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  • 26-06-2015 Des CHSLD accros aux pilules

    MYLÈNE MOISAN, Le Soleil

    (Québec) Lorsque Philippe Voyer a envoyé à une revue scientifique son étude sur la consommation de médicaments chez les personnes âgées atteintes de démence au Québec, les vérificateurs l'ont appelé, sceptiques.

    - Vous êtes certain de vos chiffres?

    Il était certain, il avait vérifié et revérifié. «Aux États-Unis, entre 14 % et 22 % de ces personnes consomment des antipsychotiques. Au Québec, c'est entre 30 % et 50 %, et ça peut aller jusqu'à 56 % à 60 % dans certains groupes.»

    Philippe Voyer enseigne à l'Université Laval en soins infirmiers, il concentre ses recherches sur l'épineuse question de la médication chez les personnes âgées, entre autres celles hébergées en CHSLD. «Il semble que le Québec soit dû pour une psychanalyse», suggère le chercheur.

    Ou pour une cure de désintoxication.

    C'est aussi l'avis du psychiatre Jacques Potvin, spécialisé en gériatrie, qui soigne depuis plus de 30 ans la clientèle que l'on trouve dans les CHSLD, essentiellement des personnes atteintes de troubles cognitifs. M. Potvin vient de publier à son compte un livre inspiré de ses années de pratique, Démence en CHSLD : et si un jour, ça me concernait?

    M. Potvin se questionne ouvertement sur la pertinence des traitements prescrits en CHSLD. «Je ne dis pas qu'il ne faut pas en prescrire, ils sont parfois utiles, à petites doses, pour de courtes périodes, avec un suivi adéquat. Mais il est essentiel de se demander : est-ce que les antipsychotiques qui sont prescrits ont les effets recherchés?»

    Les effets recherchés, essentiellement, sont souvent de contrôler l'agitation des personnes âgées et des comportements dérangeants. Pour y arriver, les médecins disposent d'une impressionnante pharmacopée, incluant aussi des antidépresseurs, des anxiolytiques et des anticonvulsifs.

    En 2009, le Conseil du médicament du Québec estimait que jusqu'à 75 % des personnes âgées en résidences consommaient des benzodiazépines, une grande famille de médicaments comprenant, entre autres, le Xanax et le Valium. La plupart de ces molécules provoquent une grande dépendance.

    Et pas seulement aux patients.

    Le système est aussi accro à ces pilules qui sont bien commodes pour gérer les sautes d'humeur, l'agitation, l'errance nocturne et les comportements agressifs. M. Voyer le constate lorsqu'il se rend dans un CHSLD - il en visite beaucoup dans le cadre de son travail -, les médicaments pallient trop souvent l'organisation déficiente du travail et l'essoufflement du personnel.

    M. Voyer se rend à l'étranger pour voir ce qu'on y fait et invite aussi des gens d'ailleurs à venir observer notre système. «Récemment, des gens de la Suisse sont venus, ils étaient abasourdis par ce qu'ils ont vu, par le manque de personnel. Le ratio pour les préposés est deux fois plus élevé là-bas, et plus de trois fois pour les infirmières.»

    D'où une routine extrêmement rigide, qui laisse bien peu de place aux imprévus et aux besoins des gens.

    «Les conditions de pratique du personnel qui travaille sur le plancher sont assez intenses. Ce ne sont pas ces gens-là qu'il faut blâmer. Pour endurer ce qu'ils endurent, il faut des gens d'exception. Le problème en est un de financement et d'organisation. Et, pour corriger cette approche, on donne des médicaments.»

    On a remplacé la contention physique par la contention chimique.

    Il y a une solution pour diminuer le nombre de médicaments, elle est connue et simple : le contact humain. «Les médicaments ne sont pas si efficaces que ça, on calcule à environ 20 % le taux d'efficacité. Par contre, quand on coache le personnel infirmier, qu'on donne une formation adéquate pour les troubles cognitifs, on diminue de 57 % le taux d'agressivité.» Une formule gagnant-gagnant.

    En théorie, c'est l'approche qui est prônée par le gouvernement, comme en témoigne un guide pratique rédigé à l'attention des intervenants qui doivent composer avec l'agitation verbale et psychomotrice. On indique qu'il faut d'abord «décoder le message caché derrière le comportement manifesté.»

    On écrit aussi que «l'approche pharmacologique devrait être réservée aux situations où la détresse du patient et le risque pour le patient ou l'entourage sont élevés».

    On suggère des choses simples avant d'en arriver aux pilules. Se nommer, appeler la personne par son nom, distraire la personne, faire jouer de la musique que la personne aime, lui procurer un objet doux qu'elle peut serrer dans les bras ou, encore, c'est le gouvernement qui le dit, de l'aromathérapie avec huile de lavande ou de mélisse.

    Ce ne sont pas ces odeurs qui flottent le plus souvent dans l'air de certains CHSLD.

    Bien qu'il «achève bientôt sa 87e année» de vie, Jacques Potvin continue à travailler à temps partiel dans les CHSLD. Il applique la formule qu'il explique dans son bouquin, remplacer les pilules par l'empathie. «En CHSLD, il est important de savoir qui le patient était avant d'arriver là. Si cette une dame qui a toujours été très pudique, et qu'elle se retrouve flambant nue devant un homme qu'elle ne reconnaît pas, il se peut qu'elle ait le réflexe de le repousser...»

    Chaque fois qu'il voit un patient, M. Potvin s'attaque à sa liste de médicaments. «Pour chaque médicament, je me demande à quoi ça sert. Pour les malades grabataires, je diminue en moyenne de 44 %, pour ceux qui sont déments, 20 %, et, pour les autres, 22 %. Si vous saviez le nombre de fois que j'entends "ne touchez pas à ça"...»

    M. Potvin souhaite que les gestionnaires «soient prêts à envisager de trouver des solutions plutôt que de trouver un refuge dans les procédures. Mais ce n'est pas facile, ils ont un harnais, ils se font tirer dessus. Le système que l'on a, en théorie, est excellent. Mais, pour qu'il fonctionne, il faut plus de soins. Et moins de médicaments.»

    On peut faire d'une pierre deux coups. M. Potvin a identifié cinq médicaments qui sont prescrits dans les CHSLD à titre préventif, comme l'aspirine, les statines, la vitamine D et B12 et le pantoloc. À un coût unitaire moyen de 5 ¢ par pilule, en retirant un seul de ces médicaments par jour à chacune des 40 000 personnes vivant en CHSLD, cela permettrait une économie annuelle de 730 000 $.

    C'est juste une idée comme ça.

  • 22-06-2015 Hangar pour hommes esseulés

    MATHIEU PERREAULT, La Presse

    Un nouveau concept venu d'Australie fait son apparition au Canada: le « Men's Shed », le hangar pour hommes, un groupe de soutien communautaire visant les hommes, particulièrement les hommes âgés, qui ne sont pas à l'aise avec les discussions en rond dans les groupes de soutien communautaire habituels.

