Région Rive-Sud-Suroît
Entête

Nouvelles

  • 10-07-2015 Résidences : trois cas mériteraient I'intervention du MAPAQ

    KATHRYNE LAMONTAGNE, Le Journal de Québec

    La FADOQ presse le gouvernement d'agir dans les dossiers des trois résidences pour personnes âgées largement sanctionnées par le MAPAQ au cours des dernières années afin de voir si elles répondent toujours aux critères de certification.

    Le Journal révélait hier matin que la Villa des nobles gens et la Maison Chambois, à Beauport, ainsi que le Jardin des nobles gens, à Montmagny, toutes propriétés de Claude Rousseau, avaient écopé d'amendes du MAPAQ totalisant 12 500 $ au cours des trois dernières années. Ces amendes surviennent à la suite d'infractions constatées en 2012 et 2013 par les inspecteurs. Le propriétaire affirme avoir corrigé le tir depuis.

    ENCORE CERTIFIÉS?

    «Quand on regarde ces trois cas-là, on se dit, mais comment ça se fait qu'ils sont encore certifiés, a questionné Lyne Rémillard, directrice adjointe pour la FADOQ. On a des certifications, il y a des règles à appliquer, mais il faut y aller à fond. Sinon, c'est bien beau, mais ça reste de la théorie et il n'y a jamais rien qui se passe.»

    La dame connaît bien d'ailleurs ces résidences, dont les sites web affichent, à tort, un «faux» logo laissant croire qu'elles sont «certifiées» par la FADOQ.

  • 09-07-2015 C’est la démographie, idiot!

    Jonathan Trudel, L’actualité

    Si la tendance se maintient, les aînés gagneront de plus en plus d’influence au Québec. Au détriment des jeunes ?

    Aux dernières élections, l’an dernier, l’âge moyen atteignait 52 ans. Ce vieillissement des députés reflète, bien sûr, celui de la population dans son ensemble. Mais est-ce à dire que les jeunes seront, dans l’avenir, de plus en plus sous-représentés à l’Assemblée nationale ? Sont-ils condamnés à voir leur poids politique — et le pouvoir de défendre leurs idéaux — s’effriter ?

    Selon l’Institut de la statistique du Québec, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus va presque doubler au Québec d’ici 2036. Sur la Côte-Nord et dans la grande région de Gatineau, la population des aînés augmentera de 157 % !

    D’ici 20 ans, le tiers des gens en âge de voter auront plus de 65 ans au Québec. Comme les aînés ont davantage tendance à aller voter que les jeunes, leur influence sera considérable.

    Dans plusieurs pays de la « vieille » Europe (qui n’a jamais si bien porté son nom), des groupes de jeunes se mobilisent déjà pour éviter que leurs voix ne soient noyées par le papy-boom. Liz Emerson, cofondatrice de l’Intergenerational Foundation, un organisme sans but lucratif qui publie annuellement, depuis quatre ans, un «indice d’équité entre les générations», me confiait récemment sa crainte de voir son pays glisser vers une gérontocratie — une société dominée par les vieux. Les jeunes Britanniques, dit-elle, sont la cible de compressions budgétaires, alors que personne, dans la classe politique, n’ose toucher aux privilèges accordés aux aînés. Les jeunes Québécois doivent-ils craindre de subir le même sort ?

    Selon bon nombre d’entre eux, les récentes hausses salées des tarifs des garderies décrétées par Québec sont un mauvais présage. « D’un point de vue d’équité intergénérationnelle, augmenter le fardeau fiscal des jeunes pour, en grande partie, financer les dépenses de santé n’est pas la meilleure façon d’atteindre l’équilibre budgétaire », écrit Alexis Gagné, cofondateur de l’Institut des générations. Qu’une majorité de la population appuie une telle hausse des frais de garde n’a rien d’étonnant, puisque les parents de jeunes enfants sont minoritaires. Et ils le seront encore davantage dans l’avenir !

    Lors des dernières grandes mesures d’austérité au Québec, dans les années 1990, de nombreuses municipalités avaient refilé aux jeunes les compressions imposées par le gouvernement de Lucien Bouchard. Leur truc ? Elles avaient inclus une clause de disparité dans leurs conventions collectives, créant du coup deux classes d’employés : les anciens et les nouveaux, dont les conditions de travail étaient revues à la baisse.

    Ce stratagème avait fait scandale. Le président de la Commission des droits de la personne avait alors comparé l’évolution de la société québécoise à une course de relais. « Ne pas légiférer pour interdire de telles clauses reviendrait à transmettre à la jeune génération, en guise de témoin, un héritage complètement délabré », avait-il lancé.

    Poussés par leurs ailes jeunesse, le PQ et le PLQ s’étaient dits préoccupés. Mais c’est Mario Dumont, alors jeune chef de l’Action démocratique du Québec, qui avait fait adopter un avant-projet de loi pour bannir les clauses de disparité de traitement.

    Dans les années suivantes, les partis ont multiplié les promesses à l’endroit des jeunes. La conciliation travail-famille était même l’un des thèmes phares de la campagne de 2003. Un an après son élection, Jean Charest a convoqué un grand « sommet des générations », d’où est né le Fonds des générations, destiné à réduire le fardeau de la dette que devront porter les jeunes.

    Mais les choses sont rapidement revenues « à la normale ». Ces dernières années, les efforts budgétaires, à Québec, ont surtout permis d’injecter des milliards de plus en santé, au risque de cannibaliser d’autres missions de l’État chères aux jeunes, comme l’éducation et l’environnement…

    Aux États-Unis, le président Bill Clinton avait résumé ainsi les préoccupations des électeurs : « It’s the economy, stupid » (c’est l’économie, idiot).

    Au Québec, on pourrait dire, dorénavant, que ce qui compte vraiment, « c’est la démographie, idiot ».

  • 06-07-2015 La moitié des travailleurs prennent leur retraite plus tôt que prévu

    Agence QMI, Journal de Montréal

    Prendre sa retraite au moment désiré est loin d’être le lot de la majorité des travailleurs canadiens.

    Tout près de la moitié des travailleurs (48%) affirment avoir pris leur retraite plus tôt que prévu en partie pour des circonstances hors de leur contrôle, selon un nouveau sondage réalisé par la firme Angus Reid.

    Moins de la moitié des gens à la retraite (46%) indiquent avoir pu quitter le marché du travail au moment souhaité. Les autres (6%) ont quitté plus le marché du travail plus tard que prévu.

    Parmi les retraités qui ont quitté plus tôt, 27% disent avoir de la difficulté à joindre les deux bouts, alors que 46% indiquent vivre à l’aise, sans avoir suffisamment d’argent pour se payer des petites gâteries.

    En comparaison, 49% des retraités qui ont cessé de travailler tel que planifié affirment posséder assez d’argent pour faire ce qu’ils désirent et 43% disent être à l’aise. Seulement 8% disent en arracher financièrement.

    L’étude révèle aussi quelles sont les sources de revenus des retraités.

    Pour 57% des retraités, les pensions gouvernementales constituent l’une de leurs principales sources de revenus. Cinquante-trois pour cent des retraités comptent notamment sur les prestations de retraite d’un régime privé et 30%, de l’épargne-retraite.

    L’âge de la retraite peut étonner, alors que près des deux-tiers des répondants (64%) ont indiqué avoir pris leur retraite en bas de 60 ans. Selon Statistique Canada, l’âge moyen de la retraite était de 62,1 ans, en 2010.

    Les attentes des personnes toujours sur le marché du travail sont bien différentes, puisque 72% d’entre elles s’attendent à prendre leur retraite dans la soixantaine. Toutefois, près de la moitié (45%) préféreraient se retirer à l’âge de 55 ans.

