniers moments de vie, même si elle est souvent confuse, de nos aînés qui n'ont d'autre choix que de se retrouver en CHSLD?

    En attendant, on peut comprendre qu'un homme qui connaissait bien cet univers qui l'attendait ait préféré prendre le chemin de la rivière plutôt que celui de Cooke.

     

  • 19-08-2015 Maltraitance dans les CHSLD : À quand un réinvestissement par le gouvernement ?

    Source : Réseau FADOQ

    « En dépit des recommandations de l’enquête rendue publique aujourd’hui par le ministre Barrette et de divers mécanismes de contrôle; visites d'évaluation de la qualité, processus d’agrément, mécanismes de plaintes et présence de comités de résidents, une réalité crève les yeux : le non-respect systématique de la réglementation favorise les cas de maltraitance institutionnelle. Dans un tel contexte, une question préoccupe le Réseau FADOQ : le gouvernement a-t-il l’intention de mettre fin au désengagement de ce secteur et de légiférer afin d’assurer une qualité de vie adéquate aux résidents en CHSLD ?

    Lire le communiqué

     

  • 18-08-2015 Vieillir selon Bernard Émond

    Tristan Malavoy-Racine, L’actualité

    Une fois de plus, le cinéma de Bernard Émond évolue loin des happy ends et des rebondissements hollywoodiens. S’il échappe aux modes, son nouveau film ne s’en inscrit pas moins, par ses thèmes, dans l’air du temps : vieillissement, famille dysfonctionnelle, société sourde à ceux qui souffrent et ne suivent pas le rythme.

    Les jours de Nicolas sont comptés. Ce médecin et professeur réputé, personnage principal du Journal d’un vieil homme (interprété avec beaucoup de justesse par Paul Savoie), a pourtant choisi de ne rien dire à ses proches : pas question, pour cet homme orgueilleux, que sa maladie incurable module ses rapports avec les autres.

    Adaptation d’Une banale histoire, nouvelle d’Anton Tchekhov parue en 1889 et que Bernard Émond avait le projet d’adapter depuis une quinzaine d’années, Le journal d’un vieil homme est une preuve de plus du caractère universel et intemporel de l’œu­vre de l’auteur russe (1860-1904). « Ça a été écrit au XIXe siècle et pourtant ça nous parle. Tche­khov est formidablement contemporain, sans compter qu’il n’avait pas 30 ans quand il a écrit ça ! » s’étonne le réalisateur de 20h17 rue Darling et de La neuvaine. « Comment pouvait-il saisir aussi bien le drame intime d’une fin de vie ? »

    « Je deviens amer, et je n’aime pas ça », dira le personnage de Nicolas, conscient de sa propre dérive, qui en vient à envier, lui qui n’est pas croyant, ceux qui prennent appui sur la religion. Sa dérive lui apparaît plus inacceptable encore depuis que Katia, sa fille adoptive (Marie-Ève Pelletier, formidable), traverse elle-même une dépression grave et semble sur le point de renoncer au monde. « Ça le bouleverse, observe le cinéaste. Cette relation de deux êtres qui s’adorent et qui souffrent est au cœur du texte de Tchekhov, qui avait compris que, parfois, on ne peut rien contre le désespoir de quelqu’un. Il reste l’amour, la force d’un sentiment, mais il n’y a pas de remède. Tchekhov pose la question : comment vivre quand on n’a plus de prise sur les choses ? Cette question-là m’intéresse. »

    La misère des riches

    Pour compliquer davantage la situation, Katia a reçu le cadeau empoisonné de l’indépendance financière. « C’est son drame, elle peut se permettre de lâcher prise, de tourner le dos à son métier de comédienne, qui l’a déçue. Sa situation symbolise aussi, pour moi, le cadeau empoisonné que peut représenter la richesse pour une société comme la nôtre, et pour ma génération en particulier, dit Émond, baby-boomer. Je crois qu’il n’y a pas d’équivalent, dans l’histoire, d’une génération pour laquelle la vie a été aussi aisée. Ça a provoqué chez nous une sorte d’indolence, ça fait en sorte que nous ne prenons peut-être pas la vie tout à fait assez au sérieux », ajoute-t-il avec un de ces grands sourires qu’il a faciles, et qui évoquent ce qu’on trouve au cœur de son cinéma : un mélange de lucidité, de tendresse et d’humour sobre.

    Exigeant envers son époque, critique de son inclination à la facilité, à la posture idéologique, Bernard Émond se garde bien de verser dans le cynisme. En cela, il est aux antipodes du personnage interprété par Patrick Drolet dans Le journal d’un vieil homme, qui joue un ami de Katia illustrant à lui seul la tentation cynique, jusqu’à la caricature. « Il a baissé les bras, il choisit de se moquer de son époque. Je partage avec lui certains constats, je souffre moi aussi de voir se rétrécir l’espace pour une pensée et un art sans compromis, mais je ne me moque pas. La beauté du monde est encore là, pour moi. Comme Tchekhov, je crois dans la nécessité de continuer le monde. »

    Cette beauté, elle réside entre autres dans la nature, filmée avec un amour manifeste par Émond. Dans la musique, aussi, à l’avant-plan dans ses films et notamment dans celui-ci, où les quatuors à cordes de Chostakovitch, réenregistrés pour l’occasion sous la direction de Robert Marcel Lepage, donnent à certaines scènes une extraordinaire portée dramatique.

    Voilà un cinéma qui creuse son sillon en marge de la pla­nète Hollywood, patiemment, et qui revendique avec force le deuxième terme de l’expression « septième art ».

  • 17-08-2015 LA GRANDE MAJORITÉ DES FOYERS QUÉBÉCOIS SONT BRANCHÉS À INTERNET

    CEFRIO

    En 2015, 2,9 millions de foyers québécois, soit 86,2 % de l’ensemble des foyers québécois, sont branchés à Internet. Cette proportion a connu une évolution de 11,2 points de pourcentage au cours des cinq dernières années.

    Pour la même période, l’augmentation est encore plus marquée chez les adultes de 65 ans et plus (25,5 points de pourcentage). Bien qu’ils demeurent moins branchés à domicile que le québécois moyen, les adultes de 65 ans et plus ont rattrapé une partie de leur retard au cours des cinq dernières années.

    QUEL EST LE PROFIL DES FOYERS NON CONNECTÉS À INTERNET?

    Au total, 13,8 % des foyers québécois n’ont toujours pas accès à Internet en 2015, ce qui représente 468 557 foyers.