    «Les usagers peuvent vaquer à de petits travaux horticoles ou de menuiserie », explique John Oliffe, professeur de l'école de sciences infirmières de l'Université de Colombie-Britannique, qui a reçu du financement de la fondation Movember pour faciliter la création de hangars pour hommes au Canada. «L'objectif est de réduire l'isolement des hommes et de les mettre en contact avec des intervenants qui peuvent détecter des problèmes de santé ou psychologiques avant qu'ils ne dégénèrent. Les femmes sont généralement plus sensibles à la dépression que les hommes, mais les proportions s'inversent à la retraite, parce que les femmes trouvent plus facilement le moyen de garder des contacts sociaux. Il y a aussi un volet thérapeutique en soi: les hommes, particulièrement les retraités, aiment se sentir utiles en faisant des petits travaux, de la menuiserie. Compléter une tâche manuelle est une stratégie masculine pour réduire le stress. »

    Le mouvement Men's Shed est apparu dans des régions rurales du sud de l'Australie il y a 20 ans, à l'occasion d'une crise économique. Il y avait beaucoup de vétérans du Viêtnam dans la région », explique Barry Golding, de l'Université de la Fédération à Ballarat, à l'ouest de Melbourne, qui a été l'un des premiers chercheurs à s'intéresser au phénomène.

    «Ils avaient l'habitude de se rencontrer dans des hangars de jardin pour garder contact. Il faut dire que l'établi dans le hangar du jardin est une tradition en Australie. Un livre de photos sur le sujet a suscité beaucoup d'intérêt en 1995. Ça a attiré l'intérêt des médecins en gériatrie, qui se demandaient comment aider les hommes, qui traditionnellement n'aiment pas beaucoup les groupes de discussion. Le premier Men's Shed a ouvert ses portes à Tongala en 1998 et à partir de 2005, le concept a fait partie de l'approche officielle du ministère de la Santé. Il y a maintenant 1400 hangars pour hommes dans le monde, dont 30% ailleurs qu'en Australie.»

    Le concept a été particulièrement populaire en Irlande, à la faveur de la crise économique à partir de 2009, selon Corey Mackenzie, chercheur en gériatrie à l'Université du Manitoba. «En Australie, ce sont davantage des retraités et en Irlande, plus des chômeurs, dit M. Mackenzie. Mais une déclinaison du concept a aussi été proposée pour venir en aide aux jeunes décrocheurs, particulièrement ceux qui n'ont pas connu leur père. On les apparie avec des hommes plus âgés pour apprendre à faire des petits travaux.»

    L'un des freins au Canada est la question des assurances, selon M. Oliffe, de l'Université de Colombie-Britannique. « Ça peut paraître trivial, mais on parle d'outils avec lesquels on peut se blesser. En Australie, l'association nationale des Men's Sheds fournit des assurances automatiquement. Mais ici, les modalités des assurances sont différentes pour chaque province. Nous travaillons à régler le problème. »

    L'approche a connu des critiques. « Certains nous reprochent de perpétuer le stéréotype des hommes qui sont seulement manuels et n'ont pas d'habiletés sociales », explique Dominic Bizot, un professeur de travail social de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) qui travaille à un hangar pour hommes itinérant. « On peut en débattre. Mais il est certain qu'avec les hommes plus âgés, il est plus difficile de changer les habitudes sociales.»

    AU QUÉBEC AUSSI

    Au moins quatre projets basés sur le concept australien de «Men's Shed» ont vu le jour ces dernières années au Québec. A Montréal, le conjoint de la fondatrice de l'atelier d'artistes communautaire La Ruche, dans Saint-Henri, lance cet été un volet « masculin » qui visera à faire les travaux de menuiserie nécessaires au bon fonctionnement de La Ruche, par exemple la fabrication des cadres en bois ou de menus travaux, comme la construction d'une table à pique-nique. A Rivière-du-Loup, un projet a été annoncé l'an dernier, qui devrait ouvrir ses portes cet été dans une maison de jeunes, avec du financement du Programme Nouveaux horizons pour les aînés du gouvernement fédéral. L'automne prochain, à Saguenay, Dominic Bizot, de I'UQAC, lancera le projet itinérant «Homme Atout », qui consiste en deux conteneurs, dont l'un abrite un établi pouvant accueillir cinq hommes, qui seront installés deux semaines à la fois à divers endroits de la région. Le projet de I'UQAC est financé par la fondation Movember. Enfin, à Baie-Comeau, une maison d'hébergement père-fils a ouvert un établi pour ses pensionnaires inspiré de Men's Shed.

  • 22-06-2015 L'inventeur de la retraite était... fou

    Isabelle Maher, Journal de Montréal

    On appelait «Charles le fou» ce roi de France, parce qu'il était sujet à de nombreuses crises de folie. Peut-être «fou», mais pas bête. Le 7 janvier 1407, ce roi ordonna que l'on verse une pension à ceux qui l'avaient «bien et longuement servi». Charles VI venait d'inventer la retraite.

    Beaucoup plus tard, en 1883, c'est l'Allemagne d'Otto von Bismarck qui a créé le premier système obligatoire de retraite, financé par des cotisations ouvrières et patronales, pour que les travailleurs puissent quitter le marché du travail à l'âge de 70 ans.

    Chez nous, en 1850, un Québécois de 40 ans était en fin de vie. Il devait travailler jusqu'à la fin de ses jours et, si sa santé ne le lui permettait pas, c'était sa famille qui le prenait en charge.

    Les balbutiements de la retraite sont apparus au Canada en 1887 avec la Loi sur les sociétés de caisse de retraite.

    Au début des années 1900, les seuls à avoir accès à un régime de retraite de leur employeur étaient les employés des compagnies de chemin de fer, de certaines banques et du gouvernement fédéral.

    PLUSIEURS SONT EXCLUS

    Ce n'est qu'en 1927 que fut adoptée la première Loi des pensions de vieillesse. Seuls les sujets britanniques âgés de 70 ans et plus qui vivaient au Canada depuis 20 ans et dont le revenu annuel était inférieur à 365 $ avaient droit à 240$ par année. Les Indiens n'avaient pas accès à ces pensions.

    En 1948, l'âge normal de la retraite était de 70 ans et les employés de compagnie avaient droit à des régimes complémentaires de retraite.

    En 1952, la Loi sur la sécurité de la vieillesse remplace la loi de 1927 établissant une pension financée par le fédéral.

    Le Régime de pensions du Canada et son pendant québécois, le Régime de rentes du Québec, entrent en vigueur en 1966. On oblige alors tous les travailleurs et leurs employeurs à contribuer à un régime public de retraite.

    SOURCE: DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES CANADA

  • 17-06-2015 Départs à la retraite: un transfert d'expertise trop rare

    ANNE GAIGNAIRE, La Presse

    Malgré les prévisions de départs massifs à la retraite des travailleurs québécois dans les prochaines années, plusieurs entreprises sont peu soucieuses de préparer la transition et de sauvegarder leur expertise. Les meilleures pratiques le recommandent pourtant.

    Danielle*, 60 ans, qui a fait toute sa carrière dans une grande entreprise de Montréal, a accepté un départ à la retraite anticipée. Laurent*, la trentaine, venu d'un autre département pour la remplacer, n'a eu que quelques jours avec elle pour assimiler ses nouvelles tâches et absorber une quantité d'informations importante.

    Leur expérience ne semble pas être une exception. « Généralement, peu de transfert se fait entre le remplaçant et la personne qui part à la retraite », observe Maxime Chouinard, conseiller en développement organisationnel à HDO (Hainse développement organisationnel).