    Le sondage met en lumière la différence de perception des travailleurs et des retraités quant à la possibilité qu’ils manquent d’argent au cours de leur vie.

    Dix-neuf pour cent des retraités affirment être fortement inquiets quant à cette possibilité, soit deux fois moins (36%) que les travailleurs. À l’inverse, 23% des retraités sont fortement en désaccord à l’effet qu’ils pourraient manquer d’argent, contre seulement 8% des travailleurs.

    Selon l’Association canadienne des retraités, le Canada compte 6,4 millions de retraités ou de semi-retraités au pays. Ils représentent près d’un cinquième de la population.

    Le sondage a été mené auprès d’un peu moins de 2000 personnes, dont 40% de retraités.

  • 30-06-2015 L’ancien plafond du CELI ne nuisait qu’aux plus riches

    Éric Desrosiers, Le Devoir

    Le CELI bénéficiait déjà à une minorité de nantis avant que les gouvernements ne décident d’en doubler le plafond pour le plus grand avantage de ces mêmes privilégiés, conclut une étude.

    Les Canadiens à faibles et moyens revenus ont moins profité des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) qu’on ne le croyait jusqu’à présent, révèle une étude dévoilée lundi par l’Institut Broadbent et basée sur des statistiques inédites obtenues de l’Agence du revenu du Canada en vertu de la loi d’accès à l’information. On y apprend notamment que la proportion de contribuables qui ont les moyens de se prévaloir du maximum permis n’a jamais été tellement élevée et a brusquement chuté au fil des ans. Qui plus est, une bonne partie des individus à revenus modestes qu’on disait en avoir profité étaient, en fait, les conjoints et les proches parents de contribuables mieux nantis ayant atteint ce maximum.

    Réalisée par Jonathan Rhys Kesselman, spécialiste en finances publiques de l’Université Simon Fraser et l’un des experts à l’origine de l’idée du CELI, l’étude prend à contre-pied le bilan généralement positif qu’on dressait jusqu’à présent de la première phase du programme institué en 2009. La récente décision électorale du gouvernement Harper de porter la limite des cotisations permises de 5500 $ à 10 000 $ a été beaucoup plus fraîchement accueillie par de nombreuses voix, y compris celle du directeur parlementaire du budget (DPB), Jean-Denis Fréchette, qui a prévenu que le changement « profitera surtout aux 20 % des ménages les plus nantis » et privera à terme les gouvernements fédéral et provinciaux de milliards de revenus.

    « La nouvelle étude taille en pièces l’argumentaire du gouvernement et montre que peu de Canadiens à revenu faible ou moyen profiteront de façon importante de cette politique », a déclaré Jonathan Rhys Kesselman.

    Un plafond atteint par très peu

    La proportion de contribuables qui ont un CELI est passée de 18 % en 2009 à 38 % en 2013, dernière année pour laquelle des données sont disponibles. La première année, près des deux tiers (64 %) des détenteurs ont atteint la limite de cotisation permise, indiquant au gouvernement fédéral que ce plafond était trop contraignant. Mais la proportion de détenteurs de CELI ayant atteint le maximum a rapidement diminué par la suite à mesure que s’accumulaient au fil des ans les cotisations permises, pour ne plus être que de 18 % en 2013. Le nombre de contribuables ayant atteint le maximum permis est encore beaucoup plus modeste si on le compare à l’ensemble des contribuables admissibles, y compris ceux qui n’ont jamais cotisé à un CELI, cette proportion étant passée de seulement 12 % en 2009 à moins de 7 % en 2013.

    Disposant généralement de plus d’épargne, les personnes plus âgées sont un peu plus nombreuses à se heurter à la limite de cotisation permise, à raison de 16 % chez les contribuables admissibles de 65 ans et plus, contre 9 % chez les 50 à 64 ans et 3 % ou moins chez les 18 à 49 ans.

    Un plafond qui ne dérangeait que les plus riches

    Le fait d’avoir atteint sa limite de cotisation est toutefois moins une question d’âge qu’une question de niveau de richesse, constate l’étude d’une vingtaine de pages de l’Institut Broadbent. Intrigué de voir qu’on attribuait, par exemple, presque 20 % de la valeur de l’ensemble des CELI à des particuliers ayant un revenu inférieur à 20 000 $ par an et 26 % à des contribuables gagnant entre 20 000 $ et 40 000 $, contre seulement 47 % pour tous ceux qui gagnent 60 000 $ et plus, Jonathan Rhys Kesselman a refait les mêmes calculs en regardant cette fois les revenus de l’ensemble de la famille. Il a constaté un renversement complet des proportions, les familles gagnant 60 000 $ et plus détenant près de 70 % de l’ensemble des CELI.

    L’expert en déduit qu’une bonne proportion des détenteurs de CELI à revenu modeste sont, en fait, les conjoints, enfants de plus de 18 ans vivant encore à la maison et autres proches parents de riches contribuables ayant atteint leur limite de cotisation permise et qui profitent de la possibilité qui leur est offerte de transférer une partie de leurs avoirs à des membres de leur famille. « L’étude démontre que, de façon disproportionnée, ce sont les mieux nantis qui profiteront des avantages qu’offre [le nouveau plafond augmenté du CELI], ce qui encouragera le transfert d’avoirs et le fractionnement du revenu plutôt que la nouvelle épargne. »

    Facture salée

    Disant ne pas vouloir priver ses citoyens d’un avantage fiscal accordé aux autres Canadiens, le gouvernement du Québec a annoncé, il y a une dizaine de jours, qu’il allait suivre Ottawa dans sa décision d’augmenter le plafond du CELI. Outre le fait qu’elle ne profiterait surtout aux plus riches, la mesure s’est attiré de nombreuses critiques pour son impact sur les finances publiques.

    Contrairement au régime enregistré d’épargne-retraite (REER), les cotisations au CELI ne sont pas déductibles du revenu imposable, mais le revenu généré par cette épargne s’accumule à l’abri de l’impôt. Dans un rapport sur le sujet au mois de février, le DPB a estimé que le doublement du plafond du CELI entraînerait des pertes fiscales supplémentaires de 2 milliards par année au fédéral et de 1 milliard pour les provinces dès 2020, puis respectivement de 6 et 3 milliards en 2040, de 17 et 8 milliards en 2060 et de 26 et 13 milliards en 2080.

  • 30-06-2015 Compte conjoint: pratique, mais pas sans risque !

    Nathalie Côté, Protégez-vous

    L’été, c’est la période des déménagements. Vous emménagez avec votre douce moitié et envisagez d’ouvrir un compte conjoint? Avant de mettre tous vos sous dans le même panier, lisez nos réponses à six questions essentielles.

    1. Qu’est-ce qu’un compte conjoint?
    Un compte appartenant à parts égales à deux personnes ou plus. Habituellement, il est ouvert par des couples pour payer les dépenses communes liées à la maison.

    2. Est-ce nécessaire?
    Les institutions financières exigent généralement que le paiement de l’hypothèque se fasse à partir d’un seul compte bancaire, poussant plusieurs couples à adopter le compte conjoint. Les experts que nous avons consultés recommandent d’y contribuer proportionnellement à vos revenus pour limiter les différends. Le conjoint qui gagne 65 % du revenu familial pourrait payer 65 % des dépenses, par exemple. Cela permet aux deux personnes d’avoir un train de vie similaire. « La maison appartiendra néanmoins à parts égales à chaque copropriétaire », précise André Lacasse, planificateur financier aux Services financiers Lacasse­. À moins que le contrat d’achat prévoie d’autres dispositions, pour les conjoints de fait. Lorsqu’une maison est acquise par des personnes mariées, elle fait partie du patrimoine familial.