    On observe que 68,9 % des foyers non branchés sont des foyers dont le revenu familial est de 40 000 $ et moins. Le prix des services Internet est probablement un frein important qui limite le branchement des foyers à Internet de ce sous-groupe de la population.

    On observe également que dans la majorité de ces foyers non branchés à Internet (84,1 %), la personne répondante est âgée de 65 ans et plus.

    En bref, les foyers non branchés sont principalement composés de ménages à faible revenu, avec des occupants aînés.

    Un programme d’aide pour le branchement à Internet des familles à faible revenu aux États-Unis

    Le 18 février 2015, la Commission fédérale des communications des États-Unis a voté une mesure d’aide financière afin de permettre aux familles à faible revenu de se brancher à Internet. Il a été démontré que moins de la moitié des foyers américains ayant un revenu inférieur à 25 000 $ dispose d’un accès à lnternet. Parmi les nombreux impacts socio-économiques liés à ce faible taux de connexion, notons les difficultés des écoliers à suivre un curriculum de plus en plus numérique. Le programme sera offert à 1,2 million d’Américains, rendant l’accès à Internet plus facile aux États-Unis.

    Source : The Guardian, 18 juin 2015 : « More low-income Americans to get high-speed internet thanks to FCC ». En ligne (30 juin 2015), [http://www.theguardian.com/technology/2015/jun/18/lifeline-high-speedinternet-low-income-fcc].

  • 13-08-2015 Rapport du CIUSSS: des réactions mitigées

    LAURIE NOREAU, Le Nouvelliste

    (Trois-Rivières) Le dépôt du rapport du CIUSSS a suscité de nombreuses réactions à commencer par celle de Johanne Panneton. Même si l'auteure de la vidéo se montre satisfaite des recommandations, elle doute que cela aurait pu réellement éviter une situation comme celle qu'elle a captée sur vidéo le 14 juillet dernier. Quant à la FADOQ-Mauricie, elle se dit «bouleversée» par les conclusions de ce rapport.

    «Si toutes ces mesures-là avaient été là, avec le même nombre d'employés, je ne suis pas certaine que les deux personnes par terre auraient été prises en charge plus vite», avance Mme Panneton. «Si la porte avait été ouverte et le rideau fermé, est-ce qu'on aurait entendu le monsieur crier? Probablement que oui. D'un autre côté, la cloche, quand elle sonne, ils n'y vont pas toujours en courant», justifie-t-elle.

    «Ce qui me satisfait, c'est qu'ils sont ouverts à plus de personnel», répond-elle en faisant allusion à la brèche qu'a ouvert la direction du CIUSSS à ce propos.

    Johanne Panneton a passé au peigne fin chacune des treize recommandations du rapport. Si la plupart d'entre elles lui semblent satisfaisantes, d'autres la laissent sur sa faim.

    Entre autres, le voyant lumineux qui indique la présence d'un intervenant dans une pièce la laisse perplexe. «Quand j'ai couru dans la corridor, la lumière, je l'aurais pas vue. On pense pas à ça». Quant à l'installation de rideaux d'intimité qui éviteront de fermer les portes durant les soins, «c'est une très bonne chose». «Je n'ai pas de doutes sur les rideaux. Quand je suis allée dans la journée mardi, il y en avait déjà d'installés. Je pense qu'ils sont de bonne volonté», constate-t-elle.

    Quant à «l'heure des repas, effectivement, si on peut échelonner ça sur une période de deux heures au lieu de trois heures, ça serait parfait. Mais ce qui serait encore mieux, c'est d'ajouter du personnel à cette heure-là». Elle espère maintenant que les dirigeants passeront de la parole aux actes. «C'est sûr que tout va être mis en place pour qu'il y ait de l'amélioration, c'est parfait. Maintenant, il faut que ça se fasse.»

    Quant à la famille de la dame que l'on voit allongée au sol sur la vidéo, elle se dit somme toute satisfaite des recommandations. La belle-soeur de la dame remarque même que les choses ont commencé à bouger. «Quand j'y suis retournée, j'ai vu une différence par rapport aux chutes. Ils ont plus porté attention. Il y avait du tapis amortissant dans sa chambre au complet. En plus, il y avait l'alarme. Elle avait un casque pour les chutes. Le côté sécuritaire, je ne peux rien dire. Peut-être que ça a aidé [les événements]».

    Elle applaudit les bonnes intentions qui émanent de ce rapport. «Tout apport positif est toujours bon. Moi, je suis bien satisfaite. Pour les autres patients aussi pas juste pour ma belle-soeur».

    Tout de même, ce ratio d'un intervenant pour 13 résidents, qui a été effleuré lors de la présentation du rapport, reste déficient pour elle. «Le rapport de un pour treize encore, je trouve que ce n'est pas assez. Il va falloir à un moment donné [le modifier] parce que les préposés sont essoufflés. C'est beau de dire qu'il y a deux personnes qui peuvent être là tout le temps, mais c'est des cas très lourds qui en ont vraiment besoin», mentionne-t-elle.

    Elle prédit que des changements dans le ratio proviendront plutôt du ministère de la Santé et des services sociaux qui déposera, quant à lui, son rapport lundi prochain.

    DES RECOMMANDATIONS «ÉVIDENTES»

    Ginette Lapointe, directrice générale de la FADOQ-Mauricie, s'est dite «bouleversée» par la lecture du rapport déposé hier. Elle déplore que ces changements ne viennent qu'après un événement comme celui-là.

    «Nous ne comprenons pas que ça prend un événement comme celui du 14 juillet pour réaliser que l'horaire de repas du personnel n'était pas adéquat», soutient-elle. «Et fallait-il un tel événement pour que les gestionnaires en place fassent le constat de négligence dans l'entretien normal des lieux et des équipements au Centre d'hébergement Cooke? Une chose que le commun des mortels peut rapidement s'apercevoir lors d'une simple visite», ajoute-t-elle.

    Même si elle perçoit la bonne volonté des dirigeants, elle constate qu'ils ont un peu raté leur cible. «Quand on lit le rapport en long et en large, oui, ils vont faire des corrections, mais je pense que c'est beaucoup plus profond que ça», estime-t-elle.

    «Le sentiment qui nous habite est de trouver désolant qu'un tel événement donne une liste de recommandations aussi évidente».

  • 12-08-2015 Élections 2015 : les enjeux de l’assurance médicaments et de l’aide médicale à mourir

    Alain Vadeboncoeur, L’actualité

    Un régime universel d’assurance médicaments, c’est pour bientôt ? Et qu’en est-il du projet de légiférer l’aide médicale à mourir ? Billet du Dr Alain Vadeboncœur sur les principaux enjeux en santé durant la campagne électorale.