    La tendance est aux courtes périodes de transition, quand il y en a, et elle n'est pas prête de s'inverser. « Dans une étude mondiale effectuée par notre cabinet, indique Francine Tremblay, vice-présidente, rendement, rémunération et talent chez Aon Hewitt à Montréal, on s'aperçoit que les dirigeants sont tournés vers le futur et, parmi ce qui les préoccupe le moins, figurent : reporter la retraite des employés-clés (soit les inciter à rester plus longtemps en emploi), créer une organisation axée sur l'apprentissage, gérer le transfert de connaissance lors d'un départ à la retraite et retenir les talents-clés. »

    Fuite en avant

    Portés par le désir d'innovation, tournés vers l'avenir, les dirigeants sous-estiment le potentiel des aînés.

    « Le monde est aujourd'hui très compétitif. L'innovation et la créativité des entreprises font la différence sur les marchés. Si bien que les dirigeants veulent du sang neuf, des idées nouvelles ; ils ne veulent pas que le successeur reproduise tout ce que leur prédécesseur faisait », estime Francine Tremblay.

    Quant aux futurs retraités, les derniers mois avant leur départ, ils sont souvent pris dans la préparation de cette nouvelle étape très marquante de leur vie et peuvent donc être moins enclins à s'investir dans la transition.

    Ce serait pourtant souvent vécu comme une reconnaissance salutaire et cela leur permettrait de partir la tête haute, fiers du travail accompli.

    Il est tout de même difficile d'expliquer ce manque d'intérêt des dirigeants puisque la perte d'expertise peut nuire grandement à l'entreprise.

    « Le risque d'aliénation de l'organisation est réel : quand elle perd de l'expertise suite à des départs à la retraite, elle peut devenir moins efficace, moins compétitive. Le retraité peut partir avec ce qui faisait l'avantage concurrentiel de la société », prévient Maxime Chouinard, qui remarque d'ailleurs que parfois, les entreprises rappellent le retraité pour qu'il revienne à temps partiel quand l'équipe a du mal à prendre le relais.

    Car certains apprentissages ne peuvent pas se faire en formation ou à l'école, ils ne peuvent être que transmis, comme au temps du compagnonnage qui durait alors très longtemps avant que le jeune vole de ses propres ailes, rappelle Maxime Chouinard.

    Un meilleur partage de l'information

    Si les experts refusent d'avancer un délai de transition idéal tant les caractéristiques des postes et des personnes interfèrent, ils recommandent une organisation sans faille pour capter et sauvegarder l'expertise du futur retraité.

    « Il ne faut pas seulement élaborer des plans pour s'assurer qu'une relève sera là pour remplacer à temps le retraité, conseille Maxime Chouinard. Il faut aussi mettre en place un plan d'action pour anticiper l'impact du départ de cette personne, identifier ce qu'elle a de plus important à transférer, à qui il faudrait que cette expertise soit transmise, comment, etc. »

    Si cette exigence paraît peu comprise par les dirigeants, c'est qu'une partie de ce travail est faite de façon informelle et quasiment au quotidien puisque le partage des informations au sein de l'entreprise se fait plus qu'avant. La tendance est à la formation et à l'échange de connaissances entre pairs.

    Et puis, « un gestionnaire avisé devrait répartir les connaissances-clés dans toute l'équipe, affirme Francine Tremblay. Il devrait se demander quelles sont celles qui assurent la rentabilité et qui permettent à l'entreprise de se démarquer, qui les possèdent et que faire pour limiter le risque organisationnel de perte de ces informations ».

    Une perte qui peut arriver lors d'un départ à la retraite, mais aussi de façon plus brutale dans le cas d'un décès, d'une maladie, d'une démission ou de compressions.

    Il reste qu'un manque de transfert des connaissances ou une phase de transition trop courte fait prendre le risque à l'entreprise de laisser partir de l'expertise stratégique. De plus, cela exerce une pression et un stress sur le remplaçant du futur retraité et, par ricochet, sur l'équipe, ce qui n'est pas un bon départ et loin d'être une bonne pratique.

    « Avec l'accroissement prévu de la vague des départs à la retraite des baby-boomers, qui ont un peu retardé leur retraite suite à la crise de 2008, les entreprises se rendront peut-être compte de leurs lacunes dans le transfert d'expertise et rectifieront le tir », espère Maxime Chouinard.

  • 15-06-2015 La Société canadienne du sang veut faciliter les dons des personnes âgées

    La Presse Canadienne

    La Société canadienne du sang (SCS), qui organise les cliniques de dons de sang, prévoit faciliter les dons pour les donneurs plus âgés, en retirant quelques conditions d'admissibilité.

    L'organisation laissera notamment tomber une exigence voulant que tous les nouveaux donneurs âgés de 61 ans et plus remettent une lettre de leur médecin confirmant qu'ils sont assez en santé pour faire un don.

    Elle annulera aussi cette exigence pour les donneurs âgés de 67 à 71 ans qui ont fait un don dans les deux dernières années, et pour ceux de 71 ans et plus qui doivent présentement subir un examen médical à chaque année.

    Selon le vice-président des relations avec les donneurs, Mark Donnison, la société voulait prendre des mesures pour rendre le don de sang «plus pratique».

    Il y a environ 420 000 donneurs de sang au Canada. La SCS doit toutefois travailler sans relâche pour maintenir ce niveau, a affirmé M. Donnison. Environ 170 000 personnes par année cessent de participer aux collectes de sang, soit par obligation, soit par choix.

    Les donneurs plus âgés sont importants pour l'organisme car ils ont tendance à donner plus de sang. Le tiers des donneurs a plus de 50 ans, mais ce groupe produit 45 pour cent des dons, selon le docteur Mindy Goldman, directrice médicale des services aux donneurs et cliniques.

    «Nous avons maintenant pas mal d'expérience avec les donneurs plus âgés et nous voyons maintenant que nous n'avons pas besoin d'évaluation médicale supplémentaire pour ces donneurs», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

    Tous les donneurs potentiels se présentant en clinique répondent à des questions de routine sur leur état de santé, ce qui rend l'évaluation extérieure superflue.

    Les conditions d'admissibilité sont régulièrement revues, a indiqué Mark Donnison.

    «Nous avons des critères très sécuritaires et à la fine pointe en place. En même temps, nous reconnaissons qu'il y a des éléments que nous pouvons travailler à simplifier.»

    Au terme de la Semaine nationale du don de sang, la semaine dernière, M. Donnison a souligné le besoin de recruter de nouveaux donneurs, alors que l'été fait chuter la fréquentation des cliniques.

    La Société canadienne du sang a mis en place des outils numériques pour faciliter le processus pour les donneurs, qui peuvent maintenant chercher des cliniques de sang, prendre rendez-vous ou obtenir des rappels par le site Web de la SCS, par message texte et par l'application GiveBlood pour téléphones intelligents.

    «Au moins 15 000 rendez-vous se prennent chaque mois par les outils numériques et ce nombre continue d'augmenter», a précisé M. Donnison.

  • 10-06-2015 Premier gym destiné aux baby-boomers à L'Ile-des- Soeurs

    Audrey Clément- Robert, Magazine IDC

    Avec la population vieillissante, le marché du sport destiné aux boomers prend de l'ampleur. Un entrepreneur de L'Île-des-Soaurs a décidé d'embarquer dans le mouvement en lançant un centre d'entraînement dédié uniquement aux personnes de plus de 50 ans.