    Vous n’avez pas d’hypothèque, mais vous souhaitez tout de même simplifier la gestion de votre budget familial ? Ce type de compte pourrait vous y aider puisqu’il rassemblerait toutes les dépenses de la famille – électricité, épicerie, garderie, etc.

    3. Faut-il quand même conserver un compte personnel?
    Certains couples regroupent dans un compte conjoint tous leurs revenus et dépenses. Ils limitent ainsi les frais bancaires. Cela peut toutefois causer des conflits quand les priorités et les dépenses des conjoints diffèrent, remarque Sophie Sylvain, planificatrice financière chez Desjardins Gestion de patrimoine. Lorsque chacun règle ses factures personnelles à même son propre compte, comme celles liées à ses loisirs, les tensions pourraient être moins vives, ajoute-t-elle.

    De plus, en cas de décès, l’institution financière bloque le compte conjoint en entier jusqu’à ce que vous fournissiez les documents légaux nécessaires pour le faire débloquer, comme un certificat de recherche testamentaire. Si un testament n’est pas notarié, par exemple, les procédures peuvent durer plusieurs semaines.

    4. Faut-il deux signatures pour faire des opérations?
    Seulement si vous choisissez cette option lors de l’ouverture du compte. Vous n’aurez alors pas de carte de débit, précise Sophie Sylvain. Sachez cependant que si l’autorisation d’un seul des deux titulaires suffit, choix le plus pratique et le plus courant, l’autre personne pourra faire des transactions ou même fermer le compte sans votre autorisation.

    5. Qu’arrive-t-il en cas de séparation ?
    Dans le cas où une seule autorisation est nécessaire pour effectuer une transaction, un ex-conjoint malhonnête pourrait vider le compte et utiliser toute la marge de crédit qui y est liée. « Nous recommandons toujours de fermer le compte conjoint rapidement en cas de séparation », indique Mme Sylvain.

    6. Qu’arrive-t-il en cas de problèmes financiers ?
    Si votre conjoint fait faillite, le syndic dé­ter­mi­nera quelle portion de l’argent vous appartient. Il ne peut pas l’utiliser pour rembourser les dettes de l’autre titulaire. Par contre, si vous détenez une protection en cas de découvert (compte lié à une marge de crédit commune, par exemple), vous serez aussi responsable du remboursement de cette dette.

    Pas seulement pour les amoureux
    Des copropriétaires d’un immeuble à logements pourraient aussi ouvrir un compte conjoint. En vieillissant, certains parents le font également avec un enfant adulte, qui pourra ainsi les aider à gérer leurs finances. Attention cependant : l’enfant devient alors copropriétaire de l’argent, dit André Lacasse, planificateur financier aux Services financiers Lacasse­. Selon lui, il vaut mieux dans ce cas que le parent signe une procuration à son enfant afin qu’il puisse réaliser certaines transactions en son nom.

     

  • 29-06-2015 La vie, à quel prix?

    MYLÈNE MOISAN, Le Soleil

    (Québec) «Nos succès médicaux ont parfois un envers tragique : nous empêchons quelqu'un de mourir sans vraiment lui redonner la vie.»

    La citation est de Jean Desclos, je l'ai lue dans le livre que le psychiatre Jacques Potvin vient de publier à compte d'auteur,Démence en CHSLD : et si un jour, ça me concernait? Dans son ouvrage, l'homme pose une autre question, plus embêtante : faut-il soigner les gens qui sont dans l'antichambre de la mort?

    Le Dr Potvin estime qu'il faut tracer une ligne. À l'aube de ses 87 ans, il travaille encore à l'occasion dans un CHSLD. «L'autre jour, j'ai un patient qui a une pneumonie, 104 de fièvre, il a 86 ans, il est sur le point de mourir. J'explique à sa femme que le rétablissement sera peut-être difficile, souffrant... Elle a exigé qu'on le traite.»

    Le Dr Potvin sait qu'il s'agit d'un débat philosophique, mais que nous ne pouvons plus en faire l'économie. «À un moment donné, il va falloir se demander à partir de quand on laisse la nature suivre son cours. L'hypertension, on traite ou pas? En faisant ça, on oblige en quelque sorte la personne à vivre une vie qui n'est pas drôle...»

    Il y a la vie, et la qualité de vie. «Je suis prêt à allonger la vie, mais à quel prix? Quand [le patient] revient, il revient à quoi? À quelqu'un qui fouille dans sa couche, qui se fait parfois brusquer, qui n'a plus son petit chien...»

    Dans son livre, le Dr Potvin aborde la question de l'acharnement thérapeutique en fin de vie. L'homme plaide pour qu'on cesse de traiter la maladie d'Alzheimer en CHSLD. Il cite un collègue, le Dr Claude Leicher : «Tous les essais cliniques ont démontré que les médicaments anti-Alzheimer n'améliorent pas de façon significative l'état de santé des patients.»

    Aux États-Unis aussi, des voix s'élèvent pour qu'on mette la pédale douce sur ces médicaments, dont l'efficacité est remise en question.

    Mais il y a plus. «Il y a la pression de la société, des familles. Les gens ne sont pas prêts à laisser aller leur proche, ils veulent le garder le plus longtemps avec eux.» Même si, souvent, celui-ci ne les reconnaît plus.

    La durée moyenne d'un séjour en CHSLD est de 838 jours dans la province et d'au-dessus de 1000 jours à Québec.

    L'arrivée en CHSLD est un choc pour la personne, qui, en plus de perdre ses repères, ne reconnaît plus rien autour d'elle. D'où l'idée de faire des petits milieux à échelle humaine, à l'ambiance familiale.

    Il arrive que la personne ne s'adapte pas, qu'elle n'ait tout simplement plus envie de cette nouvelle vie qui n'en est pas une. On remarque parfois que des résidents arrêtent de manger, de participer aux activités, quand il y en a. On appelle ça le syndrome du glissement.

    Quand une personne s'engage sur cette pente descendante, le déclin peut être rapide. Elle perd du poids, ne parle presque plus, ne tient plus à quitter son lit. Elle perd, ni plus ni moins, le goût de vivre.

    Les équipes en place surveillent ces symptômes, comme l'explique Julie Gilbert, conseillère cadre à l'hébergement au CIUSSS de la Capitale-Nationale. «Il faut être vigilants quand il y a un refus de s'alimenter et de participer aux activités. Il faut voir si la personne a des tendances suicidaires. Pour y arriver, on a des moyens pour mesurer le niveau de dépression des personnes, même celles qui ne parlent pas.»

    Pour lui remonter le moral, on lui donne des antidépresseurs.

    Un peu plus de la moitié des résidents des CHSLD de la région de Québec consomment des antidépresseurs, ça en dit long sur l'ambiance qui règne et sur la capacité des gens à leur remonter le moral autrement.

    Dans sa pratique, le Dr Potvin a observé cette réalité. Un exemple parmi d'autres : «Il y a une patiente qui est décédée récemment, elle prenait trois antidépresseurs, sans trop savoir l'effet des trois, lequel fonctionnait, lequel ne fonctionnait pas.»

    Elle n'est pas morte heureuse pour autant.

  • 26-06-2015 Des CHSLD accros aux pilules

    MYLÈNE MOISAN, Le Soleil

    (Québec) Lorsque Philippe Voyer a envoyé à une revue scientifique son étude sur la consommation de médicaments chez les personnes âgées atteintes de démence au Québec, les vérificateurs l'ont appelé, sceptiques.