    Les Canadiens paient leurs médicaments très cher, ce qui contribue d’ailleurs aux difficultés du pays à financer les autres soins. La croissance de ces coûts est passée d’environ 6 % des dépenses totales en santé dans les années 1970 à environ 18 % récemment — une hausse majeure et bien plus forte que celle qu’on observe dans la plupart des pays comparables.

    Pourtant, comme le rappelait le chercheur Marc-André Gagnon : «Dans l’OCDE, le Canada est le seul pays avec un régime d’assurance maladie qui n’inclut pas les médicaments, bien qu’ils fassent partie des services essentiels à un service de santé. Au Canada, l’assurance médicaments est considérée comme un privilège offert par un employeur à ses employés. Il y a juste en Amérique du Nord où on n’offre pas un régime pour tous.»

    Même si, au Québec, tous les citoyens sont couverts depuis 1997 par un régime d’assurance médicaments, la hausse des coûts n’a pu être contenue, notamment en raison de la complexité du système et de son caractère mixte (public-privé), ce qui empêche une instance centrale de négocier adéquatement les prix et d’établir des politiques plus efficaces d’utilisation rationnelle des médicaments.

    D’après l’Union des consommateurs et beaucoup d’experts, l’absence de régime d’assurance intégré ou son caractère mixte, public-privé (comme au Québec), a un lien avec la hausse majeure des coûts constatée chez nous. En comparaison, plusieurs pays — comme la France, le Royaume-Uni, la Suède, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — observent des prix de 24 % à 48 % plus bas qu’au Québec pour les médicaments, et une croissance annuelle des coûts de deux à trois fois inférieure à la nôtre. De plus, près de 10 % des ordonnances des Canadiens ne sont pas suivies pour des raisons d’argent.

    Enjeu no 4 : l’assurance médicaments pour bientôt ?

    L’idée d’instaurer un régime d’assurance médicaments fait son chemin en ce moment, sous le leadership du ministre de la Santé ontarien, afin de mieux contrôler les coûts et d’assurer l’accès de tous aux médicaments requis — un sujet récemment abordé au Conseil de la fédération.

    Par ailleurs, un rapport publié en juillet 2015, intitulé The Future of Drug Coverage in Canada (PDF) et signé par plus de 100 experts canadiens de la question, pourrait orienter les discussions visant à établir pour 2020 un système d’assurance publique comparable à celui qu’on trouve dans beaucoup d’autres pays. Le rapport présente une vision claire d’un régime universel d’assurance médicaments, basé sur la science et viable financièrement.

    Fait intéressant : la mise en place d’un tel système d’assurance médicaments reçoit l’appui d’une majorité de Canadiens, comme le montrent les résultats d’un récent sondage Angus Reid.

    Le Québec pourrait adopter (ou non) une telle approche, qui devait suivre la première étape d’une assurance mixte, selon le ministre de la Santé de l’époque, Jean Rochon, mais qui n’a jamais abouti. En ce moment, il n’y a que Québec solidaire qui prône cette idée, avec son projet Pharma-Québec.

    Reste à voir quels partis fédéraux suivraient la population en ce qui a trait à cet enjeu. Le Nouveau Parti démocratique (NPD), pour sa part, semble nettement favoriser l’option d’un régime public d’assurance médicaments.

    «Accès inadéquat aux médicaments essentiels : bonifier la couverture publique des médicaments. Nous devons bonifier et maintenir la couverture publique des médicaments afin que chaque citoyen puisse obtenir les médicaments d’ordonnance dont il a besoin. Et aussi divulguer les pénuries (proposition du NPD, adoptée) et mieux contrôler les coûts.»

    Je n’ai pas trouvé de position claire du Parti libéral du Canada (PLC) sur le sujet, mais selon mes informations, le parti envisage de prendre position pour un régime d’assurance médicaments, probablement mixte (public-privé), comme celui du Québec, bien que la formation ait aussi évoqué l’idée d’un régime purement public. Il sera intéressant de voir la position finale.

    L’aide médicale à mourir s’en vient !

    En février dernier, un jugement fort attendu de la Cour suprême a établi que le gouvernement fédéral devait légiférer pour rendre possible l’aide médicale à mourir, un changement fondamental de l’approche des soins de fin de vie.

    Il devrait y avoir un sentiment d’urgence, puisque la Cour suprême a donné un an au gouvernement pour légiférer. Il ne reste donc… que six mois !

    Il faut souligner que la population est en accord avec les principes énoncés dans le jugement de la Cour, qui se rapproche de très près des réflexions menées au Québec depuis cinq ans et qui ont abouti à l’adoption, par-delà toute partisanerie, d’un projet de loi avant-gardiste et relativement consensuel sur le sujet.

    Or, le gouvernement Harper, pris de cours (il défendait le point contraire en cour et a donc perdu), semblehésiter quant à sa réponse à donner à ce jugement fort et unanime. Un jugement qui change fondamentalement — et de manière irréversible — la donne sur cette question.

    Le changement de position requis est d’autant plus difficile que le gouvernement souhaitait maintenir dans le registre criminel tout geste médical comportant une forme d’aide médicale à mourir.

    Le gouvernement a finalement agi… et mis en place un comité (d’abord proposé par le PLC). Ce comité a immédiatement été critiqué pour sa composition, puisque deux de ses trois membres ont témoigné en faveur du gouvernement en cour. De manière troublante, celui-ci s’en est dissocié presque aussitôt, refusant d’être lié à ces conclusions.

    Bien évidemment, la donne est complexe pour le Parti conservateur, dont une partie de la base est associée à des groupes religieux qui militent activement contre l’idée de l’aide médicale à mourir.

    Il sera donc intéressant de voir les positions et les visées de chaque parti concernant ce sujet délicat, propre à ouvrir un clivage entre formations politiques et partisans. Le PLC, le NPD, le Bloc et même le Parti vert semblent plutôt en accord sur la question, dans le sens de la position de la Cour suprême.

    Le PLC semble favorable à légiférer, comme l’a mentionné le député libéral Marc Garneau, qui dit croire que les conservateurs ne veulent pas traiter de ce sujet avant le scrutin : «J’ai l’impression que le gouvernement n’est pas content du jugement.»

    Le NPD semble également en accord :

    «Selon la porte-parole néo-démocrate en matière de justice, Françoise Boivin, les troupes de Stephen Harper sont trop occupées par leur “agenda sur le terrorisme” pour en faire une priorité. Saluant la décision “éclairée” du plus haut tribunal au pays, la députée estime qu’“il ne faut pas faire comme les conservateurs puis se mettre la tête dans le sable”.»