    Le but à cet âge, n'est pas de devenir musclé, mais de faire assez d'exercice pour retrouver et maintenir cette force. Randall Lightbown, propriétaire de Simplement Plus Fort, raconte que bien souvent, ses clients lui disent « qu'ils ne peuvent plus pratiquer leurs activités comme avant. Un de mes clients a 83 ans, il a commencé à s'entraîner il y a deux ans et aujourd'hui il fait des push-up! »

    Pour contrer la perte d'autonomie chez les baby-boomers, M. Lightbown encourage un programme d'entraînement à haute intensité basé sur 30 ans d'études scientifiques.

    Il s'agit de faire une fois le maximum de répétition par exercice jusqu'à épuisement, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on ne soit plus confortable de faire le mouvement. «Ce n'est pas un épuisement total. Ils créent un stress positif sur leur corps.»

    Selon Geneviève Paquet, coordonnatrice des Jeux de la Fédération de l'Âge d'Or du Québec (FADOQ), plusieurs champs d'intérêt différents intéressent la clientèle des 50 ans+. «Certains croient que l'activité physique n'est pas pour eux, mais c'est pour tout le monde.»

    Cindy Lizotte, entraîneur chez Cardio Plein air pour la région du Sud-Ouest de Montréal, ajoute que les «gens qui sont déjà en forme veulent le rester en vieillissant».

    Population vieillissante

    Au dernier recensement de 2011, les hommes de 50 ans+ représentaient 33,3 % de la population de Verdun et les femmes 35,8 %. Les gens âgés de 65 à 79 ans englobent 11 % de la population et seulement 4 % ont plus de 80 ans.

    D'ailleurs, la population de Verdun est en moyenne plus âgée que celle de la ville de Montréal. L'âge médian des 66 000 habitants de Verdun est de 40 ans et celui de Montréal de 38,6 ans.

    Simplement Plus Fort est le premier centre d'entraînement axé sur la condition physique des baby-boomers à l'île. D'ailleurs, ce service offert à la résidence Symphonie peut être utilisé par les 300 unités de 50 ans+ et par les autres insulaires.

    «C'est une démographie qui a les moyens, le temps et l'intérêt. Il y a plein d'études qui démontrent que cette génération peut continuer à vivre à pleine capacité», ajoute M. Lighhbown.

    Cette année, 450 personnes ont participé aux Jeux FADOQ. Mme Paquet voit une augmentation du nombre d'inscriptions clans leurs activités. «C'est une grosse marge de la population. [...] Ils combinent activités physiques et rencontres sociales, ce qui brise l'isolement aussi.»

    Les bienfaits du sport

    Avec le vieillissement, vient souvent la perte des muscles et la diminution de la densité osseuse. Lorsqu'une personne vieillit et que sa masse musculaire diminue alors que sa masse adipeuse augmente, on appelle ça la sarcopénie (ou sarcoporose). Ce phénomène accroît le risque de maladie et accélère la dégénérescence et la perte d'autonomie.

    «À 30 ans quand tu commences à perdre de la masse musculaire, c'est facile à reprendre. Par contre, en vieillissant ça se perd plus facilement, mais ça ne se récupère pas aussi vite», explique M. Ligthbown.

    L'entraîneur Cindy Lizotte ajoute qu'il est important de faire de la musculation et de la flexibilité pour être autonome le plus longtemps possible.

  • 08-06-2015 S'inspirer de l'ailleurs

    Jacynthe Nadeau, La Tribune

    SHERBROOKE — Suzanne Garon a choisi le type d'habitation dans lequel elle souhaite vieillir. Ce serait une habitation de type familial, où vivraient une dizaine d'aînés, aidés d'un ou deux employés polyvalents par quart (le travail, aptes à oeuvrer autant en cuisine, en animation, qu'en soins à la personne.

    Ce « Green flouse» est un modè- le étatsunien qu'elle a étudié à titre de chercheuse principale de Villes amies des aînés, un programme implanté par l'Organisation mondiale de la santé en 2007, développé au Centre de recherche sur le vieillissement du Centre de santé et de services sociaux — Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et mis en place dans plus de 600 municipalités du Québec depuis.

    « C'est là que je veux vivre et c'est là que vous voudrez vieillir aussi! » lance-t-elle cl'un ton convaincu. Poussant la réflexion plus loin avec l'agente de recherche Christyne Lavoie, elles imaginent qu'une telle maison pourrait être aménagée dans chaque municipalité d'une MRC, par exemple, et qu'une organisation unique gérerait les équipements et le personnel dans le but de diminuer les coûts d'exploitation.

    Les résidents auraient ainsi leur mot à dire sur la gestion quotidienne de « leur » habitation et ils resteraient plus longtemps dans leur communauté plutôt que de devoir se déplacer vers les plus grands centres au moment de « casser » maison.

    Dans le cadre de VADA, Mmes Garon et Lavoie ont documenté plus d'un modèle novateur pour répondre aux besoins de logement d'une société vieillissante. Les pays scandinaves notamment sont une bonne source d'inspiration. Les modèles ont été présentés récemment devant des élus municipaux à la Conférence internationale des Villes amies du Québec, une communauté de pratiques qui a réuni des congressistes de plus de 50 pays.

    Parmi les modèles inspirants, elles parlent par exemple d'organisations qui coordonnent les soins et services aux aînés, du maintien à domicile jusqu'au logement pour clientèle fragile, ou encore d'habitations partagées par un aîné et un étudiant, avec un loyer modique au deuxième en échange de compagnie et services au premier.

    Au Québec, disent-elles, on commence à prendre conscience que l'offre est plutôt limitée entre le domicile individuel, la résidence privée pour personnes âgées et le CHSLD. D'autant qu'on ne verra pas les baby-boomers dans les résidences pour personnes âgées, prédisent-elles, « en tout cas pas comme on les connaît aujourd'hui ».

    Suzanne Garon a confiance de voir la province réussir le virage. Elle estime aussi que Sherbrooke va vivre ce virage de belle façon. Les coopératives pour aînés par exemple essaiment en Estrie et la Ville de Sherbrooke a adopté une politique de logement d'appoint particulièrement remarquée à la Conférence internationale.

    « Depuis quelques années, on planifie davantage, ajoute Christyne Lavoie. On voit de jeunes retraités qui vont vendre leur maison pour aller plutôt en condo ou qui vont entrer dans une résidence pour retraités autonomes, des appartements avec très peu de services, mais en prévision que si jamais il arrive quelque chose, il y a quelqu'un dans la bâtisse qui va pouvoir leur prêter assistance. Ça n'arrivait pas chez la génération d'avant. »

    « Ce qui est le plus préoccupant pour le vieillissement de la population, ce n'est pas nécessairement la tranche des 65, 75 et même 80 ans, parce qu'ils sont très autonomes, dit-elle. Ce qui est le plus préoccupant, c'est qu'on vieillit longtemps. Les centenaires, on peut les multiplier par 10 aujourd'hui! Les 80 ans et plus auront besoin de services pour se rendre jusque là. »

    Actuellement, on les déracine pour aller chercher les services plutôt que d'amener les services vers eux. D'où la recherche de nouveaux modèles « d'habitation » — et surtout pas « d'hébergement ».