    - Vous êtes certain de vos chiffres?

    Il était certain, il avait vérifié et revérifié. «Aux États-Unis, entre 14 % et 22 % de ces personnes consomment des antipsychotiques. Au Québec, c'est entre 30 % et 50 %, et ça peut aller jusqu'à 56 % à 60 % dans certains groupes.»

    Philippe Voyer enseigne à l'Université Laval en soins infirmiers, il concentre ses recherches sur l'épineuse question de la médication chez les personnes âgées, entre autres celles hébergées en CHSLD. «Il semble que le Québec soit dû pour une psychanalyse», suggère le chercheur.

    Ou pour une cure de désintoxication.

    C'est aussi l'avis du psychiatre Jacques Potvin, spécialisé en gériatrie, qui soigne depuis plus de 30 ans la clientèle que l'on trouve dans les CHSLD, essentiellement des personnes atteintes de troubles cognitifs. M. Potvin vient de publier à son compte un livre inspiré de ses années de pratique, Démence en CHSLD : et si un jour, ça me concernait?

    M. Potvin se questionne ouvertement sur la pertinence des traitements prescrits en CHSLD. «Je ne dis pas qu'il ne faut pas en prescrire, ils sont parfois utiles, à petites doses, pour de courtes périodes, avec un suivi adéquat. Mais il est essentiel de se demander : est-ce que les antipsychotiques qui sont prescrits ont les effets recherchés?»

    Les effets recherchés, essentiellement, sont souvent de contrôler l'agitation des personnes âgées et des comportements dérangeants. Pour y arriver, les médecins disposent d'une impressionnante pharmacopée, incluant aussi des antidépresseurs, des anxiolytiques et des anticonvulsifs.

    En 2009, le Conseil du médicament du Québec estimait que jusqu'à 75 % des personnes âgées en résidences consommaient des benzodiazépines, une grande famille de médicaments comprenant, entre autres, le Xanax et le Valium. La plupart de ces molécules provoquent une grande dépendance.

    Et pas seulement aux patients.

    Le système est aussi accro à ces pilules qui sont bien commodes pour gérer les sautes d'humeur, l'agitation, l'errance nocturne et les comportements agressifs. M. Voyer le constate lorsqu'il se rend dans un CHSLD - il en visite beaucoup dans le cadre de son travail -, les médicaments pallient trop souvent l'organisation déficiente du travail et l'essoufflement du personnel.

    M. Voyer se rend à l'étranger pour voir ce qu'on y fait et invite aussi des gens d'ailleurs à venir observer notre système. «Récemment, des gens de la Suisse sont venus, ils étaient abasourdis par ce qu'ils ont vu, par le manque de personnel. Le ratio pour les préposés est deux fois plus élevé là-bas, et plus de trois fois pour les infirmières.»

    D'où une routine extrêmement rigide, qui laisse bien peu de place aux imprévus et aux besoins des gens.

    «Les conditions de pratique du personnel qui travaille sur le plancher sont assez intenses. Ce ne sont pas ces gens-là qu'il faut blâmer. Pour endurer ce qu'ils endurent, il faut des gens d'exception. Le problème en est un de financement et d'organisation. Et, pour corriger cette approche, on donne des médicaments.»

    On a remplacé la contention physique par la contention chimique.

    Il y a une solution pour diminuer le nombre de médicaments, elle est connue et simple : le contact humain. «Les médicaments ne sont pas si efficaces que ça, on calcule à environ 20 % le taux d'efficacité. Par contre, quand on coache le personnel infirmier, qu'on donne une formation adéquate pour les troubles cognitifs, on diminue de 57 % le taux d'agressivité.» Une formule gagnant-gagnant.

    En théorie, c'est l'approche qui est prônée par le gouvernement, comme en témoigne un guide pratique rédigé à l'attention des intervenants qui doivent composer avec l'agitation verbale et psychomotrice. On indique qu'il faut d'abord «décoder le message caché derrière le comportement manifesté.»

    On écrit aussi que «l'approche pharmacologique devrait être réservée aux situations où la détresse du patient et le risque pour le patient ou l'entourage sont élevés».

    On suggère des choses simples avant d'en arriver aux pilules. Se nommer, appeler la personne par son nom, distraire la personne, faire jouer de la musique que la personne aime, lui procurer un objet doux qu'elle peut serrer dans les bras ou, encore, c'est le gouvernement qui le dit, de l'aromathérapie avec huile de lavande ou de mélisse.

    Ce ne sont pas ces odeurs qui flottent le plus souvent dans l'air de certains CHSLD.

    Bien qu'il «achève bientôt sa 87e année» de vie, Jacques Potvin continue à travailler à temps partiel dans les CHSLD. Il applique la formule qu'il explique dans son bouquin, remplacer les pilules par l'empathie. «En CHSLD, il est important de savoir qui le patient était avant d'arriver là. Si cette une dame qui a toujours été très pudique, et qu'elle se retrouve flambant nue devant un homme qu'elle ne reconnaît pas, il se peut qu'elle ait le réflexe de le repousser...»

    Chaque fois qu'il voit un patient, M. Potvin s'attaque à sa liste de médicaments. «Pour chaque médicament, je me demande à quoi ça sert. Pour les malades grabataires, je diminue en moyenne de 44 %, pour ceux qui sont déments, 20 %, et, pour les autres, 22 %. Si vous saviez le nombre de fois que j'entends "ne touchez pas à ça"...»

    M. Potvin souhaite que les gestionnaires «soient prêts à envisager de trouver des solutions plutôt que de trouver un refuge dans les procédures. Mais ce n'est pas facile, ils ont un harnais, ils se font tirer dessus. Le système que l'on a, en théorie, est excellent. Mais, pour qu'il fonctionne, il faut plus de soins. Et moins de médicaments.»

    On peut faire d'une pierre deux coups. M. Potvin a identifié cinq médicaments qui sont prescrits dans les CHSLD à titre préventif, comme l'aspirine, les statines, la vitamine D et B12 et le pantoloc. À un coût unitaire moyen de 5 ¢ par pilule, en retirant un seul de ces médicaments par jour à chacune des 40 000 personnes vivant en CHSLD, cela permettrait une économie annuelle de 730 000 $.

    C'est juste une idée comme ça.

  • 22-06-2015 Hangar pour hommes esseulés

    MATHIEU PERREAULT, La Presse

    Un nouveau concept venu d'Australie fait son apparition au Canada: le « Men's Shed », le hangar pour hommes, un groupe de soutien communautaire visant les hommes, particulièrement les hommes âgés, qui ne sont pas à l'aise avec les discussions en rond dans les groupes de soutien communautaire habituels.

    «Les usagers peuvent vaquer à de petits travaux horticoles ou de menuiserie », explique John Oliffe, professeur de l'école de sciences infirmières de l'Université de Colombie-Britannique, qui a reçu du financement de la fondation Movember pour faciliter la création de hangars pour hommes au Canada. «L'objectif est de réduire l'isolement des hommes et de les mettre en contact avec des intervenants qui peuvent détecter des problèmes de santé ou psychologiques avant qu'ils ne dégénèrent. Les femmes sont généralement plus sensibles à la dépression que les hommes, mais les proportions s'inversent à la retraite, parce que les femmes trouvent plus facilement le moyen de garder des contacts sociaux. Il y a aussi un volet thérapeutique en soi: les hommes, particulièrement les retraités, aiment se sentir utiles en faisant des petits travaux, de la menuiserie. Compléter une tâche manuelle est une stratégie masculine pour réduire le stress. »

    Le mouvement Men's Shed est apparu dans des régions rurales du sud de l'Australie il y a 20 ans, à l'occasion d'une crise économique. Il y avait beaucoup de vétérans du Viêtnam dans la région », explique Barry Golding, de l'Université de la Fédération à Ballarat, à l'ouest de Melbourne, qui a été l'un des premiers chercheurs à s'intéresser au phénomène.