    Le Bloc appuie évidemment le jugement de la Cour suprême : dès 2005, il a présenté un projet avant-gardiste en ce sens, déposé par feu la députée Francine Lalonde. Les députés verts sont également d’accord. C’est un autre enjeu, fort important mais délicat, à propos duquel il serait intéressant d’entendre les partis et les candidats.

    * * *

    Voilà qui met fin à cette série de trois textes portant sur cinq enjeux importants pour la présente élection fédérale : la volonté de respecter les cinq principes fondateurs des systèmes de santé au Canada ; le financement privé ; le maintien du financement fédéral ; l’instauration d’une assurance médicaments ; et la réponse au récent jugement de la Cour suprême sur l’aide médicale à mourir.

    Reste à voir si les partis aborderont ces sujets, dont certains sont plutôt épineux. Sinon, c’est à nous de poser les bonnes questions et d’obtenir les réponses requises. Il semble que nous ayons plusieurs semaines devant nous pour y arriver. Sur ce, bonne campagne !

  • 12-08-2015 Fini, le règne du condo à Montréal

    MAXIME BERGERON, La Presse

    La folie du condo montre de sérieux signes d'essoufflement à Montréal. Le nombre de mises en chantier a reculé de 46% depuis le début de l'année, et pour la première fois en un quart de siècle, il s'est construit davantage de logements locatifs que de copropriétés dans la région métropolitaine.

    Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), 3335 condos ont été mis en chantier de janvier à juillet, contre 3504 appartements de location. Pendant la même période l'an dernier, on comptait plutôt 6147 condos et 1922 logements locatifs, un revirement de tendance majeur.

    «Les années 1989 à 1992 ont été les dernières années où on avait plus de locatifs que de condos à Montréal, a expliqué hier David L'Heureux, chef analyste à la SCHL. Depuis ce temps-là, on a toujours eu plus de condos que d'appartements [locatifs] chaque année.»

    La multiplication des projets locatifs témoigne de l'appétit renouvelé des consommateurs pour des appartements neufs. Le groupe Canvar a notamment lancé deux tours d'une quarantaine d'étages au centre-ville - qui comprennent aussi un volet hôtelier -, tandis que Devimco a amorcé la construction d'un complexe locatif dans Griffintown.

    Une bonne partie de la hausse observée est toutefois imputable aux résidences pour personnes âgées. Ce segment représente presque 2000 logements locatifs sur les 3504 mis en chantier depuis le début de l'année dans le Grand Montréal.

    Frénésie

    L'engouement des promoteurs de résidences est indéniable. Réseau Sélection, par exemple, érige ces jours-ci dans Rosemont un complexe de 250 millions de dollars, le plus important du genre au Québec, où 1000 appartements seront réservés aux aînés. Le groupe lavallois compte de nombreux autres projets en chantier ou sur la table à dessin.

    «Avec près de 1300 logements en chantier dans le Grand Montréal et plus de 2100 au Québec, nous sommes fidèles à notre plan de développement adopté en 2013, soit la construction de 30 nouveaux complexes immobiliers pour retraités d'ici 2019, totalisant des investissements de près de 2 milliards de dollars», a souligné Gaétan Cormier, vice-président exécutif, Développement chez Réseau Sélection.

    Les promoteurs se montrent-ils trop enthousiastes? Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins, semble croire que oui. «Ça m'étonne à ce stade-ci, puisque le marché des résidences pour personnes âgées est encore saturé à certains endroits.»

    En revanche, Hélène Bégin juge salutaire la baisse de 46% du nombre de condos observée depuis le début de l'année à Montréal. Ce recul permettra un certain rééquilibrage du marché, où l'offre de copropriétés demeure très abondante et les délais de vente, parfois très longs.

    Selon les données publiées hier par la SCHL, le nombre mensuel de mises en chantier désaisonnalisé et annualisé - qui correspond grosso modo au rythme d'activité sur un an, tous types de propriétés confondus - s'est élevé à 25 744 en juillet dans le Grand Montréal, contre 25 182 le mois précédent.

    Les données réelles, soit le nombre de constructions entamées, a atteint 2219 le mois dernier dans la région métropolitaine, contre 1762 en juillet 2014. La SCHL explique cette hausse par la forte construction de résidences pour personnes âgées.

  • 12-08-2015 PAUVRE SANTÉ

    ARIANE KROL, LA PRESSE

    Plus un individu est touché par la faim, plus il coûte cher au système de santé

    Pauvreté et maladie, on le sait, sont étroitement liées : la lutte pour joindre les deux bouts s’accompagne souvent d’ennuis de santé. Ce problème, toutefois, va bien au-delà des ménages touchés. Il nous coûte très cher en fonds publics, montre une étude publiée hier dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

    « L’insécurité alimentaire d’un ménage est un solide indicateur de l’utilisation et du coût des services de santé », souligne Valerie Tarasuk, auteure principale de l’article et professeure au département de sciences nutritionnelles à l’Université de Toronto.

    C’est la première fois que des chercheurs mettent un prix sur le phénomène. Pour ce faire, ils ont recoupé deux sources de données. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada a fourni le degré de sécurité alimentaire de quelque 67 000 Ontariens. Et l’Institute for Clinical Evaluative Sciences, qui recense toutes les interactions avec le système de santé ontarien, a permis de connaître les services utilisés – en préservant évidemment l’anonymat des sujets.

    Les résultats sont frappants. Plus un individu est touché par la faim, plus il coûte cher au système. Les Ontariens vivant une insécurité alimentaire dite marginale (choix de nourriture limités ou peur d’en manquer) ont coûté en moyenne 16 % de plus (235 $) que ceux n’ayant pas de soucis alimentaires. En insécurité modérée (qualité ou quantité de nourriture compromises), ils ont occasionné 32 % (455 $) plus de dépenses. Et dans les cas les plus graves (repas sautés ou journées entières sans manger), la note bondit de 76 % (1092 $).

    L’insécurité alimentaire est parfois la conséquence, et non la cause, de problèmes de santé, mais c’est loin d’être la norme. Seulement 16 % des Canadiens souffrant d’insécurité alimentaire vivent dans un foyer dont le budget repose sur l’aide sociale, et une partie seulement sont inaptes au travail. La majorité (62 %) sont des salariés ou des travailleurs autonomes.

    D’autres études ont fait ressortir les effets de l’insécurité alimentaire sur la santé des individus – asthme et dépression chez les jeunes, maladies chroniques, troubles de santé mentale et santé plus fragile chez les adultes, entre autres. Par contre, c’est la première fois qu’on mesure ce que la faim nous coûte collectivement.