    « II y a toute une vie après la retraite. Et l'habitation est tellement importante! On ne peut pas juste la laisser aller sans réfléchir et que ce soit seulement une source de profit, plaide Suzanne Garon. Il faut qu'on en fasse une discussion collective. Il faut que ce soit un projet collectif. On est au début de cette prise de conscience. »

  • 08-06-2015 Le dilemme du maintenir en vie «à tout prix»

    Jessica Nadeau, Le Devoir

    Combien coûtent les soins prodigués à une personne malade pour la maintenir en vie« à tout prix » ? L’ancien gestionnaire de la santé David Levine est conscient que la question est « délicate ». Mais il estime qu’il est de la responsabilité des Québécois de se poser la question pour préserver un système de santé viable sur le plan financier.

    « Une proportion non négligeable des coûts des soins de santé est engagée lors des derniers mois de la vie d’une personne. Ils incluent souvent des interventions destinées à maintenir les patients en vie à tout prix, par opposition à une approche palliative visant à les aider à faire face aux grandes questions de fin de vie. Nous devons lancer un débat public pour que la population soit au fait des coûts et des conséquences des soins de fin de vie disproportionnés. »

    C’est un tout petit paragraphe, dans un livre de plus de 300 pages, intitulé Santé et politique, que vient de publier chez Boréal celui qui a été l’un des dirigeants les plus médiatiques du système de santé québécois depuis 40 ans. Mais ces trois phrases déclenchent un certain nombre de questions sur le plan éthique et moral.

    Confortablement installé dans un grand fauteuil, dans son appartement d’Outremont, l’ancien directeur général de l’Hôpital Notre-Dame, qui a également été ministre délégué de la Santé pendant quelques mois sous Bernard Landry, répond sans ambages à la question sur les risques de dérives. « Éthiquement, c’est délicat comme discussion, je suis entièrement d’accord. Mais est-ce que c’est dangereux ? On n’est pas un peuple méchant, on n’est pas un peuple qui ne respecte pas ses aînés. »

    Faudrait-il, par exemple, arrêter la dialyse après un certain âge ? Ou refuser de la commencer ? David Levine se pose ces questions, sans toutefois avoir de réponses. « À 91 ans, on commence la dialyse et on décède en douze mois parce qu’on a toutes sortes d’autres problèmes. Ou bien, on ne fait pas la dialyse et on décède en six mois. Qu’est-ce qu’on fait ? La dialyse, pour un an, c’est un montant important… »

    Il parle du vieillissement de la population, de l’explosion prévue du nombre de cancers à venir et donne l’exemple d’une personne cancéreuse qui souhaiterait avoir recours à un nouveau médicament expérimental, au coût de 120 000 $. « Avec l’expérience et les connaissances que nous avons, nous savons que la personne, malheureusement, va mourir. On peut essayer le médicament pour voir ce que ça donne. Ça va peut-être réduire [la propagation des cellules cancéreuses] pendant un certain temps, mais elle va continuer. Tout le monde le sait. Est-ce qu’on investit des montants comme ça ? Et si on investit là, on n’aura pas d’argent pour autre chose. »

    Combien vaut la vie ?

    Le débat est émotif, il va sans dire. Il suffit de se rappeler les nombreuses craintes et l’opposition viscérale de certains groupes dans le débat sur le projet de loi Mourir dans la dignité, adopté l’an dernier à Québec. C’est donc sans surprise que « personne ne veut “dealer” avec ça », note David Levine. Selon lui, le gouvernement délègue le problème aux médecins qui, eux-mêmes, renvoient la balle à la famille, qui souhaite généralement maintenir en vie l’être aimé le plus longtemps possible. Il répète qu’il est difficile d’établir une règle stricte et que « chaque décision doit rester une décision médicale ».

    Il est bien conscient, également, de la difficulté de mettre dans la balance la vie d’une personne et une somme d’argent. Mais cela se fait déjà, plaide M. Levine. « Pour approuver les nouveaux médicaments, on a un outil qui calcule le coût que ça représente pour une année de qualité de vie de plus. Et lorsque ça donne un résultat sous un certain montant, celui-ci n’est tout simplement pas approuvé. On utilise déjà cet outil pour prendre ces décisions-là. Quand on parle des derniers mois de la vie, c’est la même logique, mais c’est plus délicat. »

    Il répète qu’il ne veut pas prendre position, raison pour laquelle il n’a fait qu’effleurer la question dans son livre. « Je ne fais pas le débat, je dis qu’il faut en parler parce qu’on a une responsabilité envers l’ensemble du système pour le financer. »

    Après 40 ans de vie active dans la gestion d’hôpitaux et une brève incursion dans la vie politique, David Levine partage désormais son temps entre l’enseignement, les conférences et la sculpture, restant très actif et intéressé par les questions de santé qu’il analyse et critique désormais sans gêne.

    Dans son livre, il dit que l’une des choses les plus difficiles pour un p.-d.g. est de« reconnaître que le moment est venu de partir ». Il a lui-même tiré sa révérence de l’Agence de la santé et des services sociaux en 2012, contrarié d’avoir perdu son autonomie sous la gouverne du ministre de la Santé de l’époque, Yves Bolduc, qui privilégiait un mode de microgestion néfaste pour le système de santé. Il sait de quoi il parle. Lorsqu’il était ministre délégué à la Santé, il s’est fait remettre à sa place par son sous-ministre pour cette raison. « Il m’a dit que je n’étais pas le directeur général du réseau […] Le rôle du ministre, c’est de développer des politiques, de développer une vision et de chercher des ressources du gouvernement. »

    Aujourd’hui, il se dit qu’il est effectivement parti à temps. Car la perte d’autonomie des gestionnaires du réseau a atteint un paroxysme depuis l’arrivée du ministre Gaétan Barrette. « On est dans un moment de l’histoire où le système de santé du Québec est le plus centralisé, le plus bureaucratique, où il y a le plus de contrôle. De toute ma carrière, je n’ai jamais vécu ça. »

  • 07-06-2015 APRÈS 55 ANS, FAUT-IL REPRENDRE DES COURS SUR LE CODE DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE ?

    Bertand Godin, Autonet

    Le Code de la sécurité routière évolue avec les années, si bien qu’il diffère de celui qu’on a appris il y a vingt-cinq ou trente ans. Faut-il repasser par des cours pour être à jour ?

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    En fait, non je n'ai pas quasiment 55 ans, même si l'inéluctable réalité me rattrapera bientôt et que je franchirai dans quelques années la barre du demi-siècle. Ceci étant dit, ça n'a aucune importance puisque comme tout le monde de mon âge, j'ai mon permis de conduire depuis plusieurs décennies, et je tiens pour acquis que je sais ce que je fais derrière un volant.

    Plusieurs associations, notamment en Mauricie, ont récemment lancé un programme de mise à jour pour les 55 ans et plus. On y révise les panneaux, les règles et la courtoisie au volant. Bien sûr, vous vous dites que vous n’en avez pas besoin, mais en êtes-vous si certains?

    Car en conduisant souvent, on en vient à prendre de mauvaises habitudes, et à interpréter, souvent à notre avantage, les règles de la route. Ainsi, mon propre père a été victime d'une collision alors qu'il franchissait une intersection sur un feu vert. La conductrice venant de droite l'a heurté de plein fouet, et l'a même vertement invectivé en sortant de sa voiture, même si elle avait brûlé le feu rouge. Sa défense: comme elle faisait partie d'un cortège funéraire, elle n'avait pas à se soucier de la signalisation. Elle avait tort, évidemment, mais était profondément convaincue de son bon droit.