    «Ils avaient l'habitude de se rencontrer dans des hangars de jardin pour garder contact. Il faut dire que l'établi dans le hangar du jardin est une tradition en Australie. Un livre de photos sur le sujet a suscité beaucoup d'intérêt en 1995. Ça a attiré l'intérêt des médecins en gériatrie, qui se demandaient comment aider les hommes, qui traditionnellement n'aiment pas beaucoup les groupes de discussion. Le premier Men's Shed a ouvert ses portes à Tongala en 1998 et à partir de 2005, le concept a fait partie de l'approche officielle du ministère de la Santé. Il y a maintenant 1400 hangars pour hommes dans le monde, dont 30% ailleurs qu'en Australie.»

    Le concept a été particulièrement populaire en Irlande, à la faveur de la crise économique à partir de 2009, selon Corey Mackenzie, chercheur en gériatrie à l'Université du Manitoba. «En Australie, ce sont davantage des retraités et en Irlande, plus des chômeurs, dit M. Mackenzie. Mais une déclinaison du concept a aussi été proposée pour venir en aide aux jeunes décrocheurs, particulièrement ceux qui n'ont pas connu leur père. On les apparie avec des hommes plus âgés pour apprendre à faire des petits travaux.»

    L'un des freins au Canada est la question des assurances, selon M. Oliffe, de l'Université de Colombie-Britannique. « Ça peut paraître trivial, mais on parle d'outils avec lesquels on peut se blesser. En Australie, l'association nationale des Men's Sheds fournit des assurances automatiquement. Mais ici, les modalités des assurances sont différentes pour chaque province. Nous travaillons à régler le problème. »

    L'approche a connu des critiques. « Certains nous reprochent de perpétuer le stéréotype des hommes qui sont seulement manuels et n'ont pas d'habiletés sociales », explique Dominic Bizot, un professeur de travail social de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) qui travaille à un hangar pour hommes itinérant. « On peut en débattre. Mais il est certain qu'avec les hommes plus âgés, il est plus difficile de changer les habitudes sociales.»

    AU QUÉBEC AUSSI

    Au moins quatre projets basés sur le concept australien de «Men's Shed» ont vu le jour ces dernières années au Québec. A Montréal, le conjoint de la fondatrice de l'atelier d'artistes communautaire La Ruche, dans Saint-Henri, lance cet été un volet « masculin » qui visera à faire les travaux de menuiserie nécessaires au bon fonctionnement de La Ruche, par exemple la fabrication des cadres en bois ou de menus travaux, comme la construction d'une table à pique-nique. A Rivière-du-Loup, un projet a été annoncé l'an dernier, qui devrait ouvrir ses portes cet été dans une maison de jeunes, avec du financement du Programme Nouveaux horizons pour les aînés du gouvernement fédéral. L'automne prochain, à Saguenay, Dominic Bizot, de I'UQAC, lancera le projet itinérant «Homme Atout », qui consiste en deux conteneurs, dont l'un abrite un établi pouvant accueillir cinq hommes, qui seront installés deux semaines à la fois à divers endroits de la région. Le projet de I'UQAC est financé par la fondation Movember. Enfin, à Baie-Comeau, une maison d'hébergement père-fils a ouvert un établi pour ses pensionnaires inspiré de Men's Shed.

  • 22-06-2015 L'inventeur de la retraite était... fou

    Isabelle Maher, Journal de Montréal

    On appelait «Charles le fou» ce roi de France, parce qu'il était sujet à de nombreuses crises de folie. Peut-être «fou», mais pas bête. Le 7 janvier 1407, ce roi ordonna que l'on verse une pension à ceux qui l'avaient «bien et longuement servi». Charles VI venait d'inventer la retraite.

    Beaucoup plus tard, en 1883, c'est l'Allemagne d'Otto von Bismarck qui a créé le premier système obligatoire de retraite, financé par des cotisations ouvrières et patronales, pour que les travailleurs puissent quitter le marché du travail à l'âge de 70 ans.

    Chez nous, en 1850, un Québécois de 40 ans était en fin de vie. Il devait travailler jusqu'à la fin de ses jours et, si sa santé ne le lui permettait pas, c'était sa famille qui le prenait en charge.

    Les balbutiements de la retraite sont apparus au Canada en 1887 avec la Loi sur les sociétés de caisse de retraite.

    Au début des années 1900, les seuls à avoir accès à un régime de retraite de leur employeur étaient les employés des compagnies de chemin de fer, de certaines banques et du gouvernement fédéral.

    PLUSIEURS SONT EXCLUS

    Ce n'est qu'en 1927 que fut adoptée la première Loi des pensions de vieillesse. Seuls les sujets britanniques âgés de 70 ans et plus qui vivaient au Canada depuis 20 ans et dont le revenu annuel était inférieur à 365 $ avaient droit à 240$ par année. Les Indiens n'avaient pas accès à ces pensions.

    En 1948, l'âge normal de la retraite était de 70 ans et les employés de compagnie avaient droit à des régimes complémentaires de retraite.

    En 1952, la Loi sur la sécurité de la vieillesse remplace la loi de 1927 établissant une pension financée par le fédéral.

    Le Régime de pensions du Canada et son pendant québécois, le Régime de rentes du Québec, entrent en vigueur en 1966. On oblige alors tous les travailleurs et leurs employeurs à contribuer à un régime public de retraite.

    SOURCE: DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES CANADA

  • 17-06-2015 Départs à la retraite: un transfert d'expertise trop rare

    ANNE GAIGNAIRE, La Presse

    Malgré les prévisions de départs massifs à la retraite des travailleurs québécois dans les prochaines années, plusieurs entreprises sont peu soucieuses de préparer la transition et de sauvegarder leur expertise. Les meilleures pratiques le recommandent pourtant.

    Danielle*, 60 ans, qui a fait toute sa carrière dans une grande entreprise de Montréal, a accepté un départ à la retraite anticipée. Laurent*, la trentaine, venu d'un autre département pour la remplacer, n'a eu que quelques jours avec elle pour assimiler ses nouvelles tâches et absorber une quantité d'informations importante.

    Leur expérience ne semble pas être une exception. « Généralement, peu de transfert se fait entre le remplaçant et la personne qui part à la retraite », observe Maxime Chouinard, conseiller en développement organisationnel à HDO (Hainse développement organisationnel).

    La tendance est aux courtes périodes de transition, quand il y en a, et elle n'est pas prête de s'inverser. « Dans une étude mondiale effectuée par notre cabinet, indique Francine Tremblay, vice-présidente, rendement, rémunération et talent chez Aon Hewitt à Montréal, on s'aperçoit que les dirigeants sont tournés vers le futur et, parmi ce qui les préoccupe le moins, figurent : reporter la retraite des employés-clés (soit les inciter à rester plus longtemps en emploi), créer une organisation axée sur l'apprentissage, gérer le transfert de connaissance lors d'un départ à la retraite et retenir les talents-clés. »

    Fuite en avant

    Portés par le désir d'innovation, tournés vers l'avenir, les dirigeants sous-estiment le potentiel des aînés.