    L’équation est lourde de conséquences pour les finances publiques. En particulier au Québec, où beaucoup de petits salariés sont couverts par le régime public d’assurance médicaments.

    Que faire ? Selon Mme Tarasuk, il faudrait augmenter suffisamment les revenus des particuliers pour les sortir de l’insécurité alimentaire, un peu comme le font la sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti pour les personnes âgées. Bref, une forme de revenu minimum garanti.

    Si l’équation est simple, elle n’est pas facile à défendre au point de vue politique. Dans l’immédiat, il vaudrait mieux miser sur des initiatives qui aident les gens à se sortir de la pauvreté. Mais si l’on veut que les sommes investies donnent des résultats, il faut répondre aux besoins réels des principaux intéressés, montre une expérience rapportée dans le New York Times en fin de semaine. La stratégie déployée à Houston a permis à des milliers d’immigrés d’acquérir des compétences concrètes avec lesquelles ils ont augmenté leurs revenus.

    Quand vient le temps d’équilibrer les budgets, les élus ont tendance à croire que toutes les compressions se valent. Mais couper dans des secteurs qui contribuent à réduire la pauvreté, comme l’éducation, est un très mauvais calcul. Comme on le voit en Ontario, c’est le système de santé qui ramasse les pots cassés.

  • 01-08-2015 La médecine familiale dans la spirale du privé

    Jessica Nadeau - Le Devoir

    Les défenseurs du système public ont une vision de la santé qui s’oppose diamétralement à celle des tenants du privé. Pourtant, aujourd’hui, ils s’entendent sur deux points majeurs concernant le futur du réseau de la santé québécois : les astres semblent parfaitement alignés pour que la médecine de famille se fasse principalement dans le privé, aux frais des patients, dans un horizon de cinq à dix ans. Et c’est le gouvernement qui les pousse dans cette direction.

    Les médecins sont plus nombreux que jamais cette année à se désaffilier de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) pour aller pratiquer au privé. Le mouvement touche même les résidents en médecine, devenus une clientèle cible pour les cliniques privées. Si certains n’y voient qu’un épisode passager lié à l’insatisfaction provoquée par les réformes du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ils sont de plus en plus nombreux à y voir une accélération d’un mouvement inexorable vers la fin du public en première ligne.

    « La population se fait encore berner parce qu’il n’y en aura plus, de système public en première ligne, dans cinq ans, soupire, exaspéré, François-Pierre Gladu, président de l’Association des jeunes médecins du Québec. Ça fait des années qu’on le dit, mais les journalistes et la population, vous ne le voyez pas. Il n’y en aura plus, de système public. »

    À quelques centaines de kilomètres de là, près de Québec, le Dr Marc Lacroix est tout sourire. Et pour cause. Les affaires vont bien pour le fondateur des Cliniques Lacroix. Et elles vont aller encore mieux dans quelques années. « Les prochaines années vont être extrêmement bonnes en matière d’occasions de croissance […]. Le vieillissement de la population et le départ à la retraite des médecins, ça va nous amener nécessairement beaucoup plus de patients orphelins. »

    La demande pour le privé est croissante et, en parallèle, le recrutement de personnel est plus facile, car les médecins ont de moins en moins de réticences à se désaffilier du réseau public pour se joindre au privé. Les tabous tombent, constate le Dr Lacroix.« C’est déjà beaucoup moins dramatique que ce ne l’était d’aller au privé, et ça va l’être encore moins, surtout si le gouvernement passe son projet de loi 20. Il y en a[des médecins] qui se gênaient encore [de quitter le public], mais ils ne se gêneront plus après ça. »

    Plan caché
    Pour le Dr Lacroix, ce n’est qu’une question de temps. Car il est convaincu que l’entente survenue entre le ministre Barrette et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) en mai dernier ne fait que repousser l’échéance à décembre 2017. Et ce jour-là, ça va être Noël pour les cliniques privées. « Cette loi-là, quand elle va passer, vous allez voir tout un revirement de situation, le privé va vraiment prendre une ampleur considérable. Je ne dis pas que ça va être 50 % du réseau, mais il va falloir certainement doubler le nombre de médecins qui vont être dans le privé, ça, c’est certain. »

    Et ce n’est que le début, estime le Dr Lacroix. « En première ligne, c’est écrit dans le ciel que dans dix ans, peut-être même cinq, la bonne majorité des médecins vont travailler au privé. »

    Il y voit un « plan non dit » du gouvernement pour réduire les dépenses associées au réseau de la santé. « Le gouvernement, ce qu’il voit dans ses cartons, c’est que toute la première ligne de pratique familiale, ça va devenir privé, un peu comme les dentistes à l’époque, qui sont devenus privés. Dans les années 1980, ils ont coupé, coupé et encore coupé. Et à un moment donné, tout ce qui était dentisterie est devenu privé. Ça a été la même chose il y a 15 ans avec la physiothérapie, ça se faisait dans les hôpitaux, et aujourd’hui, c’est rendu 100 % privé. »

    Vider le public
    Le mouvement est déjà bien entamé depuis une dizaine d’années, se désole le Dr François-Pierre Gladu, président de l’Association des jeunes médecins du Québec (AJMQ). Et tout indique qu’il va prendre de l’ampleur. « Ce qui nous fait penser que, dans un horizon de cinq à dix ans, il va y avoir un mouvement inexorable vers le privé, c’est que le mouvement s’accélère en ce moment. »

    Pour lui, le Québec se dirige tout droit vers un système de santé à l’américaine, en vidant tranquillement le réseau public de ses ressources, médecins et infirmières. « Il va toujours y avoir des médecins de famille au public, c’est juste qu’à un moment donné, la proportion va être tellement importante au privé que les ressources vont aller de moins en moins vers le public. »

    L’érosion graduelle du système : c’est encore la meilleure façon de faire accepter à la population de payer pour des services qu’elle paie déjà à travers ses impôts, notent plusieurs observateurs du milieu de la santé.

    Car c’est un cercle vicieux : plus les médecins vont dans le privé, moins nombreux ils sont dans le public pour donner des soins. Plus les listes d’attente allongent, plus les patients délaissent le public. Et plus les patients consultent dans le privé, plus le marché est invitant pour les médecins qui délaissent encore plus le réseau public.