    Des connaissances très diverses...

    J'ai moi-même de vives discussions avec mon propre beau-père qui a une interprétation fort libre du comportement à adopter lorsqu'on doit tourner à gauche sur un boulevard à multiples voies ! Sans compter le nombre de témoignages reçus pour de nombreux incidents sur les voies marquées (ou non) d'un cédez le passage.

    Bref, la réglementation change et évolue. Même si on sait comment maîtriser les réactions de son véhicule, l'expérience aidant, il importe de s'assurer d'être en plein contrôle de son environnement. Ce qui veut dire aussi connaître le Code de la sécurité routière.

    Vous êtes toujours convaincus de tout savoir. Répondez (sans tricher) aux deux questions suivantes:

    Toutes les zones scolaires ont une limite de vitesse de 40 km à l'heure. Vrai ou faux ?On ne peut jamais franchir une ligne double pour éviter un obstacle. Vrai ou faux ?

    Alors, vous avez les réponses ? Je vous donne un indice: les deux affirmations sont fausses. Mais si vous êtes incapables d'expliquer pourquoi, nous devrions sans doute nous inscrire à un cours de révision. Même si on n’a pas 55 ans. Avec au-delà de 750 règlements du Code de la sécurité routièreet d’autres règles qui s’ajoutent, je suis loin de tout savoir et demeure certain que nous en apprendrons chaque jour.

  • 02-06-2015 QUAND LA RETRAITE ARRIVE PLUS VITE QUE PRÉVU...

    La Presse

    VOUS ÊTES AU MILIEU DE LA CINQUANTAINE ET VOUS VENEZ DE RECEVOIR VOTRE AVIS DE CESSATION D'EMPLOI. VOUS N'ÊTES PAS SEUL : PRÈS DU TIERS DES CANADIENS ONT DÛ PRENDRE LEUR RETRAITE PLUS TÔT QUE PRÉVU, QUE CE SOIT POUR DES RAISONS DE SANTÉ, D'INVALIDITÉ, DE PERTE D'EMPLOI OU DE CHANGEMENTS AU TRAVAIL.

    Évaluer les options

    « La première chose à faire dans une telle circonstance, c'est de bien chiffrer ce qu'on a en main, explique Boyan Ivanov, planificateur financier chez BMO. Si j'ai déjà une bonne idée du profil de mon client et de ses besoins financiers, je peux déjà commencer à donner des réponses. »

    La retraite anticipée présente des défis financiers immédiats qui peuvent nécessiter, par exemple, le décaissement à un taux marginal plus bas de fonds investis dans des REER. Mais elle est aussi l'occasion d'évaluer quelques options autres que la retraite immédiate. Par exemple, en vertu du Régime d'encouragement à l'éducation permanente (RAEP), on peut retirer jusqu'à 20 000 $ d'un REER sans pénalité pour financer un retour aux études et ainsi améliorer son employabilité si on désire se trouver un autre emploi.

    Une autre option qui s'offre est celle de se lancer en affaires ou de devenir consultant, à une époque où le coût qui y est associé est beaucoup plus bas qu'il l'a déjà été. Si les circonstances financières le permettent, l'année sabbatique peut aussi être une avenue privilégiée de ressourcement.

    Savoir ce que l'on veut

    Cela donne toute la mesure de l'importance de bien planifier sa retraite, en particulier dans un contexte où le tiers des Québécois avouent ne pas avoir de plan financier pour le moment où ils cesseront de travailler.

    « Le facteur le plus important à considérer à l'égard de la retraite, c'est de savoir ce qu'on veut en faire, soutient Boyan Ivanov. Je ne parle pas seulement d'argent, mais surtout de projets, d'activités et du style de vie qu'on entend mener une fois à la retraite. »

    Car avant de déterminer les besoins financiers de la retraite et de préparer des scénarios pour y répondre, le planificateur doit savoir comment son client envisage l'avenir. « Une bonne partie des discussions avec nos clients repose sur d'autres aspects que les finances, note Boyan Ivanov. Chiffrer des idées, c'est relativement facile. Nous avons tous étudié là-dedans et il existe de très bons logiciels pour ce faire. Par contre, traduire nos connaissances dans des concepts réels en fonction de besoins précis et concrets, voilà qui fait toute la différence : la capacité de faire d'un changement un tournant. »

    PLANIFICATION DE LA RETRAITE*

    62 % DES CANADIENS N'ONT PAS DE PLAN FINANCIER;

    60 % NE CONNAISSENT PAS LE MONTANT D'ARGENT QU'ILS DOIVENT ÉPARGNER POUR MAINTENIR LE NIVEAU DE VIE SOUHAITÉ À LA RETRAITE;

    45 % NE CROIENT PAS QU'ILS VIVRAIENT CONFORTABLEMENT S'ILS ÉTAIENT DANS L'OBLIGATION DE PRENDRE LEUR RETRAITE DEMAIN;

    40 % DES RETRAITÉS À TEMPS PLEIN OU PARTIEL ONT DÛ PRENDRE LEUR RETRAITE À UN MOMENT IMPRÉVU ET 29 0/0 ONT DÛ ANTICIPER LEUR DÉPART À LA RETRAITE;

    40 % DES CANADIENS NE PROFITENT PAS D'UN RÉGIME DE RETRAITE D'EMPLOYEUR;

    34 % NE SONT PAS PRÊTS FINANCIÈREMENT POUR LA RETRAITE;

    25 % ESTIMENT QU'ILS NE SERAIENT PAS FINANCIÈREMENT PRÊTS EN CAS DE PROBLÈME DE SANTÉ IMPRÉVU;

    22 % DEVRONT ENCORE REMBOURSER, AU MOMENT DE LA RETRAITE, LE PRÊT HYPOTHÉCAIRE CONTRACTÉ POUR LEUR RÉSIDENCE PRINCIPALE.

    *Résultats d'un sondage mené en 2015 pour l'Institut Info-Patrimoine BMO auprès de Canadiens âgés de 50 ans ou plus

  • 01-06-2015 « Il faut se sentir à l'aise d'aller dans un CHSLD », affirme Marguerite Biais

    Marie-Michèle Sioui, La Presse

    La députée libérale Marguerite Biais, autrefois ministre responsable des aînés, a grincé des dents et hurlé quand elle a lu, hier, une chronique publiée dans La Presse qui rapportait la situation d'une femme hébergée dans un centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Mais ce qui l'a le plus fâchée n'est pas le fait que le texte fasse état de repas servis brûlants ou d'une résidante alitée pendant 14 heures.

    Ce qui l'a exaspérée, c'est la manière dont le service des communications du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille-Capitale a réagi à la visite d'une journaliste.

    « La réaction [du CSSS], je ne suis pas capable ! C'est comme si on avait quelque chose à cacher », a-telle déploré.

    Avant la parution de l'article, deux responsables des communications du CSSS de la Vieille-Capitale ont contacté la journaliste Mylène Moisan et le rédacteur en chef du Soleil. Ils les ont avertis : la journaliste aurait dû passer par le service des communications du CSSS avant de se rendre dans un CHSLD, selon l'article.