    « Le monde est aujourd'hui très compétitif. L'innovation et la créativité des entreprises font la différence sur les marchés. Si bien que les dirigeants veulent du sang neuf, des idées nouvelles ; ils ne veulent pas que le successeur reproduise tout ce que leur prédécesseur faisait », estime Francine Tremblay.

    Quant aux futurs retraités, les derniers mois avant leur départ, ils sont souvent pris dans la préparation de cette nouvelle étape très marquante de leur vie et peuvent donc être moins enclins à s'investir dans la transition.

    Ce serait pourtant souvent vécu comme une reconnaissance salutaire et cela leur permettrait de partir la tête haute, fiers du travail accompli.

    Il est tout de même difficile d'expliquer ce manque d'intérêt des dirigeants puisque la perte d'expertise peut nuire grandement à l'entreprise.

    « Le risque d'aliénation de l'organisation est réel : quand elle perd de l'expertise suite à des départs à la retraite, elle peut devenir moins efficace, moins compétitive. Le retraité peut partir avec ce qui faisait l'avantage concurrentiel de la société », prévient Maxime Chouinard, qui remarque d'ailleurs que parfois, les entreprises rappellent le retraité pour qu'il revienne à temps partiel quand l'équipe a du mal à prendre le relais.

    Car certains apprentissages ne peuvent pas se faire en formation ou à l'école, ils ne peuvent être que transmis, comme au temps du compagnonnage qui durait alors très longtemps avant que le jeune vole de ses propres ailes, rappelle Maxime Chouinard.

    Un meilleur partage de l'information

    Si les experts refusent d'avancer un délai de transition idéal tant les caractéristiques des postes et des personnes interfèrent, ils recommandent une organisation sans faille pour capter et sauvegarder l'expertise du futur retraité.

    « Il ne faut pas seulement élaborer des plans pour s'assurer qu'une relève sera là pour remplacer à temps le retraité, conseille Maxime Chouinard. Il faut aussi mettre en place un plan d'action pour anticiper l'impact du départ de cette personne, identifier ce qu'elle a de plus important à transférer, à qui il faudrait que cette expertise soit transmise, comment, etc. »

    Si cette exigence paraît peu comprise par les dirigeants, c'est qu'une partie de ce travail est faite de façon informelle et quasiment au quotidien puisque le partage des informations au sein de l'entreprise se fait plus qu'avant. La tendance est à la formation et à l'échange de connaissances entre pairs.

    Et puis, « un gestionnaire avisé devrait répartir les connaissances-clés dans toute l'équipe, affirme Francine Tremblay. Il devrait se demander quelles sont celles qui assurent la rentabilité et qui permettent à l'entreprise de se démarquer, qui les possèdent et que faire pour limiter le risque organisationnel de perte de ces informations ».

    Une perte qui peut arriver lors d'un départ à la retraite, mais aussi de façon plus brutale dans le cas d'un décès, d'une maladie, d'une démission ou de compressions.

    Il reste qu'un manque de transfert des connaissances ou une phase de transition trop courte fait prendre le risque à l'entreprise de laisser partir de l'expertise stratégique. De plus, cela exerce une pression et un stress sur le remplaçant du futur retraité et, par ricochet, sur l'équipe, ce qui n'est pas un bon départ et loin d'être une bonne pratique.

    « Avec l'accroissement prévu de la vague des départs à la retraite des baby-boomers, qui ont un peu retardé leur retraite suite à la crise de 2008, les entreprises se rendront peut-être compte de leurs lacunes dans le transfert d'expertise et rectifieront le tir », espère Maxime Chouinard.

  • 15-06-2015 La Société canadienne du sang veut faciliter les dons des personnes âgées

    La Presse Canadienne

    La Société canadienne du sang (SCS), qui organise les cliniques de dons de sang, prévoit faciliter les dons pour les donneurs plus âgés, en retirant quelques conditions d'admissibilité.

    L'organisation laissera notamment tomber une exigence voulant que tous les nouveaux donneurs âgés de 61 ans et plus remettent une lettre de leur médecin confirmant qu'ils sont assez en santé pour faire un don.

    Elle annulera aussi cette exigence pour les donneurs âgés de 67 à 71 ans qui ont fait un don dans les deux dernières années, et pour ceux de 71 ans et plus qui doivent présentement subir un examen médical à chaque année.

    Selon le vice-président des relations avec les donneurs, Mark Donnison, la société voulait prendre des mesures pour rendre le don de sang «plus pratique».

    Il y a environ 420 000 donneurs de sang au Canada. La SCS doit toutefois travailler sans relâche pour maintenir ce niveau, a affirmé M. Donnison. Environ 170 000 personnes par année cessent de participer aux collectes de sang, soit par obligation, soit par choix.

    Les donneurs plus âgés sont importants pour l'organisme car ils ont tendance à donner plus de sang. Le tiers des donneurs a plus de 50 ans, mais ce groupe produit 45 pour cent des dons, selon le docteur Mindy Goldman, directrice médicale des services aux donneurs et cliniques.

    «Nous avons maintenant pas mal d'expérience avec les donneurs plus âgés et nous voyons maintenant que nous n'avons pas besoin d'évaluation médicale supplémentaire pour ces donneurs», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

    Tous les donneurs potentiels se présentant en clinique répondent à des questions de routine sur leur état de santé, ce qui rend l'évaluation extérieure superflue.

    Les conditions d'admissibilité sont régulièrement revues, a indiqué Mark Donnison.

    «Nous avons des critères très sécuritaires et à la fine pointe en place. En même temps, nous reconnaissons qu'il y a des éléments que nous pouvons travailler à simplifier.»

    Au terme de la Semaine nationale du don de sang, la semaine dernière, M. Donnison a souligné le besoin de recruter de nouveaux donneurs, alors que l'été fait chuter la fréquentation des cliniques.

    La Société canadienne du sang a mis en place des outils numériques pour faciliter le processus pour les donneurs, qui peuvent maintenant chercher des cliniques de sang, prendre rendez-vous ou obtenir des rappels par le site Web de la SCS, par message texte et par l'application GiveBlood pour téléphones intelligents.

    «Au moins 15 000 rendez-vous se prennent chaque mois par les outils numériques et ce nombre continue d'augmenter», a précisé M. Donnison.

  • 10-06-2015 Premier gym destiné aux baby-boomers à L'Ile-des- Soeurs

    Audrey Clément- Robert, Magazine IDC

    Avec la population vieillissante, le marché du sport destiné aux boomers prend de l'ampleur. Un entrepreneur de L'Île-des-Soaurs a décidé d'embarquer dans le mouvement en lançant un centre d'entraînement dédié uniquement aux personnes de plus de 50 ans.

    Le but à cet âge, n'est pas de devenir musclé, mais de faire assez d'exercice pour retrouver et maintenir cette force. Randall Lightbown, propriétaire de Simplement Plus Fort, raconte que bien souvent, ses clients lui disent « qu'ils ne peuvent plus pratiquer leurs activités comme avant. Un de mes clients a 83 ans, il a commencé à s'entraîner il y a deux ans et aujourd'hui il fait des push-up! »

    Pour contrer la perte d'autonomie chez les baby-boomers, M. Lightbown encourage un programme d'entraînement à haute intensité basé sur 30 ans d'études scientifiques.

    Il s'agit de faire une fois le maximum de répétition par exercice jusqu'à épuisement, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on ne soit plus confortable de faire le mouvement. «Ce n'est pas un épuisement total. Ils créent un stress positif sur leur corps.»

    Selon Geneviève Paquet, coordonnatrice des Jeux de la Fédération de l'Âge d'Or du Québec (FADOQ), plusieurs champs d'intérêt différents intéressent la clientèle des 50 ans+. «Certains croient que l'activité physique n'est pas pour eux, mais c'est pour tout le monde.»