    S’il souhaitait véritablement privatiser le système, le gouvernement ne s’y prendrait pas mieux. Il n’a d’ailleurs pas d’autre option, car il ne peut le faire ouvertement, note le Dr Gladu. « Si le gouvernement du Québec privatise la médecine familiale complètement et en toute transparence, il perd ses subventions du Canada [en vertu de la Loi canadienne sur la Santé]. Il ne peut pas faire ça. Ça se fait donc à petit feu, sans trop le dire, d’une manière très fermée, opaque, comme ça se fait depuis 15 ans. Et ce que nous disons, c’est que le mouvement va s’accélérer avec la présence du ministre Barrette et ses idées d’imposer des quotas, de mettre une limite de temps par patient, etc. »

    Les limites du public
    Il y a le projet de loi 20 qui est venu accélérer les choses, le laisser-aller politique, mais il ne faut pas oublier les coupes draconiennes imposées au système ces dernières années, fait remarquer la présidente de l’Association médicale du Québec (AMQ), la Dre Yun Jen. « On voit qu’on est arrivé aux limites de la capacité du système public à couvrir tout ce qui est demandé en services de santé. Donc, quand on parle de limite de capacité du système public, nécessairement, cela implique que le privé va prendre plus de place, si la tendance se maintient. »

    Selon l’AMQ, il faut « faire le ménage » et s’attaquer au surdiagnostic pour se concentrer sur ce qui est médicalement requis, ce qui permettrait d’économiser entre 18 et 39 % du budget. Sans quoi « la tendance va se maintenir », les coupes budgétaires vont continuer d’asphyxier la première ligne et on va « accentuer le phénomène de système à deux vitesses », dans lequel les plus nantis peuvent avoir accès à des services plus rapidement dans le privé.

    Elle voit clairement une volonté gouvernementale de délester les soins vers le privé.« C’est vraiment une conséquence des capacités limitées actuellement du système public à couvrir tous les services qui sont demandés. Donc on est à la recherche d’une solution facile. Et ce qui est facile, c’est de dire : on arrête de couvrir certains services, on coupe et on demande au secteur privé de couvrir le reste. »

    Frais accessoires
    Mais c’est la question des frais accessoires qui vient mettre le dernier clou au cercueil du régime public tel qu’on le connaît, observe la Dre Jen. En effet, le ministre de la Santé a annoncé récemment son intention d’ajouter un amendement dans le projet de loi 20 pour normaliser les frais accessoires facturés par les cliniques pour payer de l’équipement médical et autres nécessités dans les cabinets privés conventionnés.« Voilà un exemple parfait du fait que nous sommes en train d’accepter, ou de normaliser, un financement privé. Et ce qu’on déplore, c’est que ce changement, qui est fondamental, est en train de se faire sans qu’il y ait de débat public […]. C’est un peu dommage, parce qu’on est en train d’abdiquer, d’abandonner nos principes d’universalité. »

  • 31-07-2015 REEE: évitez de gruger ces précieuses économies!

    Nathalie Côté - Protégez-vous

    Votre progéniture a un régime enregistré d’épargne-études (REEE) bien garni ? Utilisez une bonne stratégie de décaissement afin d’éviter de gruger ces précieuses économies.

    Les sommes que vous avez investies dans un REEE ont crû à l’abri de l’impôt et ont donné droit à votre enfant à des subventions gouvernementales. Maintenant que votre jeune entreprend des études postsecondaires, comment retirer l’argent ? En tant que souscripteur du régime, vous serez responsable d’effectuer les retraits. Il en existe deux types :

    • Les paiements d’aide aux études (PAE) : Ils comprennent les subventions gouvernementales et les revenus générés dans le REEE. Ces sommes sont imposables pour l’étudiant au moment de produire sa déclaration de revenus.

    Le retrait maximal est de 5 000?$ pour les 13 premières semaines d’études (2 500?$ pour des études à temps partiel). Ensuite, il n’y a plus de limite, sauf si le jeune cesse d’étudier pendant un an. Dans ce cas, la limite sera imposée à nouveau, selon les mêmes conditions.

    Généralement, l’étudiant n’a pas à justifier ses dépenses auprès du fournisseur de REEE. « Mais il pourrait avoir à le faire si le retrait dépasse 20 000?$ par année », note Boyan Ivanov, planificateur financier à BMO.

    • Le capital : C’est le montant que vous avez cotisé dans le REEE. Il vous appartient. Les retraits sont sans limite et non imposables.

    Comment retirer ?
    Les experts que nous avons consultés recommandent généralement de retirer d’abord les PAE. Sinon, votre enfant pourrait perdre les sub­ventions inutilisées s’il abandonne ses études et que vous fermez le REEE, car elles devront être remises aux gouvernements. Quant aux revenus de placement inutilisés, ils deviendraient imposables pour le souscripteur s’il ne peut les transférer dans son REER parce qu’il y a déjà cotisé au maximum. Pour ce qui est du capital, il n’y a aucune urgence à le sortir si vous n’en avez pas besoin. Il continuera de croître dans le REEE.

    Combien retirer ?
    Le montant et la fréquence des retraits devraient tenir compte des besoins de l’étudiant et de ses revenus. « Si ses revenus dépassent 12 000?$ [incluant les PAE] annuellement, il devra payer de l’impôt », rappelle Gilles Simard, planificateur financier au Groupe Investors.

    Prenez aussi en considération l’impact fiscal (pour vous et votre enfant) que peuvent avoir certaines mesures, comme les déductions et crédits fiscaux pour les études, la contribution parentale reconnue et la prime au travail, précise André Boulais, associé chez Boulais CPA et chargé de cours en fiscalité à HEC Montréal. Par exemple, les PAE ont pour effet de réduire le montant pour la contribution parentale reconnue, un crédit d’impôt provincial. Au besoin, n’hésitez pas à contacter votre conseiller financier ou votre comptable. Soulignons au passage que les REEE n’ont pas d’impact sur le calcul des prêts et bourses au Québec. D’ailleurs, ces derniers ne font pas partie du revenu imposable de l’étudiant.

    Les conditions
    Certains fournisseurs de REEE collectifs peuvent exiger d’autres modalités de retrait. Par exemple, si votre enfant est inscrit dans un programme d’une durée de trois ans, le retrait maximal pourrait être d’un tiers des PAE par année. Selon le type de compte, des frais pour chaque montant décaissé peuvent aussi vous être facturés.

    Enfin, mentionnons que l’étudiant a jusqu’à six mois après la fin de ses études pour retirer des PAE. Le REEE peut rester ouvert jusqu’à 35 ans après sa création.

  • 28-07-2015 Les Québécois libres de dettes à 57 ans ?