    « Qu'on soit mal qu'une journaliste visite un CHSLD, je m'excuse, mais c'est gros. Il faut se sentir à l'aise d'aller dans un CHSLD », a martelé Marguerite Biais. « Il faudrait qu'il y ait plus de personnel, peut-être », at-elle indiqué, avant d'ajouter qu'elle ne voulait pas « entrer dans les fins détails ».

    Pour le député Sylvain Rochon, porte-parole du Parti québécois sur les questions concernant les aînés, la solution passe par la reprise des consultations de la Commission de la santé et des services sociaux sur les conditions de vie des adultes vivant en CHSLD. Le député exigera jeudi que l'exercice, entamé au début de l'année 2014, reprenne au plus vite.

    « Les différents partis ont réussi à travailler ensemble pour que les Québécois puissent mourir dans la dignité. Nous pouvons le faire pour qu'ils vivent tous dans la dignité », at-il déclaré. «

    PAS ÉTONNÉE

    À propos des conditions de vie décrites dans l'article (perte d'objets personnels des résidants, suspicion devant la présence d'une journaliste dans l'établissement, repas servis à la hâte), Marguerite Biais s'est montrée moins indignée.

    La description du CHSLD visité par la journaliste ne l'a pas surprise. « Ça ne m'a pas étonnée, mais je trouve ça ennuyant. Il faut que le service tourne autour de la personne qui est hébergée, et pas le contraire », a-t-elle laissé tomber.

    « Il se fait des choses qui sont bien, mais toutes les fois qu'on en parle [des CHSLD] dans les médias, c'est par rapport à des histoires, des cas vécus où il se passe quelque chose de plus difficile », a-t-elle aussi dénoncé.

    Sylvain Rochon n'est pas d'accord. « Chaque fois qu'on évoque en Chambre une situation troublante, le ministre de la Santé [Gaétan Barrette] nous dit que c'est l'exception, qu'on monte des situations en épingle pour affoler la population, qu'on lit trop les journaux », a-t-il dénoncé.

    « Je pense qu'au contraire, il faut soulever les cas inquiétants, qui risquent de représenter la pointe de l'iceberg. »

    DES « AFFAIRES À FAIRE »

    Dans la liste des « affaires à faire », selon les mots de la députée Biais, il n'y a certainement pas une hausse des tarifs en CHSLD supérieure à l'inflation, comme l'avait annoncé le ministre Barrette au début du mois de mai. « Je n'étais pas d'accord », a-t-elle admis hier.

    Le ministre a fait volte-face sur cette question, en déclarant finalement que seuls les usagers « moyennement nantis » ou « mieux nantis » devront assumer l'indexation du tarif, à l'inflation cette fois.

    Or, selon Marguerite Biais, la solution n'est pas là. « C'est une question de culture organisationnelle », a-t-elle déclaré. Après l'annonce des orientations ministérielles sur la question des CHSLD, en 2003, des études ont révélé que l'application de la philosophie proposée par le gouvernement est inégale, a-t-elle souligné, en insistant sur l'importance d'offrir un milieu de vie centré sur les besoins des résidants.

    Le ministre Barrette n'était pas en mesure de commenter l'affaire, hier.

  • 26-05-2015 Quand retraite rime avec bougeotte et plaisir

    Journal de Montréal

    On associe trop souvent la retraite à une vie pépère et sédentaire, sur une chaise berçante. Et pourtant, ils sont très nombreux les aînés retraités qui tiennent la forme, et leur quotidien est bien rempli! Les membres de plusieurs groupes sociaux de quartier, de municipalité, de région ou de la province déboulonnent les idées reçues. Ils sont très actifs! Des gens curieux, créatifs, sportifs et enjoués.

    L'Institut de la statistique Québec indique qu'en 2014,17 % de la population se situait dans le groupe des 65 ans et plus. De ce nombre, on compte plusieurs retraités (ayant quitté leur emploi à partir de 50 ans ou plus) qui poursuivent une vie active, certains ayant même choisi de travailler à temps partiel.

    En gang, c'est bien meilleur

    Plusieurs associations et regroupements ont donc vu le jour pour permettre à ces groupes d'âge de fraterniser et de s'adonner à une foule d'activités, de loisirs, de sports et de sorties qui les concernent vraiment. Le Réseau FADOQ, par exemple, déploie une pléiade d'activités pour ses membres de plus de 50 ans. Remise en forme, randonnées à vélo, parties de golf, tennis de calibre provincial, pétanque de haut niveau, la liste est aussi longue que celle de bien des camps de jour!

    On y tient même les Jeux FADOQ auxquels participent chaque année près de 1200 compétiteurs de 50 ans issus des quatre coins de la province. Les plus aventureux, et ceux qui ont à coeur de donner de leur temps et de leur savoir-faire, peuvent aussi participer à un séjour de coopération internationale.

    Car c'est un fait, nombre de retraités aiment voyager. On ne sera pas étonné de constater que le tout premier onglet du site Web Les Retraités flyés soit consacré aux voyages. On y échange des trucs voyages utiles et pratiques, toujours en lien avec la moyenne d'âge du groupe.

  • 26-05-2015 Faut-il avoir peur… des régimes amaigrissants ?

    Valérie Borde - L’actualité

    Les scientifiques ont beau chercher depuis des décennies un régime qui permettrait de perdre durablement du poids, ils n’en ont pas trouvé.

    La perspective de porter bientôt maillot de bain, robe légère ou bermuda vous donne le goût de perdre quelques rondeurs ? Retenez-vous !

    Même les personnes qui souffrent d’embonpoint ou d’obésité ne devraient pas succomber aux sirènes d’un régime amaigrissant express, pour une raison fort simple : tous sont, par nature, voués à l’échec.

    Consommer moins de calories que ce dont le corps a besoin pour fonctionner ; bannir des groupes d’aliments ou des ingrédients spécifiques ; ingurgiter des produits dits «amaigrissants» ; faire une cure «détox» ou adopter le régime paléolithique (deux pratiques particulièrement à la mode, ces temps-ci)… Des centaines de formules ont vu le jour depuis 1864, l’année où William Banting, un notable anglais qui souffrait d’obésité, a mis au point le premier régime. Basé sur l’élimination des glucides, celui-ci a connu un énorme succès.

    Malheureusement, les scientifiques ont beau chercher depuis des décennies un régime qui permettrait de perdre durablement du poids, ils n’en ont pas trouvé.

    Traci Mann, professeure de psychologie à l’Université du Minnesota, étudie les régimes depuis plus de 20 ans. Dans son labo, elle a analysé les comportements alimentaires de milliers de candidats à la minceur ! DansSecrets from the Eating Lab, un livre qu’elle vient de publier, cette spécialiste reconnue explique pourquoi le principe même d’un régime amaigrissant va à l’encontre de la biologie humaine.

    Si, immanquablement, les gens finissent par abandonner leurs résolutions, ce n’est pas parce qu’ils manquent de volonté, explique la chercheure. C’est parce qu’un régime amène une foule de changements dans l’organisme, qui se défend avec l’énergie du désespoir, comme s’il était menacé de famine — et, ultimement, de mort.

    Quels sont ces changements ?