    Cindy Lizotte, entraîneur chez Cardio Plein air pour la région du Sud-Ouest de Montréal, ajoute que les «gens qui sont déjà en forme veulent le rester en vieillissant».

    Population vieillissante

    Au dernier recensement de 2011, les hommes de 50 ans+ représentaient 33,3 % de la population de Verdun et les femmes 35,8 %. Les gens âgés de 65 à 79 ans englobent 11 % de la population et seulement 4 % ont plus de 80 ans.

    D'ailleurs, la population de Verdun est en moyenne plus âgée que celle de la ville de Montréal. L'âge médian des 66 000 habitants de Verdun est de 40 ans et celui de Montréal de 38,6 ans.

    Simplement Plus Fort est le premier centre d'entraînement axé sur la condition physique des baby-boomers à l'île. D'ailleurs, ce service offert à la résidence Symphonie peut être utilisé par les 300 unités de 50 ans+ et par les autres insulaires.

    «C'est une démographie qui a les moyens, le temps et l'intérêt. Il y a plein d'études qui démontrent que cette génération peut continuer à vivre à pleine capacité», ajoute M. Lighhbown.

    Cette année, 450 personnes ont participé aux Jeux FADOQ. Mme Paquet voit une augmentation du nombre d'inscriptions clans leurs activités. «C'est une grosse marge de la population. [...] Ils combinent activités physiques et rencontres sociales, ce qui brise l'isolement aussi.»

    Les bienfaits du sport

    Avec le vieillissement, vient souvent la perte des muscles et la diminution de la densité osseuse. Lorsqu'une personne vieillit et que sa masse musculaire diminue alors que sa masse adipeuse augmente, on appelle ça la sarcopénie (ou sarcoporose). Ce phénomène accroît le risque de maladie et accélère la dégénérescence et la perte d'autonomie.

    «À 30 ans quand tu commences à perdre de la masse musculaire, c'est facile à reprendre. Par contre, en vieillissant ça se perd plus facilement, mais ça ne se récupère pas aussi vite», explique M. Ligthbown.

    L'entraîneur Cindy Lizotte ajoute qu'il est important de faire de la musculation et de la flexibilité pour être autonome le plus longtemps possible.

  • 08-06-2015 S'inspirer de l'ailleurs

    Jacynthe Nadeau, La Tribune

    SHERBROOKE — Suzanne Garon a choisi le type d'habitation dans lequel elle souhaite vieillir. Ce serait une habitation de type familial, où vivraient une dizaine d'aînés, aidés d'un ou deux employés polyvalents par quart (le travail, aptes à oeuvrer autant en cuisine, en animation, qu'en soins à la personne.

    Ce « Green flouse» est un modè- le étatsunien qu'elle a étudié à titre de chercheuse principale de Villes amies des aînés, un programme implanté par l'Organisation mondiale de la santé en 2007, développé au Centre de recherche sur le vieillissement du Centre de santé et de services sociaux — Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et mis en place dans plus de 600 municipalités du Québec depuis.

    « C'est là que je veux vivre et c'est là que vous voudrez vieillir aussi! » lance-t-elle cl'un ton convaincu. Poussant la réflexion plus loin avec l'agente de recherche Christyne Lavoie, elles imaginent qu'une telle maison pourrait être aménagée dans chaque municipalité d'une MRC, par exemple, et qu'une organisation unique gérerait les équipements et le personnel dans le but de diminuer les coûts d'exploitation.

    Les résidents auraient ainsi leur mot à dire sur la gestion quotidienne de « leur » habitation et ils resteraient plus longtemps dans leur communauté plutôt que de devoir se déplacer vers les plus grands centres au moment de « casser » maison.

    Dans le cadre de VADA, Mmes Garon et Lavoie ont documenté plus d'un modèle novateur pour répondre aux besoins de logement d'une société vieillissante. Les pays scandinaves notamment sont une bonne source d'inspiration. Les modèles ont été présentés récemment devant des élus municipaux à la Conférence internationale des Villes amies du Québec, une communauté de pratiques qui a réuni des congressistes de plus de 50 pays.

    Parmi les modèles inspirants, elles parlent par exemple d'organisations qui coordonnent les soins et services aux aînés, du maintien à domicile jusqu'au logement pour clientèle fragile, ou encore d'habitations partagées par un aîné et un étudiant, avec un loyer modique au deuxième en échange de compagnie et services au premier.

    Au Québec, disent-elles, on commence à prendre conscience que l'offre est plutôt limitée entre le domicile individuel, la résidence privée pour personnes âgées et le CHSLD. D'autant qu'on ne verra pas les baby-boomers dans les résidences pour personnes âgées, prédisent-elles, « en tout cas pas comme on les connaît aujourd'hui ».

    Suzanne Garon a confiance de voir la province réussir le virage. Elle estime aussi que Sherbrooke va vivre ce virage de belle façon. Les coopératives pour aînés par exemple essaiment en Estrie et la Ville de Sherbrooke a adopté une politique de logement d'appoint particulièrement remarquée à la Conférence internationale.

    « Depuis quelques années, on planifie davantage, ajoute Christyne Lavoie. On voit de jeunes retraités qui vont vendre leur maison pour aller plutôt en condo ou qui vont entrer dans une résidence pour retraités autonomes, des appartements avec très peu de services, mais en prévision que si jamais il arrive quelque chose, il y a quelqu'un dans la bâtisse qui va pouvoir leur prêter assistance. Ça n'arrivait pas chez la génération d'avant. »

    « Ce qui est le plus préoccupant pour le vieillissement de la population, ce n'est pas nécessairement la tranche des 65, 75 et même 80 ans, parce qu'ils sont très autonomes, dit-elle. Ce qui est le plus préoccupant, c'est qu'on vieillit longtemps. Les centenaires, on peut les multiplier par 10 aujourd'hui! Les 80 ans et plus auront besoin de services pour se rendre jusque là. »

    Actuellement, on les déracine pour aller chercher les services plutôt que d'amener les services vers eux. D'où la recherche de nouveaux modèles « d'habitation » — et surtout pas « d'hébergement ».

    « II y a toute une vie après la retraite. Et l'habitation est tellement importante! On ne peut pas juste la laisser aller sans réfléchir et que ce soit seulement une source de profit, plaide Suzanne Garon. Il faut qu'on en fasse une discussion collective. Il faut que ce soit un projet collectif. On est au début de cette prise de conscience. »

  • 08-06-2015 Le dilemme du maintenir en vie «à tout prix»

    Jessica Nadeau, Le Devoir

    Combien coûtent les soins prodigués à une personne malade pour la maintenir en vie« à tout prix » ? L’ancien gestionnaire de la santé David Levine est conscient que la question est « délicate ». Mais il estime qu’il est de la responsabilité des Québécois de se poser la question pour préserver un système de santé viable sur le plan financier.

    « Une proportion non négligeable des coûts des soins de santé est engagée lors des derniers mois de la vie d’une personne. Ils incluent souvent des interventions destinées à maintenir les patients en vie à tout prix, par opposition à une approche palliative visant à les aider à faire face aux grandes questions de fin de vie. Nous devons lancer un débat public pour que la population soit au fait des coûts et des conséquences des soins de fin de vie disproportionnés. »

    C’est un tout petit paragraphe, dans un livre de plus de 300 pages, intitulé Santé et politique, que vient de publier chez Boréal celui qui a été l’un des dirigeants les plus médiatiques du système de santé québécois depuis 40 ans. Mais ces trois phrases déclenchent un certain nombre de questions sur le plan éthique et moral.