    Agence QMI - Journal de Montréal

    Les Québécois estiment qu'ils auront fini de rembourser leurs dettes à l'âge de 57 ans en moyenne, soit une année de plus que l'ensemble des Canadiens, révèle un sondage mené pour le compte de la Banque CIBC.

    Cela dit, plus d'un Canadien sur cinq (21 %) croit qu'ils seront toujours endettés à l'âge de 65 ans. Dans les faits, ils sont beaucoup plus nombreux à être encore endettés à 65 ans. Plus de la moitié (56 %) des répondants de cette catégorie disent devoir encore rembourser des dettes, principalement sous la forme de dettes par cartes de crédit et marges de crédit. En moyenne, ce groupe de consommateurs ne s'attend pas à avoir remboursé ses dettes avant l'âge de 70 ans.

    Quant aux 25-34 ans, ils prévoient être libérés de leurs dettes avant d'avoir atteint 47 ans. Atteindre un tel objectif sera toutefois ardu, puisque 7 Canadiens sur 10 (68 %) de 45 ans et plus ont encore des dettes, parmi lesquels 31 % ont un prêt hypothécaire à rembourser.

    Le sondage a été mené en ligne au dé- but de juin auprès de 3013 adultes inscrits au Forum Angus Reid. La marge d'erreur est de 1,8 %,19 fois sur 20.

  • 27-07-2015 Soutenir son enfant après l'université: quel impact sur la retraite?

    Josiane Roulez

    Un récent sondage effectué par la firme de prêt Sallie Mae révèle que 68 % des étudiants universitaires prévoient compter sur le soutien financier de leurs parents une fois leur diplôme obtenu. Mais un tel soutien financier pourrait-il nuire à la retraite de leurs parents ?

    « Bien entendu ! », s’exclame spontanément Diane de Grandpré, planificatrice financière et conseillère autonome en sécurité financière. « Ce que l’on donne à un jeune adulte, on ne le met pas dans ses REER ! »

    Un choix émotif
    Le choix de soutenir un jeune adulte est bien souvent émotif. « Les parents me disent qu’ils ne peuvent pas s’en empêcher, et je les comprends ! », déclare Diane de Grandpré. « Ils ne veulent pas laisser leur enfant dans l’embarras, mais bien souvent, ils ne sont pas si riches eux-mêmes. »

    Les jeunes adultes ont de multiples raisons de s’appuyer sur leurs parents : endettement trop élevé, difficulté à trouver un premier emploi dans leur domaine, précarité de l’emploi, problèmes de santé physique ou psychologique, etc.

    Louise a longtemps soutenu ses trois enfants après la fin de leurs études… et elle le fait encore, bien qu’elle soit aujourd’hui à la retraite. Elle loue à rabais le sous-sol de sa maison à sa fille, qui traverse une dépression et est sans emploi, et héberge sa nièce, qui a dû quitter son appartement. Elle prête aussi de l’argent à son fils, qui démarre son entreprise.

    Une réalité plus difficile
    « Je ne peux pas laisser mes enfants dans le besoin. Mais je vois mes ressources qui diminuent. Mes coûts d’épicerie augmentent, je dépense plus. Les milliers de dollars que j’ai prêtés à mon fils entrepreneur ne fructifient pas dans un placement », s’inquiète Louise. « Je comprends, toutefois, que le monde du travail a changé. Quand je suis sortie de l’université, on m’a offert neuf postes dans la même semaine ! Je pensais que mes enfants auraient les mêmes possibilités, mais ce n’est pas du tout le cas. »

    En effet, le monde du travail n’est plus le même. Les emplois sont plus précaires, les travailleurs en changent plus souvent, les postes sont davantage contractuels, et les fonds de pension, quand ils existent, diminuent. « Les travailleurs vivent beaucoup plus de pression aujourd’hui. Les parents doivent s’attendre à voir leurs enfants traverser des périodes sans emploi et vivre plus de stress qu’à leur époque », souligne Diane de Grandpré.

    Mieux vaut prévenir…
    Lorsqu’un enfant adulte demande de l’aide, le danger est de voir un appui qui devait être ponctuel s’étirer en longueur ou les petites demandes se multiplier. Le parent doit donc être bien conscient de sa réalité financière et de ses besoins à long terme. « Une bonne planification financière apporte naturellement une vision claire du soutien qu’on peut réellement offrir. On est ensuite en mesure d’indiquer clairement à notre enfant pendant combien de temps on peut l’épauler ou jusqu’à concurrence de quel montant », affirme Diane de Grandpré.

    Les parents peuvent se préparer à soutenir leurs enfants en cotisant à un régime enregistré d’épargne-études (REEE) et les encourager à devenir autonomes. En apprenant tôt à épargner et à faire un budget, en acquérant des connaissances financières et rencontrant des spécialistes financiers, les enfants seront mieux outillés pour gérer leur argent.

    « Bien que ma fille soit au chômage, je veux qu’elle reste en contact avec la réalité. Je lui demande donc une contribution pour son loyer », affirme Louise.

    Car s’il est important de soutenir ses enfants dans les temps durs, il est aussi essentiel de leur apprendre à voler de leurs propres ailes.

  • 27-07-2015 L'espérance de vie en santé stagne

    Isabelle Maher - Journal de Montréal

    Il y a 40 ans, l'espérance de vie des Québécois était de 73 ans. Aujourd'hui, on vit presque 10 ans plus vieux et, dans certains cas, dans une forme physique qui défie le temps.

    Oui, on a repoussé l'âge du décès, mais pas l'espérance de vie en bonne santé, souligne Martin Brochu, spécialiste du vieillissement.

    «On ne dépasse pas le cap des 65-67 ans en santé, observe-t-il. Il y a deux tendances: des aînés en superforme et leur contraire, une population qui vieillit en étant de plus en plus sédentaire. On remarque même de plus en plus de gens âgés obèses», constate-t-il.

    Selon les données d'une étude scientifique, l'espérance de vie en bonne santé serait même en chute libre. «On vieillit plus, mais avec plus de problèmes de santé. Depuis 25 ans, on a perdu quatre ans de vie en bonne santé», affirme Mylène Aubertin-Leheubre, chercheuse à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

    STRESS ET POLLUANTS
    Trop de sédentarité, un accès trop facile à la nourriture, hausse du nombre de maladies chroniques, plus grande exposition au stress et aux polluants: les causes sont multiples, décrit la professeure de condition physique.

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les adultes et les jeunes seraient même moins en forme qu'il y a 30 ans, souligne Martin Brochu.