    Le premier changement est neurologique. Quand on se concentre sur le choix de ses aliments, le cerveau devient hyper-réactif. Ce à quoi on cherche à résister devient d’un coup beaucoup plus tentant ! Résultat : après avoir banni les croustilles durant un temps, on a toutes les chances de descendre le paquet au complet sans pouvoir se raisonner…

    Le second est hormonal : perdre du gras perturbe la sécrétion des hormones. Plus on maigrit vite, moins on ressent la satiété et plus on a faim facilement. Une torture !

    Le dernier changement est métabolique. Moins on consomme de calories, plus l’organisme est capable d’en tirer profit… et plus il va facilement stocker le moindre excédent.

    L’effet yoyo est très bien documenté : on sait aujourd’hui que multiplier les cures minceur ne fait que conduire à un gain de poids, à des troubles alimentaires graves (comme l’anorexie) ou à d’autres problèmes de santé.

    Un commerce florissant

    À grand renfort de marketing, l’industrie du régime a depuis longtemps réussi à faire croire à ses clients que leurs échecs résultent d’un manque de volonté, et que les miracles existent. Des milliards de régimes entrepris puis abandonnés au fil des ans l’ont rendue plus florissante que jamais.

    Aux États-Unis seulement, chaque année, 45 millions de personnes s’essayent à une cure amaigrissante, ce qui alimente une industrie de plus de 33 milliards de dollars de chiffre d’affaires !

    Plus la population grossit, plus elle devient obnubilée par son poids. Au Québec, selon un sondage du Conseil québécois sur le poids et la santé réalisé l’an dernier, 57 % des adultes espèrent maigrir dans les six prochains mois. Au Canada, parmi les personnes en surpoids, 6 sur 10 ont déjà essayé au moins six fois de faire un régime, sans pour autant se débarrasser de leur embonpoint ou de leur obésité!

    Si vous voulez perdre du poids, la première chose à faire est de vous demander si c’est vraiment nécessaire, estiment les chercheurs. Est-ce une question de santé ?

    Deux valeurs donnent une idée du risque de maladie associé au poids. Si votre indice de masse corporelle (poids [en kg] divisé par la taille [en m] au carré) est supérieur à 25 — et votre tour de taille supérieur à 80 cm pour une femme, ou 94 cm pour un homme —, vous devriez sans doute manger moins, même si un petit excès de poids n’est pas dangereux pour une personne en bonne condition physique.

    L’objectif devrait alors être de changer durablement vos mauvaises habitudes, en changeant lentement votre alimentation — à l’échelle des mois plutôt que des semaines (ou des jours !) que proposent les vendeurs de miracles. La deuxième étape est donc celle de l’observation : en notant tout ce que vous mangez et buvez dans une journée, vous risquez fort de découvrir vos points faibles. À ce stade-là, vous pourrez comparer vos habitudes et portions à celles préconisées dans les guides alimentaires ou par des nutritionnistes reconnus, comme ceux de l’équipe d’Extenso.

    Il ne vous restera plus qu’à faire progressivement les ajustements nécessaires, sachant qu’une saine alimentation n’interdit aucun aliment… mais compte notamment beaucoup moins de sucre que ce que la plupart des gens consomment !

  • 25-05-2015 Les défenseurs des malades accusent Québec de discrimination envers les aînés

    La Presse canadienne

    Le Conseil pour la protection des malades (CPM) exige du gouvernement Couillard qu’il cesse la « discrimination » envers les gens de 70 ans et plus afin qu’ils aient accès, comme tout le monde, à des médicaments pour le traitement de maladies comme le cancer.

    Paul Brunet, le président-directeur général du CPM, s’en est pris aux critères de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), qui a le mandat d’évaluer les médicaments et de recommander ou non au ministre de la Santé leur inscription à la liste des médicaments couverts par l’État.

    « Selon certains rapports et études provenant de l’INESSS, on constate que des variables inquiétantes sont prises en compte », a dénoncé M. Brunet. « Ainsi, l’âge de la personne, le fait qu’elle soit sur le marché du travail ou non, le fait qu’elle soit productive économiquement ou non, le fait qu’elle nécessite ou non l’aide d’une autre personne pendant sa maladie pèsent lourd dans la balance et sont discriminatoires pour les Québécois de plus de 70 ans », a-t-il relevé.

    Lettre à Barrette

    Dans une lettre adressée au ministre Gaétan Barrette, pour laquelle le CPM dit n’avoir reçu aucune réponse ni aucun accusé de réception, M. Brunet avait exigé son intervention afin de mettre fin à cette « iniquité sociale ».

    Au point de presse de dimanche matin à Montréal, des gens âgés, de différentes conditions, sont intervenus. « Certains souffrent du fait qu’ils doivent faire des sacrifices financiers énormes, car des médicaments qui leur sont nécessaires ne sont pas couverts par le régime d’assurance médicaments » a indiqué M. Brunet, pour qui il s’agit d’une mesure irrespectueuse.

    « Pourtant, a-t-il rappelé, récemment encore, le ministre de la Santé avait dit à une radio que les médicaments sont payés quand [ils] apporte[nt] le moindre effet significatif à un patient. Mais ce ne serait pas le cas », a soutenu le président du CPM, estimant que le ministre est mal renseigné et qu’il devrait suivre l’exemple de l’Ontario et de la Suède.

    Un colloque

    Le Conseil pour la protection des malades compte d’ailleurs présenter ce dossier en détail au ministre Barrette qui a confirmé sa présence au 14e colloque annuel du Conseil pour la protection des malades la semaine prochaine à Laval sur le thème « Comment se retrouver dans un réseau en pleine mutation ? Les grands chantiers ».

  • 22-05-2015 Expulsion des aînés : Un premier gain pour Québec solidaire

    Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Le Devoir

    Plus de six ans après l’élection d’Amir Khadir, Québec solidaire a bon espoir de voir l’Assemblée nationale adopter un tout premier projet de loi solidaire.

    « On sortira le champagne l’automne prochain ! » a prédit la députée de Gouin, Françoise David, tout en brandissant le projet de loi 492. Celui-ci consiste à durcir les conditions d’éviction d’une personne âgée d’un logement. Il oblige le propriétaire cherchant à reprendre un appartement occupé par un aîné confronté à une « situation financière ou [un] état de santé précaire » à offrir à ce dernier « un logement équivalent qui correspond à ses besoins ».

    À Montréal, le propriétaire sera tenu de dénicher pour son locataire un logement à une distance maximale de cinq kilomètres de son appartement d’origine. « Soyons clairs, le problème que je soulève par le projet de loi existe très, très peu en région. C’est un problème de quartiers centraux des grandes villes, des quartiers qui prennent une grande valeur, où il y a beaucoup de spéculation immobilière et où des propriétaires trouvent plus intelligent d’évincer des aînés », a expliqué Mme David.

    Le projet de loi 492 constitue « une sorte de remake amélioré du projet de loi [190] que j’avais déposé, à peu près à la même période l’année dernière », a-t-elle spécifié. De concert avec l’entourage du ministre des Transports, Pierre Moreau, l’élue solidaire a « éliminé les irritants » de sa première mouture afin de compter sur l’« appui » du gouvernement libéral. C’est chose faite, selon elle. « Je peux espérer, je pense, vraiment, raisonnablement, une adoption du principe avant l’ajournement, suivie de consultations vers la fin de l’été et d’une adoption à l’automne. »