    Confortablement installé dans un grand fauteuil, dans son appartement d’Outremont, l’ancien directeur général de l’Hôpital Notre-Dame, qui a également été ministre délégué de la Santé pendant quelques mois sous Bernard Landry, répond sans ambages à la question sur les risques de dérives. « Éthiquement, c’est délicat comme discussion, je suis entièrement d’accord. Mais est-ce que c’est dangereux ? On n’est pas un peuple méchant, on n’est pas un peuple qui ne respecte pas ses aînés. »

    Faudrait-il, par exemple, arrêter la dialyse après un certain âge ? Ou refuser de la commencer ? David Levine se pose ces questions, sans toutefois avoir de réponses. « À 91 ans, on commence la dialyse et on décède en douze mois parce qu’on a toutes sortes d’autres problèmes. Ou bien, on ne fait pas la dialyse et on décède en six mois. Qu’est-ce qu’on fait ? La dialyse, pour un an, c’est un montant important… »

    Il parle du vieillissement de la population, de l’explosion prévue du nombre de cancers à venir et donne l’exemple d’une personne cancéreuse qui souhaiterait avoir recours à un nouveau médicament expérimental, au coût de 120 000 $. « Avec l’expérience et les connaissances que nous avons, nous savons que la personne, malheureusement, va mourir. On peut essayer le médicament pour voir ce que ça donne. Ça va peut-être réduire [la propagation des cellules cancéreuses] pendant un certain temps, mais elle va continuer. Tout le monde le sait. Est-ce qu’on investit des montants comme ça ? Et si on investit là, on n’aura pas d’argent pour autre chose. »

    Combien vaut la vie ?

    Le débat est émotif, il va sans dire. Il suffit de se rappeler les nombreuses craintes et l’opposition viscérale de certains groupes dans le débat sur le projet de loi Mourir dans la dignité, adopté l’an dernier à Québec. C’est donc sans surprise que « personne ne veut “dealer” avec ça », note David Levine. Selon lui, le gouvernement délègue le problème aux médecins qui, eux-mêmes, renvoient la balle à la famille, qui souhaite généralement maintenir en vie l’être aimé le plus longtemps possible. Il répète qu’il est difficile d’établir une règle stricte et que « chaque décision doit rester une décision médicale ».

    Il est bien conscient, également, de la difficulté de mettre dans la balance la vie d’une personne et une somme d’argent. Mais cela se fait déjà, plaide M. Levine. « Pour approuver les nouveaux médicaments, on a un outil qui calcule le coût que ça représente pour une année de qualité de vie de plus. Et lorsque ça donne un résultat sous un certain montant, celui-ci n’est tout simplement pas approuvé. On utilise déjà cet outil pour prendre ces décisions-là. Quand on parle des derniers mois de la vie, c’est la même logique, mais c’est plus délicat. »

    Il répète qu’il ne veut pas prendre position, raison pour laquelle il n’a fait qu’effleurer la question dans son livre. « Je ne fais pas le débat, je dis qu’il faut en parler parce qu’on a une responsabilité envers l’ensemble du système pour le financer. »

    Après 40 ans de vie active dans la gestion d’hôpitaux et une brève incursion dans la vie politique, David Levine partage désormais son temps entre l’enseignement, les conférences et la sculpture, restant très actif et intéressé par les questions de santé qu’il analyse et critique désormais sans gêne.

    Dans son livre, il dit que l’une des choses les plus difficiles pour un p.-d.g. est de« reconnaître que le moment est venu de partir ». Il a lui-même tiré sa révérence de l’Agence de la santé et des services sociaux en 2012, contrarié d’avoir perdu son autonomie sous la gouverne du ministre de la Santé de l’époque, Yves Bolduc, qui privilégiait un mode de microgestion néfaste pour le système de santé. Il sait de quoi il parle. Lorsqu’il était ministre délégué à la Santé, il s’est fait remettre à sa place par son sous-ministre pour cette raison. « Il m’a dit que je n’étais pas le directeur général du réseau […] Le rôle du ministre, c’est de développer des politiques, de développer une vision et de chercher des ressources du gouvernement. »

    Aujourd’hui, il se dit qu’il est effectivement parti à temps. Car la perte d’autonomie des gestionnaires du réseau a atteint un paroxysme depuis l’arrivée du ministre Gaétan Barrette. « On est dans un moment de l’histoire où le système de santé du Québec est le plus centralisé, le plus bureaucratique, où il y a le plus de contrôle. De toute ma carrière, je n’ai jamais vécu ça. »

  • 07-06-2015 APRÈS 55 ANS, FAUT-IL REPRENDRE DES COURS SUR LE CODE DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE ?

    Bertand Godin, Autonet

    Le Code de la sécurité routière évolue avec les années, si bien qu’il diffère de celui qu’on a appris il y a vingt-cinq ou trente ans. Faut-il repasser par des cours pour être à jour ?

    Change text size for the storyImprimer

    En fait, non je n'ai pas quasiment 55 ans, même si l'inéluctable réalité me rattrapera bientôt et que je franchirai dans quelques années la barre du demi-siècle. Ceci étant dit, ça n'a aucune importance puisque comme tout le monde de mon âge, j'ai mon permis de conduire depuis plusieurs décennies, et je tiens pour acquis que je sais ce que je fais derrière un volant.

    Plusieurs associations, notamment en Mauricie, ont récemment lancé un programme de mise à jour pour les 55 ans et plus. On y révise les panneaux, les règles et la courtoisie au volant. Bien sûr, vous vous dites que vous n’en avez pas besoin, mais en êtes-vous si certains?

    Car en conduisant souvent, on en vient à prendre de mauvaises habitudes, et à interpréter, souvent à notre avantage, les règles de la route. Ainsi, mon propre père a été victime d'une collision alors qu'il franchissait une intersection sur un feu vert. La conductrice venant de droite l'a heurté de plein fouet, et l'a même vertement invectivé en sortant de sa voiture, même si elle avait brûlé le feu rouge. Sa défense: comme elle faisait partie d'un cortège funéraire, elle n'avait pas à se soucier de la signalisation. Elle avait tort, évidemment, mais était profondément convaincue de son bon droit.

    Des connaissances très diverses...

    J'ai moi-même de vives discussions avec mon propre beau-père qui a une interprétation fort libre du comportement à adopter lorsqu'on doit tourner à gauche sur un boulevard à multiples voies ! Sans compter le nombre de témoignages reçus pour de nombreux incidents sur les voies marquées (ou non) d'un cédez le passage.

    Bref, la réglementation change et évolue. Même si on sait comment maîtriser les réactions de son véhicule, l'expérience aidant, il importe de s'assurer d'être en plein contrôle de son environnement. Ce qui veut dire aussi connaître le Code de la sécurité routière.

    Vous êtes toujours convaincus de tout savoir. Répondez (sans tricher) aux deux questions suivantes:

    Toutes les zones scolaires ont une limite de vitesse de 40 km à l'heure. Vrai ou faux ?On ne peut jamais franchir une ligne double pour éviter un obstacle. Vrai ou faux ?

    Alors, vous avez les réponses ? Je vous donne un indice: les deux affirmations sont fausses. Mais si vous êtes incapables d'expliquer pourquoi, nous devrions sans doute nous inscrire à un cours de révision. Même si on n’a pas 55 ans. Avec au-delà de 750 règlements du Code de la sécurité routièreet d’autres règles qui s’ajoutent, je suis loin de tout savoir et demeure certain que nous en apprendrons chaque jour.