    «Il y a des données canadiennes qui démontrent qu'en moyenne l'état cardiorespiratoire, la force, la flexibilité sont moins bons, nous serions aussi plus gras qu'avant», explique le professeur de kinésiologie à l'Université de Sherbrooke.

  • 24-07-2015 De plus en plus de cas d'apnée du sommeil

    Radio-Canada

    L'apnée du sommeil fait de plus en plus de victimes au Canada et particulièrement dans les provinces atlantiques. L'Île-du-Prince-Édouard n'échappe pas à ce phénomène et plusieurs cliniques spécialisées viennent d'ailleurs d'ouvrir leurs portes dans la province.

    « L'apnée du sommeil, c'est des gens qui vont avoir un arrêt de la respiration pendant la nuit. C'est défini par un arrêt d'au moins dix secondes à plusieurs reprises pendant la nuit », explique l'inhalothérapeute Jean-Michel Ménard.

    Heureusement, la technologie a bien changé depuis quelques années. Un appareil respiratoire est utilisé pour permettre d'offrir tout l'oxygène nécessaire à une bonne nuit de sommeil.

    Allan Lapp utilise cette technologie la nuit. Avant, il s'endormait soudainement au volant tellement il était fatigué. Du côté de Chery Hoy, c'est après un infarctus qu'elle a décidé de passer un test pour l'apnée du sommeil. Elle utilise une machine depuis deux semaines et elle dit que sa vie est depuis transformée.

    Certains cas sont plus graves que d'autres. Une des patientes de l'inhalothérapeute Jean-Michel Ménard arrête de respirer durant son sommeil, pendant parfois plus de 90 secondes.

    L'obésité serait une cause
    Avec l'augmentation du nombre de personnes obèses, l'apnée du sommeil connaît une hausse fulgurante depuis les dernières années.

    « Si on regarde au niveau du vieillissement de la population qui est un facteur de risque, au niveau du diabète, au niveau de l'obésité, ce sont toutes des choses qui sont en augmentation d'un côté planétaire. Donc, c'est sûr que l'apnée du sommeil étant reliée à ces problèmes-là, donc on va voir une augmentation aussi », explique-t-il.

    Selon Jean-Michel Ménard, le problème c'est qu'on ne traite que la pointe de l'iceberg. « Statistique Canada a démontré à travers les années que le taux d'obésité le plus élevé au Canada est dans les provinces atlantiques, donc c'est sûr qu'il y a une corrélation avec l'apnée du sommeil. »

    On estime que 24 % des hommes et 9 % des femmes de 30 à 60 ans présentent des troubles respiratoires du sommeil. Une personne sur dix en aurait des symptômes, alors qu'une personne sur cinq souffrirait d'apnée légère.

  • 23-07-2015 Aide à mourir: Ottawa n’écoutera pas nécessairement son comité

    Kristy Kirkup - La Presse canadienne

    Le gouvernement conservateur ne se laissera pas dicter sa ligne de conduite sur l’aide médicale à mourir par le comité externe qu’il vient de mettre sur pied pour mener des consultations et le conseiller, a prévenu mercredi le ministre fédéral de la Justice.

    Peter MacKay répondait ainsi à ceux qui se sont immédiatement inquiétés de la composition « partiale » de ce comité, mis sur pied vendredi par les ministres de la Justice et de la Santé pour aider le gouvernement à se conformer à l’arrêt de la Cour suprême qui invalidait, il y a cinq mois, les dispositions actuelles du Code criminel interdisant le recours à l’aide médicale à mourir.

    Le plus haut tribunal du pays laissait alors un an au gouvernement — jusqu’en février 2016 — pour modifier en conséquence la loi afin de reconnaître le droit à une aide médicale à mourir pour tout adulte pleinement conscient qui est aux prises avec des problèmes de santé graves et irrémédiables lui causant des souffrances persistantes et intolérables.

    L’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique a critiqué dès vendredi dernier le fait que deux des trois membres de ce comité avaient témoigné pour le gouvernement fédéral, devant la Cour suprême, contre la pratique de l’aide à mourir.

    Le ministre MacKay a cependant soutenu mercredi, à Halifax, que le comité entendra un « large éventail » de points de vue avant de formuler ses recommandations, et que ce sera ensuite au pouvoir exécutif de prendre au final les « décisions importantes »,afin de combler ce qu’il a qualifié de « tout un vide juridique » créé par l’arrêt de la Cour suprême.

    Le comité externe est présidé par le professeur en psychiatrie Harvey Max Chochinov, de l’Université du Manitoba, qui est aussi directeur de l’unité de recherche en soins palliatifs à Action cancer Manitoba. Il sera épaulé par le constitutionnaliste Benoît Pelletier, professeur de droit à l’Université d’Ottawa et ancien ministre libéral québécois, et par Catherine Frazee, ancienne codirectrice de l’Institut pour la recherche et l’éducation sur l’invalidité de l’Université Ryerson de Toronto.

    Or, M. Chochinov et Mme Frazee avaient défendu la loi actuelle devant la Cour suprême. Le comité devra mener des consultations auprès d’autorités médicales et d’intervenants, et réaliser une consultation en ligne auprès des Canadiens. Il doit remettre son rapport final « au plus tard à la fin de l’automne 2015 » — donc après les élections générales du 19 octobre.

    « Quel que soit le ministre de la Justice ou de la Santé [alors en poste], ou quel que soit le gouvernement en place, n’oublions pas qu’à la fin de tout ce processus [de consultations], il ne s’agira que de recommandations », a précisé M. MacKay, mercredi.

    Le ministre, qui ne briguera pas un nouveau mandat en octobre prochain, a par ailleurs admis que la décision de la Cour suprême l’avait personnellement ébranlé. « Lorsque la Cour invalide deux sections du Code [criminel], ça ouvre la porte à une interprétation assez large — et, à mon avis, troublante, a-t-il dit. Troublante, parce que ce débat touche à des convictions profondes, à toute une gamme d’enjeux, qu’ils soient d’ordre religieux, judiciaire ou médical, touchant des personnes invalides — des enjeux qui sont très importants aux yeux des Canadiens. »

    Le ministre MacKay juge par ailleurs irréaliste la date butoir de février 2016 fixée par la Cour suprême pour que le gouvernement modifie sa loi, d’autant plus que le Parlement sera bientôt dissous pour la tenue du scrutin du 19 octobre.

    « J’estime que pour un sujet aussi grave, qui entraînera des conséquences aussi sérieuses, un gouvernement, un futur gouvernement, un futur ministre devraient pouvoir prendre le temps de bien faire les choses. C’est là mon opinion personnelle ».